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L'étoffe fragile du monde [ft Luth ]

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 L'étoffe fragile du monde [ft Luth ]

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LONELY CAPTAIN ♦ HUMAIN
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— RACE DU PERSO : Destan est un Homme, un simple Gondorien sans particularité aucune si ce n'est la fierté qu'il conserve, indéfectible, pour sa patrie.
— ORIGINAIRE DE : Il est originaire de Dol Amroth, ancienne cité elfique et port fortifié sous la gouvernance de Princes Dunédains et l'Intendance du Gondor.
— ÂGE DU PERSO : Il y a quarante-trois années que Destan foule la Terre du Milieu et il les supporte plutôt bien.
— RANG SOCIAL : Assez pauvre comparé à ce qu'il aurait pu être au vue du grade qui était le sien auparavant.
— MÉTIER PRATIQUÉ : Il a été Capitaine des Garde de la Porte Noire avant que les orcs ne les mettent en déroute. Désormais, il offre ses services aux caravaniers qu'il escorte durant leur voyage.
— ARMES DU PERSO : Destan possède une épée dont il prend grand soin et qu'il chérit, Ascalon.
— ALLÉGEANCE〣GROUPE : L'allégeance de Destan va à Turgon ainsi qu' Angelimir, Prince de Dol Amroth.
— VOYAGE AVEC : Il voyage seul pour le moment, il a accompagné lors de son voyage de retour la dernière caravane qui était partie de la baie de Belfalas, désormais, avec la menace des Pirates, il est contraint à voyager en solitaire pour se trouver de nouvelles tâches.
— AMOUREUSEMENT : Il a cessé de croire que le Grand Amour était pour le commun des mortels mais réservé à certains privilégiés.

MessageSujet: L'étoffe fragile du monde [ft Luth ]   Ven 30 Déc 2016 - 12:42


L'étoffe fragile du monde.
L'Astre argenté et le vieillard.



La cité blanche de Minas Tirith brillait sous la lumière d’un soleil voilé, les nuages sombres ne parvenaient pas encore à faire disparaître la lueur qui berçait la Terre du Milieu. Les habitants de la cité arpentaient les rues et les allées pour venir marchander des produits et remplir leurs paniers afin de nourrir les membres de leur famille. Les affaires avaient doucement repris ais les pillages menés précédemment par les pirates et les ténèbres grandissant n’avaient permis à la confiance et la prospérité de revenir. Ce qui avait été ne serait plus, bien que le Gondor essayât de se remettre sur pied, les choses avaient changées. Tout comme lui. L’ancien capitaine de la porte noire n’était plus exactement celui qu’il avait pu être quelques mois auparavant, plus depuis sa blessure.
La douleur revenait encore bien trop souvent, le pliant en deux au beau milieu de ses occupations. Sa blessure l’avait affaiblis, plus qu’il n’aurait pu l’imaginer, pendant plus d’un mois il avait trainé son corps meurtris  sur les quelques mètres de balade que ceux qui l’avaient soignés lui autorisaient. Il était devenu l’ombre de lui-même. Chaque quinte de toux, chaque efforts trop grands et inattendus lui meurtrissaient les côtes et le transperçaient comme si la lame avait demeuré en son giron.
Celle qui l’avait blessé avait cherché cela, cette agonie douleurs et persistante dans laquelle elle l‘avait plongé, le laissant se vider de son sang au beau milieu d’une ruelle à Osgiliath, cité en ruines qu’il avait espéré protéger avec d’autres soldats du Gondor et du Seigneur de Dol Amroth de l’infamie des pirates.  Mais il avait échoué sa tâche, la douleur renforcée par la honte d’avoir manqué à son devoir et cet échec le hantait plus qu’aucun autre. Selen, cette pirate avait désiré ardemment qu’il souffre, elle avait fait en sorte que ce soit le cas et qu’il demeure diminué, après tout, s’il l’avait humilié une fois, sa vengeance avait été bien plus grande.
Dans chacun de ses songes la lame mordait sa chair. Il se souvenait de la façon dont le métal pénétra l’interstice entre les plates de son armure, il se souvenait de la disparition de l’air dans ses poumons, le hoquet qu’il l’avait saisis alors qu’il sentait le fer ripper contre ses os avant de s’enfoncer encore plus loin dans sa chaire. I se souvenait de tout et à chaque fois, i s’éveillait tremblant, meurtris d’être passé si près de la mort et d’en être revenu si diminué.
Mais Destan n’était pas homme à se laisser faire, il avait vu bien trop d’hiver pour passer les suivants alités comme un vieillard sur une couche à se morfondre de sa situation.
Dès que son corps lui avait permis de se lever et se tenir sans trop de souffrances il avait rejoint les casernes des gardes du Gondor pour que ses bras et ses mains se souvienne du poids de son épée, pour que son corps recouvre les muscles qu’il avait perdus, il s’astreignit à des exercices devant lui permettre de retrouver la résistance qu’il possédait auparavant. Cela n’était pas chose aisée et sa convalescence semblait plus ardue.
Chacun de ses mouvements le tiraillaient au plus profond de son être et le forçait se reposer plus qu’il ne l’aurait fait auparavant, mais il ne perdait pas espoir de retrouver l’agilité qu’il avait perdu et il y travaillait durement, prenant grand soin néanmoins de laisser son corps se reposer et se reconstruire.
Son repos forcé lui avait cependant permis de reprendre sa correspondance avec celle dont son cœur avait toujours été épris, avec une force puissante, comme un rêve dont ne s’éveille jamais ou avec difficultés.  Ces longs mois leur avait permis de s’échanger plusieurs missives et les mots qui lui étaient parvenus lui avaient permis de panser quelques peu ses plaies.
Il aspirait sans doute désormais à une vie plus douce, sans doute s’en irait-il garder des feux d’alarmes du Gondor, vivant sur ses pics en attendant doucement que quelque chose arrive sans pour autant l’espérer. Le Gondor avait encore eu bien trop d’ennemis pour qu’on puisse espérer que d’autres Ténèbres n’arrivent. Ses frontières étaient trop faibles mais Destan était sans doute trop vieux pour pouvoir encore apporter son aide dans une guerre, la preuve avait été faite lors de la bataille d’Osgiliath contre les pirates.
Une vie douce et paisible, il aurait souhaité que cela soit le cas, auprès d’un foyer aimant, mais ce destin n’avait pas été prévu pour lui, il le pressentait. Son devoir était de protéger, depuis toujours alors il continuerait ainsi sur la voie qui avait été forgée pour lui, un destin modeste qui lui suffisait à défaut de pouvoir rêver à mieux.
Ainsi c’est pourquoi il se trouvait à répéter au beau milieu de cette matinée des gestes que l’on aurait pu croire dansés si les soldats présents n’avaient pas effectué les mêmes. Une gestuelle guerrière, des assouplissements et équilibres censés améliorer l’agilité de ceux qui les pratiquaient. Si le visage de Destan se figeait parfois bien plus que ses camarades il y mettait pourtant autant d’ardeur. Cet entraînement dura plus d’une heure, de longues minutes pendant lesquels Destan laissa son corps recouvrer l’énergie qui lui manquait et la force dont il avait besoin, où il laissa chacun de ses sens en éveil pour communier avec les soldats qui prenaient part à cet exercice et la nature qui les entourait.
Lorsqu’enfin cela fût finis il se dirigea vers le tonneau qui servait aux ablutions, retirant sa tunique pour se nettoyer, découvrant ainsi la cicatrice qui désormais pulsait contre son flan , blanchâtre dans la lumière du matin, il ne tarda pas à la couvrir, trop honteux de porter ainsi les stigmates de son échec. Il s’apprêtait à disparaître à la suite des soldats du Gondor pour aller vaquer à diverses occupations lorsqu’un éclat argenté attira son attention. Une lueur étoilée qui ne pouvait être présente ici, à Minas Tirith, une lumière qui avait trouvé sa place parmi les astres éloignés et y demeurait depuis longtemps, une lumière qu’il ne pouvait atteindre sans briser l’étoffe fragile du monde qu'il était entrain de reconstruire.

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Ce sera l’heure des loups et des boucliers fracassés lorsque l’age des hommes s’effondrera. Mais ce jour n’est pas arrivé.


Dernière édition par Destan le Sam 24 Fév 2018 - 21:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: L'étoffe fragile du monde [ft Luth ]   Ven 15 Sep 2017 - 9:58






This stoneheart might be getting a little warmer for you.

— Toi & Moi
Des mots couchés sur du papier, une ancre bue, à peine séchée et déjà glissant de mains en mains, voyageant de contrés en contrés dans une attente interminable pour celui qui attendait si ardemment les nouvelles du concerné. Combien de danses avaient effectué le soleil puis la lune dans le ciel depuis leur dernière rencontre ? Luthien ne comptait même plus le nombre de prières qu’elle avait confié aux étoiles pour que leur lueur céleste apporte soutien et réconfort à son ami de longue date. Pour Luthien, le seul échange des missives ne suffisait plus, elle ne s’était que trop longtemps tenue éloignée de celui qui avait plus d’une fois bouleversé son âme. Etait-ce judicieux alors de le revoir maintenant ? Ces pensées ne l’effleurèrent même pas, seul l’inquiétude d’une guérison incomplète lui étreignait le cœur. Une crainte que jamais ne se referment les blessures de Destan, que de l’homme fier et robuste qu’il fut, il n’en reste plus qu’une ombre. Non, il avait donné et consacré ses éphémères années à l’armée et à la cité qu’il défendait, toujours il lui était apparu comme l’inébranlable et puissante montagne, parée de cristaux de neige luisant sous les caresses de l’astre diurne dès lors que l’aube s’annonce. Qu’on ne lui ait infligé ne serait-ce qu’une égratignure où qu’on lui ait fait courber l’échine ne lui était inconcevable, pas lui, pas à cet homme…pas à cet homme…cet homme. Tel raisonnait la vérité dans cette désignation que sa propre immortalité avait occultée. Sa mortalité demeurait encore et toujours le seul obstacle, la seule désillusion à cette idéale qu’elle se faisait de lui, éternel, figée dans sa mémoire que les cruelles années ternissaient comme les couleurs d’une aquarelle subissant les affres du temps. Joueur avide, qu’elle méprisait de le voir se nourrir de l’essence vitale du seul mortel qui ait assez d’importance à ses yeux pour lui avoir fait éprouver un jour le regret de l’éternité. Si seulement d’un simple geste elle pouvait distraire sa course et le suspendre à jamais pour garder à jamais et égoïstement son ami à ses côtés…

Alors qu’elle se perdait dans des espoirs vains et irréalisable, elle ne remarqua point l’éclatante citée s’étendre devant elle, bâti fièrement aux pieds d’une montagne. L’éclat du jour étincelait sur la pierre, aussi scintillante qu’une tunique de mithril. Une vaste et verdoyante plaine la séparait encore de la surprenante cité blanche qui n’eut point l’effet enchanteur dont elle s’attendait. Le désir de revoir Destan et de s’enquérir de son état n’aurait su être effacer si aisément, pas même par ce chef d’œuvre architecturale et royal. Luthien n’était pas venu en Gondor seul, elle était accompagnée d’une garde composée de 4 soldats et de deux médecins que le seigneur Thranduil avait confié à sa potégée. Sans doute ne l’avait-il jamais vu aussi éteinte que depuis son retour de cette quête inutile pour un palantir inexistant. Elle ne s’était que peu ouverte à son seigneur, chose qui est rare mais il avait pu ressentir sa détresse et le mal être qui la rongeait comme une gangrène virulente. Quand bien même cela l’alarmait de la laisser entreprendre ce long voyage, il ne lui avait pas refusé sa requête et c’est ainsi qu’elle s’était rendue, le cœur soulagé – bien que toujours inquiet – vers cet épi de blé qui, depuis le premier jour de leur rencontre, avait marqué à jamais son esprit. L’ombre imposante de la citée avala le petit groupe qui venait de gagner dès à présent les portes de la cités. Luthien salua tout d’abord les gardes dans sa langue maternelle puis s’adressa à eux dans la langue commune. Les hommes de la garde rendirent les salutations et leur souhaitèrent la bienvenue. Des écuyers les attendait dans la cour de la cité afin de prendre soin de leur monture le temps de leur séjour. On aida la jeune elfe à descendre, par courtoisie bien qu’elle se serait volontiers passer de ce service, mais elle tenait à respecter les coutumes des hommes. Après tout, on leur reprochait trop souvent d’être brute. Sa jument, nacré comme l’écume, racla un moment le sol, perturbée et inquiète. Elle n’était pas habituée à la compagnie des hommes. Luthien posa délicatement une main sur le chanfrein de l’animal tel un voile glissant dans le vent. Elle lui murmura quelque chose que les hommes ne comprirent pas mais qui, comme par magie, apaisa l’animal devenu tout à coup docile envers n’importe quelle main. Ses ongles parfaits gratifièrent l’animal d’une caresse tandis que ses lèvres aussi roses et fraîches qu’un bouton de fleur s’ouvrant à la beauté d’une matinée humide effleurèrent la peau tendre de son nez d’où se dégageait un souffle chaud mais serein. Elle confia l’origine de sa présence à un garde qui l’autorisa à entrer et parcourir la cité. Elle le remercia d’un profond signe de tête puis s’aventura alors dans les allées gonflées de citoyens. Comme il était bon d’entendre jaillir à plein poumons les rires et les cris d’enfants courant gaiement et innocemment alors que s’était tenue il y a peu une guerre sans merci contre les effroyables et sanguinaires pirates. Luthien ne manqua pas de remarquer le cruel manque d’homme dans le regard larmoyant de chaque femme que sa route rencontrait. Leur tristesse se traduisait et se reflétait sur eux et il aurait suffit de peu pour qui ne se brisent toutes ces pauvres femmes. Certaines d’entre elles pouvaient se raccrocher à leurs enfants mais la lourdeur de leurs larmes cristallisait leurs prunelles quand elles songeaient que dans un futur proche, on leur arracherait et que ce serait à leur tour d’aller mourir sur le champ de batail ou de se faire violer par la racaille des mers. Luthien éprouva une profonde tristesse qui la força à placer une main sur son propre cœur, à bout de souffle. Comme elle aurait aimé pouvoir les soulager de leur souffrance et de les libérer de leur tourment. Impuissante mais éternellement compatissante, elle ne détourna jamais le regard et adressa une attention vive à tous ces êtres qui jonchaient les ruelles, épuisés de pleurer, épuisés d’espérer. Dans la mesure de ses capacités, elle confia à un de ses médecins de s’entretenir avec les savants de la cité afin de distribuer des soins à toutes les personnes souffrantes et non pas qu’à quelques exceptions.

L’être éternel continua son ascension dans la cité, sur ce chemin en spirale et ô combien étroit. Il lui sembla percevoir le bruit distinctif du fer qui s’entrechoque. Les coups pleuvaient, conjugués à la ferveur du poing qui tenait l’arme. Elle pouvait presque entendre le vent se fendre sous la gestuelle souple et travaillée. Puis elle arriva enfin, passa la dernière alcôve en granit et vit apparaître sur une terrasse un homme, le corps ruisselant de sueur. Il brillait aux lueurs du jour comme si des centaines d’étoiles s’étaient tout à coup enfouis sous sa chaire pour y demeurer à jamais. Comme honteux de cette balafre disgracieuse, il n’autorisa que peu de temps l’exhibition de sa cicatrice, même Luthien ne put la remarquer. Elle demeura là, silencieuse et immobile comme un chêne enraciné dans un monde en constant mouvement. Elle le regardait comme si elle le redécouvrait. Il avait pris quelques années qui avaient creusé les sillons de son visage et inscrit une histoire sur son corps mais ce n’était pas ça qui la bouleversé, non, c’était le simple fait de le voir en chair et en os, apparaître à quelques pas d’elle, à portée de main…Elle n’osait le distraire, ni même l’interrompre, pourtant il y avait si longtemps qu’elle attendait de le revoir. Puis, comme brûlés par un éclat venu d’au-delà du firmament, ses yeux se figèrent sur elle, prisonniers, condamnés, aveuglés. Que s’était-il passé ? Venait-elle de briser ou de reconstituer quelque chose ? Elle n’aurait su le dire, puisque dans sa poitrine, elle crut entendre son cœur exploser lorsqu’il l’aperçu enfin, tranquillement adossée sous la voûte en pierre, sa chevelure dénudée et qui se prêtait à quelques mouvements de danse en compagnie du vent. Poussée par une soudaine force de volonté, elle se dégagea de sa léthargie et s’avança doucement vers lui, le tissu de sa robe bleue glissant sous les mouvements de ses jambes. Elle se plaça à moins d’un mètre de lui et le regarda longtemps dans les yeux, l’ombre d’un sourire nostalgique aux coins des lèvres.

- Eldarië Destan.

Salua t-elle d’une voix pleine de velours et d’émotivité. On pouvait voir que trop briller ses yeux. Elle était à court de mort, seul ses yeux étaient en mesure de s’exprimer pour elle tant l’émotion était présente.
MAY



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LONELY CAPTAIN ♦ HUMAIN
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— ORIGINAIRE DE : Il est originaire de Dol Amroth, ancienne cité elfique et port fortifié sous la gouvernance de Princes Dunédains et l'Intendance du Gondor.
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— MÉTIER PRATIQUÉ : Il a été Capitaine des Garde de la Porte Noire avant que les orcs ne les mettent en déroute. Désormais, il offre ses services aux caravaniers qu'il escorte durant leur voyage.
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MessageSujet: Re: L'étoffe fragile du monde [ft Luth ]   Sam 16 Sep 2017 - 23:46


L'étoffe fragile du monde.
L'Astre argenté et le vieillard.



Les jours passaient et un peu plus à chaque fois il réapprivoisait ce corps qui lui avait fait défaut et dans lequel son âme était accrochée comme un navire à une ancre. Aussi loin qu’il se souvienne il s’était épris des grands espaces et de la liberté des oiseaux, aussi loin qu’il se souvienne il aurait aimé pouvoir fouler la terre plus longtemps que ce qu’Ilùvatar lui offrait. Alors il chérissait chaque nouveau jour qui lui était offert afin que d’autres puisse venir paver sa route et s’entraînait durement pour pouvoir l’arpenter non sous les traits d’un vieil homme mais celui de l’homme qu’il était en ces jours, bien que diminué encore dans certains de ses faits et gestes. C’est pourquoi il chérissait ces instants partagés avec les soldats qui lui permettait de se sentir vivant et de recouvrer cette énergie qui le distinguait des siens auparavant.
Mais la blessure et l’échec étaient encore bien présents, pulsant sous sa peau, caché sous la balafre infligée par Selen. Il ignorait encore s’il désirait la vengeance, leurs routes s’étaient croisées maintes et maintes fois, cette fois-ci il avait perdu et laissé pour mort, sans doute leurs chemins ne convergeraient plus.  Et c’était en songeant à cela, dissimulant au plus vite la cicatrice cuisante de sa faiblesse à Osgiliath, qu’il fût distrait par un chatoiement qu’il ne pensait plus jamais revoir sur Arda.
Il demeura coi, alors qu’il s’était apprêté à disparaître en empruntant les baraquements des soldats, un éclat scintillant l’avait retenu. Il eut l’impression que le temps s’était arrêté, d’avoir droit à une réminiscence du passé à la saveur bien réelle. Elle se tenait là, comme un mirage, adossée à cette voûte de pierre qu’elle quittait déjà, laissant sa chevelure argentée se mêler au vent pour danser avec lui. Comme la toute première fois où il l’avait vu sur la jetée, bien loin d’ici, dans une cité plus blanche encore que Minas Thirit et lors de temps bien reculés. Comme si tout ceci n’avait appartenu qu’à un conte ancien au milieu d’un livre oublié.
Et le rêve s’avança vers lui. Le ciel ondulant autour de son corps et de ses jambes, glissant sur elle ainsi fixé sur le tissu, comme découpé directement sur l’étendue au-dessus de leur tête. Elle s’arrêta à quelques mètres de lui et le temps s’arrêta de nouveau alors que leurs regards s’étaient entremêlés, l’esquisse d’un sourire vint se loger à la commissure des lèvres de Luthien.  
Deux mots seulement passèrent cette barrière de chair. Deux mots seulement pour le saluer, pour l’accrocher et lui prouver qu’il ne rêvait pas, qu’elle était bien là devant lui, que ces temps lointains où ils s’étaient éloignés étaient révolus.
Elle le salua de sa voix douce, l’émotion de leur retrouvaille transparaissant dans ses accents et au fond de ses yeux brillants. Ils n’avaient en vérité nul besoin de se parler. Le silence était ici d’or tant les sentiments qui passaient entre eux étaient puissants. Une nostalgie omniprésente de ce qu’ils avaient été, une infinité des possibles de ce qu’ils pourraient être mêlées à ce présent dans lequel ils étaient réunis.
Alors il avala la distance encore trop grande qui les séparaient, fébrile de cette rencontre qu’il n’attendait plus. Chancelant presque sous les émotions qui pulsaient en lui, balayant les certitudes qu’il avait cru construire tel un maelström furieux. Il pensait l’avoir laissée s’envoler, rendue aux étoiles desquelles elle était descendue. Il pensait qu’il avait cessé de voler pour pouvoir toucher cet astre éternel, qu’il avait fini par arrêter de suivre ce rêve qui n’était pas pour lui mais alors qu’elle se tenait devant lui, tous ces sentiments qu’il avait cru disparu, enfouie, mis au placard ressurgir avec force. Sous le poids de cette secousse, il se laissa emporter et arrivé à la hauteur de l’Elfe, il ploya le genou devant elle. Emu de la savoir ici, il prit sa main pour y déposer ses lèvres dans un chaste baiser et sentir la douceur de sa peau laiteuse sur la sienne identique à la caresse d’une plume. Comment avait-il pu essayer de se défaire de cette sensation ?
Il se redressa sans lâcher la main qu’il tenait et laissa ses yeux aux reflets d’acier se lier de nouveau à ceux de l’Eternelle avant de lui retourner son salut, dans la langue des elfes et celle des Hommes.

« Eldarië ma Dame. »

Il ne savait quoi lui dire, jamais il ne s’était attendu à la trouver ici et encore moins à la recevoir ainsi débraillé, sale, comme finalement en écho à l’enfant qu’il avait été autrefois, le jour de leur rencontre en Dol Amroth. Jamais il n’aura pu imaginer la voir ici. Le seul lien qui les unissait encore ainsi éloignés avait été des lettres, transportées de mains à mains par des coursiers que leur relation ne concernait pas et qui ne comprendraient jamais ce qui les unissait. Mais combien de temps s’était-il écoulé entre ces lettres qui avait voyagé et ce jour ?
Il se souvenait de lui avoir écrit, pendant les quelques temps de conscience où il s’éveillait, de lui avoir écrit ce qui lui était advenu de lui, sa blessure ainsi que ce qu’il ressentait et les adieux qu’il lui avait fait. Lui avait-il envoyé cette dernière lettre ? il ne se souvenait plus, si tel avait été le cas, sans doute le regretterait-il.
Mais alors qu’elle se tenait devant lui, il espérait pouvoir devenir ce rêve qu’elle était pour lui. La naïveté de son enfance semblait reparaître. Son cœur s’emballant, il lâcha sa main, essayant de réajuster ses vêtements, passant la main dans ses cheveux pour les discipliner. La couleur du blé avait disparu sur les prémices de l’hiver, il avait vieilli, son corps, les rides au coin de ses yeux, tout le criait alors qu’elle était demeurée inchangée et aussi belle que la première fois où il l’avait vu.

«  Je ne m’attendais pas à ta venue… »

Et cela était la stricte vérité. Comment aurait-il pu songer qu’elle se tiendrait de nouveau devant lui ? Quelle était la raison de sa venue ici ? Quand repartirait-elle ? Etait-elle venue lui annoncer son départ pour les Terres immortelles ? Mille questions se bousculaient dans sa tête sans qu’il puisse y trouver des réponses mais en ces instants, il se contentait de contempler l’aurore qui se dressait devant lui, aussi belle et lumineuse qu’au premier jour.


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MessageSujet: Re: L'étoffe fragile du monde [ft Luth ]   Lun 18 Sep 2017 - 13:21


 

   

 

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— Toi & Moi
Bien des regards éblouis se sont plus à redessiner les contours de son visage de porcelaine au fil des âges et si depuis tout ce temps le bourgeonnement rougeoyant avait cessé de brûler sous ses joues devant l'insistance de cette contemplation, Destan comptait parmi les rares (sinon le seul) devant lequel se ployaient ses yeux troublés. La relation qui les unissait était unique, comme la saveur d'un nouveau jour qui éclot dans un horizon épuré. Sa mémoire ne saurait effacer le souvenir de cette petite comète doré qui, dans sa course folle, s'était heurté à une étoile étincelante à la dérive en plein coeur d'un univers dont ils venaient tout deux de s'approprier. De cette collision était né un amas de magnificence. Des nébuleuses sans âge colorées de leurs rires, peintes en toile de fond sur lesquelles venaient se greffer des sentiments en constant expansion. L'Eternel ne s'était jamais sentie plus vivante qu'à cette époque à Dol Amroth. A peine son regard sans teint s'était accroché, comme un espoir, au paysage infini des rivages argentés que ce petit épi de blé bousculait son existence, déclenchant un brasier qui ranimait alors sa vie. Un enfant du peuple, sorti de nul part, sans aucune particularité à première vue, mais qui, aux yeux de Luthien, brillait comme la lumière d'un phare dans l'obscurité de la nuit dans laquelle elle déambulait, sans but. Il lui avait permis de perdurer encore en Arda, elle qui ne lui trouvait pourtant plus aucun intérêt sinon des rêves hors de sa portée et destinés à la faire souffrir jusqu'à ce que le monde tombe de lui-même en poussière.  

Les années avaient glissé sur la ligne du temps, mornes et identiques pour Luthien mais précieuses et changeantes pour Destan. Le sablier lui avaient dévoré plusieurs années depuis leur dernière entrevue même si durant leurs échanges par correspondance elle avait suivi son apprentissage dans la vie et l'avait accompagné dans les grands bouleversements vers sa vie d'homme, aucune lettre ne pouvait être assez représentative de l'émotion intense qui s'emparait d'elle à cet instant, ses yeux dans les siens, scellés. Mais dans cette joie de l'instant, elle ne pouvait réprimer une note d'amertume envers un Tout qui les rendait si proche et si distant à la fois. Devait-elle regretter ou bénir cet attachement ? La dureté de la réalité de la condition mortelle lui rappelait une nouvelle fois que les sentiments, aussi forts soient-ils, demeuraient impuissant face à la rigidité du temps et qu'au bout du chemin, il ne restait que tristesse et un profond manque inconsolable de l'être disparu. Ainsi, c'est aux larmes que la condamnait Destan, dans un futur qu'elle aurait voulu tellement lointain si l'immortalité ne lui avait pas fait perdre toute notion du temps. Demain était si vite arrivé qu'à peine effleurait t-il notre esprit, qu'il brûlait déjà son existence. Peut-être devrait-elle regarder la situation autrement qu'avec un regard dramatique et considérer que ce qui est éphémère et passager se doit d'être davantage chérit. Que si le temps lui est compté, qu'elle consacre le sien à ses côtés. Ce n'était pas la perspective espérée mais la seule qui soit réalisable et elle comptait bien ne plus laisser le temps leur filer entre les doigts.

Les mots avaient asséché ses lèvres. Les yeux humides, le coeur tremblant, elle avait jeté l'ancre de ses yeux dans le grand bleu de son regard, figée tel une statue de sel. Il se brisa avant elle, comme une vague impétueuse que le rivage aurait attendrie et qui se serait laissée mourir en douceur, léchant le sable chaud dans un dernier rouleau. Le genoux ployé, vaincu, elle démêla sans mal la requête silencieuse qu'imploraient les lèvres de l'homme et le laissa donc s'emparer de sa main pour la baptiser d'un baiser digne de la douceur du miel. Par ce geste, il leur assurait que ces retrouvailles n'étaient en rien le fruit d'un quelconque mirage mais bien la réalité. Une réalité que la belle savourait dans ce frisson qui la parcoura. Sa main demeura dans les siennes, volontairement captive, lovait dans la chaleur qui en émanait. Ses doigts se refermèrent comme pour s'y accrocher, le priant de ne pas lui permettre de s'envoler. Elle pouvait voir ruisseler dans son regard une myriade de question qu'il exprima en une phrase juste après l'avoir salué à son tour, ce qui la ramena un petit peu à la réalité. Elle baissa le regard, pleine de culpabilité.

- J'aurais du venir bien avant. Tu étais gravement blessé et je t'ai laissé affronter ça seul...

Seulement elle avait eu beaucoup à faire au Gondor avec cette histoire de Palantir que Thranduil avait désiré récupérer jusqu'à ce que l'on découvre qu'il s'agisse en vérité d'une ignoble fourberie pour mieux détourner leur attention pendant que les pirates assiégaient les côtes. Que de temps et d'énergie perdu...

- Si j'en suis encore digne, je te demande pardon.

Elle le scruta un moment, soucieuse.

Comment te sens-tu ? Au travers de tes lettres, j'ai bien remarqué que tu essayais de minimiser tes blessures, mais je ne suis pas dupe. lui avoua t-elle dans un tendre sourire qui lui laissait entendre qu'il était inutile de lui mentir.

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— RACE DU PERSO : Destan est un Homme, un simple Gondorien sans particularité aucune si ce n'est la fierté qu'il conserve, indéfectible, pour sa patrie.
— ORIGINAIRE DE : Il est originaire de Dol Amroth, ancienne cité elfique et port fortifié sous la gouvernance de Princes Dunédains et l'Intendance du Gondor.
— ÂGE DU PERSO : Il y a quarante-trois années que Destan foule la Terre du Milieu et il les supporte plutôt bien.
— RANG SOCIAL : Assez pauvre comparé à ce qu'il aurait pu être au vue du grade qui était le sien auparavant.
— MÉTIER PRATIQUÉ : Il a été Capitaine des Garde de la Porte Noire avant que les orcs ne les mettent en déroute. Désormais, il offre ses services aux caravaniers qu'il escorte durant leur voyage.
— ARMES DU PERSO : Destan possède une épée dont il prend grand soin et qu'il chérit, Ascalon.
— ALLÉGEANCE〣GROUPE : L'allégeance de Destan va à Turgon ainsi qu' Angelimir, Prince de Dol Amroth.
— VOYAGE AVEC : Il voyage seul pour le moment, il a accompagné lors de son voyage de retour la dernière caravane qui était partie de la baie de Belfalas, désormais, avec la menace des Pirates, il est contraint à voyager en solitaire pour se trouver de nouvelles tâches.
— AMOUREUSEMENT : Il a cessé de croire que le Grand Amour était pour le commun des mortels mais réservé à certains privilégiés.

MessageSujet: Re: L'étoffe fragile du monde [ft Luth ]   Dim 5 Nov 2017 - 23:11


L'étoffe fragile du monde.
L'Astre argenté et le vieillard.



Elle n’avait pas changé, il en était certain. La couleur de ses cheveux semblait encore être une rivière d’étoile et de perles pailletée par la lumière du soleil. Comment avait-il pu se contenter de lettres qui ne permettaient a aucun des deux de pouvoir se parler de manière vive et réelle ?
Leurs existences ne pouvaient s’entremêler, il n’était qu’un être éphémère, humain et mortel, sa blessure le lui avait atrocement rappelé. Mais combien aurait-il donné pour voir sa vie s’agrandir un peu plus afin de fouler la terre du milieu quelques années encore avec celle qui lui avait pris son cœur il y a tant d’année ? Hier encore il se souvenait de l’avoir heurté sur sa course, aujourd’hui sans doute les ans qui l’avait rattrapé frapperait Luthien et elle souhaiterait s’éloigner de lui pour ne point le voir mourir le lendemain. Qu’il aurait aimé être un nouveau Béren cette Luthien-ci, comme dans les légendes sur les premiers hommes. Mais il savait impossible de se procurer le moindre Silmarils, eût-il traverser le Mordor pour cela, mais il sait que lorsqu’il fera face à Mandos, celui-là ne le renverra pas fouler Arda. Il savait qu’elle verrait cela du même œil, mais il aurait tout donné pour qu’il puisse partager un peu de bonheur ensemble, même éphémère. Si cela lui était possible, ils vivraient alors chaque jour de l’aube au coucher du soleil de manière pleine et entière afin de profiter de chaque seconde et essayer de faire se dilater le temps pour que ce bonheur partagé paraisse plus long. Mais si cela était ce que souhaitait l’ancien capitaine de la Porte Noire et ce qu’il s’efforcerait à faire, cela n’était pas forcément le souhait de l’Etoilée.
Elle aussi avait les yeux humides tandis qu’il ployait devant elle ainsi que l’avait fait toutes ses certitudes qu’il avait cru construire. Elles s’étaient envolées, fondues comme neige au soleil. Mais il était une chose qui demeurait, le contact de sa peau sur celle de son amie, la joie de pouvoir la tenir si proche de lui. Elle lui avait tant manqué. La belle laissa sa main dans la sienne avant que leurs doigts ne s’entremêlent quelques instants, un temps qui lui sembla bien doux et qu’il aurait aimé voir perdurer
Mais déjà il put lire dans le regard de l’Elfe de la culpabilité et déjà les premiers mots passèrent la barrière des lèvres de celle qui possédaient son cœur depuis longtemps déjà. Elle lui annonça qu’elle aurait dû venir le voir avant ce jour, qu’il avait été blessé et qu’elle n’aurait pas du le laisser seul dans ces tourments.
Seul. Il l’avait été, mais pouvait-il réellement lui en vouloir ? Après tout, les quelques mois de convalescence et de guérison dont il avait eu besoin n’avait dû paraître à l’Etoilée que quelques jours ou heures. Pouvait-il lui en vouloir ? Cela ne lui effleurait en aucun cas l’esprit. Elle avait été son amie, depuis aussi longtemps qu’il se souvienne, du moins s’il pouvait la considérer ainsi. Elle savait tout de lui, mais lui, avait-il en réalité connaissance que du dixième de cette longue vie qu’elle avait menée ? Alors comment pouvait-il lui en vouloir qu’elle ne soit pas venue ? Il s’adressa à elle, lui répondit

« Je n’ai absolument rien à te pardonner. Je suis mortel, c’est ainsi. »

Il la laissa le scruter quelques temps afin que le visage de l’étoilée ne devienne plus soucieux. Elle le questionna, lui demandant comment il allait, comment il se sentait. Ils s’étaient écrit, plus d’une fois cela leur était difficile de communiquer mais ces missives avaient servi de lien entre eux. Il s’était senti vieux, fatigué, las, bien loin de l’oiseau qu’il avait tant rêvé d’être. Le temps et l’âge l’avait rattrapé et si depuis ces derniers temps il essayait de recouvrer l’ensemble de ses facultés et compétences, cela était bien loin de ce qu’il avait pu être auparavant.

« Mieux. Puisque je suis toujours en vie, mais je suis bien loin de l’homme que j’ai pu être malheureusement. Le temps suit son cours, c’est ainsi. Je suis néanmoins moins abattu que j’ai pu l’être durant ma convalescence, je m’astreins tous les jours aux exercices de la garde et des soldats du Gondor en leur compagnie, sans doute revêtirais-je l’armure frappée de l’arbre argentée. »

Il laissa le temps à l’elfe de pouvoir entendre ce qu’il lui annonçait et ainsi qu’elle puise avoir les réponses aux questions qu’elle avait pu se poser et savoir que désormais il allait de l’avant. Il n’était pas certains que cela puisse rassurer son amie ni même ce qu’elle pensait de le voir ainsi sans doute mettre derrière lui sa vie d’escorte de caravanier mais il était des généraux au sein de l’armée du Gondor qui ne l’avaient pas oublié et seraient prêt à faire le nécessaire auprès de l’intendant pour que Destan, ancien Capitaine de la Porte Noire puisse prendre l’argent et se battre de nouveau pour la Cité Blanche et ses alentours. Au regard des récents évènement, cela était sans doute le mieux, mais avait-il encore la fougue, l’esprit et le corps pour une telle tâche ?
Il ficha de nouveau ses yeux dans ceux de l’Etoilée, sans avoir lâché sa main après s’être relevé il y avait déjà quelques temps et il s’adressa à elle, après tout, lui aussi s‘inquiétait pour elle et espérait que les rumeurs de choses étranges, d’arbres qui auraient pu semer la pagaille au Rohan ne la touchait pas et qu’elle était bien loin de tout tourments, car il savait que les elfes était tout autant affecté voire plus que les hommes par les maux qui pouvaient toucher la Terre du Milieu. Et sans doute vivait-elle ainsi une vie épanouie auprès de son roi, et cela encore pour des centaines d’année. Il la questionna ainsi.
« Et toi, comment vas-tu ? Comment te sens-tu ? »

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MessageSujet: Re: L'étoffe fragile du monde [ft Luth ]   Jeu 18 Jan 2018 - 23:59


 

   

 

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— Toi & Moi
Ses traits avaient changé. Sur son front plissé pesait le poids des années de bataille menée. De fins sillages avaient entreprit de creuser sa chair au coin de ses yeux sans pour autant en retirer la beauté de cet azur que la course intrépide du temps avait épargné. Il semblait s'éclairer, s'illuminer, ce regard, par sa simple apparition, comme s'il redécouvrait le soleil après une éternité d'existence dans l'ombre. L'adolescent qu'elle avait laissé la dernière fois, éprit de bravoure et de désir de faire ses preuves avait laissé place à un homme mûr, vigoureux mais fatigué par des maux, certes physiques, mais surtout par ceux qui vous rongent de l'intérieur. Tant d'années s'étaient écoulées et sous le joug de son immortalité insouciante, elle avait manqué les plus belles à ses côtés...C'est en le voyant ainsi, en constatant son état et en prenant conscience qu'elle aurait pu le perdre sans jamais l'avoir revu qu'elle se culpabilisa davantage. Les humains étaient semblables aux papillon ; éphémères. A peine virevoltaient-ils de vie, que dans un ultime battement d'ailes, ils s'effondraient. Cette prise de conscience la renvoya à la réalité qu'était celle de Destan et que si elle voulait encore le regarder voler et pourquoi pas, souffler sur ses ailes, c'est auprès de lui qu'elle se devait de demeurer. Plus régulièrement en tout cas.

« Je n’ai absolument rien à te pardonner. Je suis mortel, c’est ainsi. »

"C'est ainsi". Cette évidence sonnait comme une fatalité tragique qu'il ne pouvaient en aucun cas empêcher. C'est ainsi, il était humain, elle était éternelle et rien ne pourrait jamais changer cela. Mais est-ce que cela pouvait justifier de la négligence quand on sait que le temps pour l'un était compté ? Luthien ne côtoyait que peu les humains, elle en oubliait leur courte existence et leur vulnérabilité. Sans doute s'était-elle laissée éblouir par ses souvenirs qui pour elle ne lui paraissaient pas si lointain quand en réalité la moitié de la vie d'un homme s'était écoulée.

« Mieux. Puisque je suis toujours en vie, mais je suis bien loin de l’homme que j’ai pu être malheureusement. Le temps suit son cours, c’est ainsi. Je suis néanmoins moins abattu que j’ai pu l’être durant ma convalescence, je m’astreins tous les jours aux exercices de la garde et des soldats du Gondor en leur compagnie, sans doute revêtirais-je l’armure frappée de l’arbre argentée. »

L'elfe ne cessa de le regarder avec intensité tout le long de sa réponse qui venait confirmer ses soupçons. En effet, dans ses souvenirs il était un robuste jeune homme. Du reste, de son parcours, de ses exploits, de ses échecs, de son long apprentissage dans sa vie d'homme, c'est à leurs échanges croisés et imprimé sur du papier qu'elle le devait. Des missives irrégulières parce que l'expédition nécessitait beaucoup de temps avant d'atterrir entre les mains du destinataire ou que les obligations forçaient à repousser la réponse sans que la clepsydre ne cesse de s'égrainer...Par Iluvatar, comme sa négligence lui coûtait cher...Elle essaya de sourire bien que ses yeux semblaient que trop briller. Une émotion intense retenait de se précipiter de la prison charnelle de ses yeux, puis elle rompit momentanément le contact visuel avec Destan, le temps d'inspirer profondément et de glisser un bras autour du sien, le pressant contre elle, par crainte qu'il ne lui échappe, verrouillant ainsi sa volonté de demeurer près de lui par ce geste. Elle le regarda de nouveau, son émoi toujours vibrant, mais en mesure de le contrôler. Un sourire plus assuré se dessina alors, sincère, encourageant.

- Les évènements que nous vivons nous changent irrévocablement. Il nous faut vivre avec et s'adapter. Elle marqua un temps de pause. Elle ne désirait pas briser ses ambitions, simplement souligner ce qu'il avait lui-même constaté. Tu as déjà tant donner. Trop peut-être...Quoi qu'il en soit, donne toi le temps de te remettre et de songer à réaliser ce qui n'avait, autrefois, fait qu'effleurer ton esprit. La Cité Blanche sera encore debout demain.

Bien entendu, cela sous entendait de profiter de la présence de l'autre histoire de "rattraper le temps" perdu même si cette expression était ô combien irréaliste. Puis il en vain à lui renvoyer sa question avec cette même sincérité. Que pouvait-elle lui répondre, concrètement ? Se portait-elle bien ? Physiquement, oui, on ne peut mieux. Intérieurement, elle se sentait dépérir et la fièvre qui envahissait ses merveilleux bois n'arrangeait en rien son état. La situation devenait de plus en plus critique à Vertbois et malgré leurs efforts pour repousser l'invasion des arachnées, elles revenaient en surnombre et plus virulente à chaque nouvelle attaque. De plus, quelque chose d'ignoble, d'effroyable et d'ancien semblait étendre son ombre dans la forêt, comme si un mal antique resurgissait. Luthien en avait fait appel aux plus sages de ce monde, elle patientait désormais mais cette attente était insoutenable. Ainsi, elle ne pu feindre Destan par un sourire puisque celui-ci n'éprouva jamais le désir de s'y dessiner. Elle baissa le regard tant dis qu'elle les avait tout deux conduit vers un banc en pierre sur lequel ils s'étaient tout deux assis.

- Je serais une bien piètre menteuse si je te disais que je me porte à merveille. Ma forêt se meurt et...je me sens totalement impuissante. Je parais forte aux yeux des miens mais en vérité je suis hantée par la peur car ce que j'ai ressentie et que je continue de ressentir m'effraie. Je suis incapable de l'identifier, ni même de l'expliquer, je sais juste que cette crainte est réelle et justifiée.

Un instant, leurs yeux fusionnèrent pour élargir cette voûte cobalt, pure et étincelante. Sa vulnérabilité transpercée, elle chercha à se raccrocher à l'assurance et à la douceur de son regard. Elle aimait ce paysage, elle aimait s'observer au travers de ses yeux qui, non pas la regardait, mais la contemplait. Elle se sentait importante, elle se sentait exister, elle se sentait...aimer. Que n'aurait-elle pas sacrifier pour que son roi la regarde ainsi...lui qui brillait plus intensément que tous les astres, elle ne pouvait que l'admirer mais sans jamais pouvoir l'atteindre. Luthien garda sous silence ses maux de coeur, elle n'avait pas lieu d'en faire l'étalage ni maintenant, ni jamais. Sans s'en détourner, elle demeura connectée, enveloppée dans la couverture chaude et rassurante de son regard. En cet instant, elle ne voulait être ailleurs qu'ici, à ses côtés.

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— ORIGINAIRE DE : Il est originaire de Dol Amroth, ancienne cité elfique et port fortifié sous la gouvernance de Princes Dunédains et l'Intendance du Gondor.
— ÂGE DU PERSO : Il y a quarante-trois années que Destan foule la Terre du Milieu et il les supporte plutôt bien.
— RANG SOCIAL : Assez pauvre comparé à ce qu'il aurait pu être au vue du grade qui était le sien auparavant.
— MÉTIER PRATIQUÉ : Il a été Capitaine des Garde de la Porte Noire avant que les orcs ne les mettent en déroute. Désormais, il offre ses services aux caravaniers qu'il escorte durant leur voyage.
— ARMES DU PERSO : Destan possède une épée dont il prend grand soin et qu'il chérit, Ascalon.
— ALLÉGEANCE〣GROUPE : L'allégeance de Destan va à Turgon ainsi qu' Angelimir, Prince de Dol Amroth.
— VOYAGE AVEC : Il voyage seul pour le moment, il a accompagné lors de son voyage de retour la dernière caravane qui était partie de la baie de Belfalas, désormais, avec la menace des Pirates, il est contraint à voyager en solitaire pour se trouver de nouvelles tâches.
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MessageSujet: Re: L'étoffe fragile du monde [ft Luth ]   Sam 20 Jan 2018 - 17:43


L'étoffe fragile du monde.
L'Astre argenté et le vieillard.



Il était heureux de la voir, bien qu’il lui semble lui dresser un fade tableau, il avait vieilli, loin était le jeune homme qui s’était épris d’elle. Il se sentait honteux de ne pouvoir lui offrir une bien meilleure image de lui-même, plus jeune et robuste et non pas les prémices du vieillard qu’il deviendrait. Les vents avaient soufflé dans sa chevelure aux couleurs du blé, le sang qui coulait dans ses veines avait fait s’éroder sa musculature et fragilisé son ossature. Il n’avait rien à lui offrir hormis la mort et le désespoir, il le savait et inexorablement, cela ne faisait que devenir réel. Si seulement il avait pu avoir plus de temps, quelques centaines d’années, rien de plus, rien que pour pouvoir continuer à la contempler et voir son sourire renaître sur ses lèvres, l’entendre de nouveau jouer sous la voûte étoilée, la regarder alors qu’elle aurait été affairée à de nombreuses occupations. Il aurait tant donné pour cela.
Elle le regarda à nouveau, un sourire commençant à se dessiner sur ses lèvres, comme un encouragement qui fit chavirer son cœur une nouvelle fois, lui demandant de se laisser du temps pour songer à son souhait de reprendre les armes et que Minas Thirit demeurait.  Cela était vrai qu’il avant donné de longues années de sa vie à défendre la cité, peut-être trop comme elle lui faisait savoir. Mais qu’aurait-il pu faire d’autre ?  Il n’était qu’un homme, les choix étaient minces pour sa condition, défendre sa patrie ou la nourrir, il avait choisi de la défendre afin que tout ce qui était bon sur cette terre qu’il foulait jour après jour puisse être préservé. Craignait-elle qui disparaisse ou décède en faisant ce choix ? Espérait-elle qu’il demeure à ses côtés ? Telle était la seule et unique chose que souhaitait son cœur, mais à défaut de pouvoir partager les mêmes sentiments, il devait donner un sens à sa courte existence. Et à cet instant il était dévoué et imprégné d’elle et dans un souffle presque inaudible, s’envolant dans la brise qui soufflait de nouveau comme s’il n’avait parlé :

« Si tu me le demandais, je laisserais à jamais derrière moi cette vie… »

Pour elle il aurait rangé son épée, mais pour le moment, c’était la santé de son amie qui l’inquiétait.Elle lui annonça sans sourire qu’elle aurait fait une bien piètre menteuse si elle lui avait fait savoir qu’elle se portait bien alors que ce n’était le cas. Elle lui apprit que la forêt de Vertbois où elle résidait depuis bien plus de jours qu’il n’aurait pu en compter était entrain de mourir. Il avait entendu les rumeurs concernant des Ents et de choses étranges qui se passaient en Mirkwood mais il avait supposé que Luthien en était préservée, comme elle était préservée de tout maux et des affres du temps.  Elle lui apprit qu’elle essayait de paraître forte pour les siens et tandis qu’elle lui annonçait qu’il en était tout autre son cœur se serra dans sa poitrine
Elle avait peur, il savait qu’elle empathie la caractérisait et s’il ne pouvait l’imaginer réellement ou le comprendre totalement, il savait qu’elle ressentait tant de choses que cela pouvait devenir parfois insoutenable. Les elfes avaient cette sensibilité exacerbée avec le monde qui les entouraient qui les rendaient parfois vulnérables aux maux qui venaient assombrir la Terre du Milieu.  Elle lui expliqua qu’elle était incapable d’identifier ce qui l’effrayait, ni de l’expliquer, mais elle savait qu’il y avait quelque chose de réel et de malsain qui faisait mourir la forêt. C’est ce qu’il percevait tandis qu’elle lui répondait et il ne pouvait qu’être désemparé.

« Comment puis-je t’aider ? Je n’aurai peut-être pas la sagesse des tiens ni leurs habiletés pour combattre les maux qui font se mourir ta forêt, mais comment puis-je faire en sorte que ce qui te hante disparaisse ? »

Leurs yeux se lièrent, fusionnèrent pour ne former plus qu’une seule entité azurée, une voûte cobalt étincelante de pureté. Il voulait l’aider, lui apporter son soutien. Ils s’accrochèrent ainsi, liant leurs pupilles entre-elle. Il était prêt à se rendre avec elle en Vertbois, quand bien même il ait pu être considéré comme un enfant et bien présomptueux d’imaginer qu’il ait pu faire quoique ce soit pour aider.  Si elle avait pu deviner la profondeur des sentiments qui l’animaient, de leur existence même. Il aurait tant donné pour que la crainte qu’elle éprouvait et les maux qui pouvaient la toucher disparaissent à jamais. Sans doute ne lui révèlerait-elle pas tout ce qu’elle avait sur le cœur mais il aurait porté pour elle plus d’un millier de fardeaux. Il l’enveloppait de son regard comme il aurait pu l’envelopper de ses bras si la retenue n’avait pas été de mise, alors se contenta de saisir l’avant-bras de l’étoilée.

Doucement, comme une plume aurait effleurée la surface de l’eau, il laissa main exercée une pression si légère qu’on aurait pu la croire inexistante, pour lui assurer son soutien sans faille, sa volonté de l’aider et de faire des jours à venir de bien meilleures heures que celles qu’elles pourraient vivre. Car c’était à cet instant et pour toujours ce qui serait le plus cher à son cœur. Pour elle, il aurait été prêt à renoncer à son envie de revêtir l’armure frappée de l’arbre étincelant. Il aurait été prêt à renoncer à tellement de choses et en faire tellement d’autres pour elle. Elle ne pouvait l’imaginer. Il savait que le cœur de la belle ne lui était pas acquis et ne le serait jamais, dévoué au Roi des Elfes de Vertbois ? Il avait cru pouvoir faire le deuil des sentiments qu’il éprouvait mais cela lui était impossible. Alors il se contentait d’être là, près d’elle, priant pour que cet instant ne s’arrête pas.


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MessageSujet: Re: L'étoffe fragile du monde [ft Luth ]   Ven 9 Mar 2018 - 9:57


 

   

 

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— Toi & Moi
Luthien n'aurait su définir nettement ce qui motivait ses paroles. Etait-ce par pur décision égoïste ? Craignait-elle que si le temps ne lui enlevât point son ami, les armes s'en chargeraient ? Elle n'avait en aucun droit d'exiger quoi que ce soit de la part de Destan et encore moins d'influencer la direction de ses pas. Et pourtant, sa crainte avait franchi le seuil de ses lèvres soulignant avec justesse ses innombrables années de fidélité durant lesquelles il s'était entièrement donné. Le recueil douloureux de ses stigmates révélaient suffisamment ses nombreux sacrifices. Et si le récit de son corps nous confiait avec quelle ferveur il s'était défendu, c'était l'histoire de son regard qui était la plus bouleversante. Des épaules fortes et déterminées pour un regard noyé de regrets et de tristesse. Etait-ce le poids des années qui influait sur son éclat ou bien était-ce le fardeau du secret de cet amour pur et inconditionnel qu'il éprouvait pour celle dont l'accessibilité revenait à fixer le soleil jusqu'à l'aveuglement ? Ne connaissait-elle pas elle aussi ce sentiment ? Celui d'aimer désespérément, souffrir de l'éternité sans que celui-ci ne suffisse à détourner l'être aimé de son labyrinthe de désolation. Le contempler dans sa beauté glacée, dans sa grâce royale, dans son chagrin sans âge. Le contempler parce qu'il ne peut en être autrement. Parce qu'il est de ces oeuvres que le temps ne saurait altérer sinon les esprits de ceux qui se sont perdus à l'admirer sans jamais réussir à l'atteindre...Non, Thranduil n'était qu'un rêve et un tourment. L'inaccessible idéal. Il y avait bien trop d'année que le coeur de l'Etoilée s'écorchait sur les rebords tranchants de ce diamant brut, bien trop longtemps qu'il saignait pour n'émouvoir que sa seule détentrice sans que ce supplice ne fasse trembler les verrous qui cernaient le coeur du Monarque. Serait-elle capable néanmoins de ce détourner de lui ? Son coeur était incertain...surtout en cet instant, depuis qu'elle venait de mesurer la fragilité de la mortalité. De l'importance de la vie de Destan au moment où elle avait failli le perdre. Pour la première fois, une personne autre que Thranduil, dans son coeur, la mettait à l'agonie. Un autre individu occupait son esprit au point que toute son attention lui était intégralement consacrée. Elle songea à ce qu'elle éprouvait, à ce qu'elle aurait aimé lui dire si elle n'avait pas manqué de courage.

~ Ô Destan ne sauras-tu jamais quelle place tu as tenu dans ma vie ? Ton intrusion a bouleversé mon destin au point de me pousser à tout remettre en question. Tu as redonner de la valeurs à tant de détails, de couleurs à tant de gris...Tu es apparu comme une lumière dans les ténèbres de mon existence pour me ressourcer et redonner de la vigueur à cette lueur vacillante en moi. Quand tu pensais ressentir le besoin de me revoir, c'est en vérité à moi que tu sauvais la vie. L'épi fragile que tu as planté un jour dans mon coeur a germé et s'est étendu pour devenir champ. Il vit du soleil que tu lui apportes et de la mousson de ma mélancolie. Pardonne moi. Pardonne à mon insolente éternité l'insulte de sa jeunesse, sa négligence face à l'importance de ce qui est éphémère. Il me suffit de plonger dans le lagon de tes yeux pour y lire le prolongement de tes sentiments à mon égard. D'y contempler la place que j'y occupe sans la mériter. Je ne saurais te juger, toi qui, comme moi, poursuit sans relâche un rêve...Ô Destan et si je cessais de courir, me rattraperais-tu ? Comblerais-tu le vide qui nous sépare l'un de l'autre ? Saurais-tu m'ouvrir les yeux et me rappeler qu'entre mes doigts le vent ne peut que glisser...Que quelque soit la vitesse à laquelle je Le poursuivrais, Il restera pour toujours hors de ma portée...Saurais-tu me réorienter si jamais je devais Le quitter des yeux tel un navire à la dérive dans un bleu infernal, écumant une mer sans scrupule à la recherche d'une lueur salvatrice pour le guider. Et si finalement je ne voulais plus me tuer sur cette épine et choisissais le ciel ? Et si je voulais que mes demains aient toujours ton visage, me permettrais-tu de rester.... ~

Puis une brise complice entrelaça ses pensées. Un aveu confessé au vent qui trahie Destan. Le regard de la Dame de Mirkwood demeura suspendu aux lèvres déliées de l'homme qui s'était autorisé à ouvrir son coeur un court instant. Le pensait-il réellement ? Serait-il vraiment capable de renoncer à ce qu'il avait construit sur la simple demande de l'elfe ? Il n'y avait pas de perfidie chez Luthien et bien que consciente de l'influence qu'elle exerçait sur Destan, il lui était tout bonnement inconcevable et inimaginable d'abuser de sa confiance en décidant à sa place de son destin. Ce pouvoir l'effrayait. Elle se devait d'être vigilante et clair dans ses propos. Elle lui sourit du coin des lèvres, le menton légèrement incliné sur le côté.

- Jamais je ne te demanderai pareil sacrifice. Je ne mérite même pas un tel honneur. Je ne suis qu'une voix amicale qui te souffle un conseil, la décision finale te revient.

Elle se détourna un instant et baissa le menton.

- Je ne suis pas mortelle mais...Si je l'avais été, je n'aurais pas voulu vivre avec le remord de ne pas avoir réalisé mes rêves ou de ne m'être accordé du temps.

Mais le temps était une ressource dont elle disposait en abondance, aussi, elle ne fut jamais pressée de vivre ou de réaliser en toute hâte quelque chose. Pour preuve, dans ce rouage de torture infinie, elle patientait en silence, dans l'espoir qu'un jour son Roi réaliserait la profondeur des sentiments de l'Argentée à son égard mais en vain...
L'eau de ses mots avaient suivi presque naturellement, et avec nécessité, le ruisseau de ses lèvres. Elle lui avait confié la situation dramatique et l'Ombre qui sévissait à Mirkwood. Sentir la sève des arbres se pétrifier, c'était comme sentir ses propres veines se durcir. La connexion mystique qui reliait tout être vivant disparaissait lentement, dévorée par les chuintements abjectes des arachnées. L'âme de la foret dépérissait sans que ses enfants, les elfes, puissent en trouver la raison, la provenance et la solution. Même Radagast commençait à entrevoir le pire pour l'avenir de Vertbois...Comment pouvait-elle être en paix et se sentir rassurée quand sa patrie souffrait d'un mal inconnu qui semblait ne connaître aucune limite. Parce que Destan était bon, bienveillant et attentionné, il lui proposa une quelconque manière de l'aider, avec ses capacités et ses moyens. Une proposition qui lui réchauffa le coeur et lui permit de sourire en cet instant. Il n'y avait malheureusement rien qu'il puisse accomplir pour dissiper les tourments qui l'assiégeait. Son état était directement relié à celui du monde et si celui-ci était meurtri, sa blessure s'étendait sur tout les êtres sensibles et empathiques. L'elfe pouvait ressentir à quel point cela atteignait Destan et sa considération l'émue beaucoup. Dans un geste qui se voulait chaleureux et réconfortant, elle glissa sa main dans la sienne et la pressa dans une étreinte douce.

- Il y a déjà moins de vide dans mon coeur depuis que tu es là. lui avoua t-elle dans un mince sourire à la tendresse infini. J'ai déjà entrepris d'alerter les plus grands sages de la situation critique de Vertbois. Bien que le Roi soit réticent à l'idée que l'on s'intéresse de trop près à son royaume, il est forcé de reconnaître que ce qui trouble la sérénité de la forêt requiert l'expertise d'un érudit. En tout cas, je me dois d'agir et de comprendre ce qu'il se passe. Je refuse de rester capitonner derrières les murs du royaume rongeait par la peur et l'ignorance. Si Vertbois est menacée, j'en découvrirais la raison et l'éradiquerais, quoi qu'il en coûte.

Il y avait beaucoup de courage sous les traits délicats de son minois angélique. De courage, de détermination et de volonté. Après tout, elle était une combattante aguerrie aussi agile aux corde d'une harpe qu'à celle d'un arc. Si elle préférait l'approche diplomatique dans la plus part des cas, il y avait des situations qui nécessitait un abord plus sportif. Dans les deux cas, elle était formée pour exceller.
Durant ce long échange silencieux où seuls leurs yeux semblaient s'exprimer, elle en apprit plus sur ses sentiments que s'il était clairement et ouvertement confié à elle. Il lui paru le savoir depuis des années...depuis toujours peut être. Puis, l'éclat d'un souvenir percuta son esprit. Des mots. Ecrits. Enflammés. Une Déclaration passionnée écrite par un jeune homme éperdument amoureux et à la fois désespéré...Une lettre égarée, hors du temps, échouée entre ses mains. Une lecture qui l'avait bouleversé comme jamais elle avait été bouleversée. S'était-elle déjà sentie aussi aimé ? Non, mais elle avait aimé avec la même ferveur, avec cette même absolue conclusion qu'il ne pouvait en être autrement. Longtemps elle songea qu'il s'agissait là de l'idylle passagère d'un adolescent qui avait rencontré une étoile une fois devant laquelle il s'était incliné. Comme passe la nuit, elle finirait par disparaître à la lueur du jour mais aujourd'hui encore persistait dans son regard la même magie, la même voûte céleste sur laquelle était peinte une constellation représentative de la dame argentée. Un feu entreprit de venir rougir la chair de ses joues au doux souvenir de cet élan d'amour qui lui était destiné. Pourquoi s'en souvenait-elle maintenant ? Peut-être parce qu'elle avait besoin...Peu importe, elle devait lui en parler et pour cela elle récita un court extrait de ce qui fut, dans toute son existence, la plus belle marque d'attention et le plus beau témoignage d'amour d'une pureté sans nom.

" Je t’aime en dépit de ton inaccessibilité car je chérie la lumière dans laquelle tu m’as baigné. Je t’aime de tout mon être et pourtant cela est insuffisant."

Et alors qu'elle reprenait ses mêmes mots, ses yeux parcouraient les paysages de ses yeux alors que ses doigts replaçaient ces mèches de cheveux plus courtes mais toujours aussi indisciplinées, comme elle l'avait fait une fois alors qu'Iluvatar lié leurs destins un jour d'hommage.

 MAY


   
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LONELY CAPTAIN ♦ HUMAIN
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— RACE DU PERSO : Destan est un Homme, un simple Gondorien sans particularité aucune si ce n'est la fierté qu'il conserve, indéfectible, pour sa patrie.
— ORIGINAIRE DE : Il est originaire de Dol Amroth, ancienne cité elfique et port fortifié sous la gouvernance de Princes Dunédains et l'Intendance du Gondor.
— ÂGE DU PERSO : Il y a quarante-trois années que Destan foule la Terre du Milieu et il les supporte plutôt bien.
— RANG SOCIAL : Assez pauvre comparé à ce qu'il aurait pu être au vue du grade qui était le sien auparavant.
— MÉTIER PRATIQUÉ : Il a été Capitaine des Garde de la Porte Noire avant que les orcs ne les mettent en déroute. Désormais, il offre ses services aux caravaniers qu'il escorte durant leur voyage.
— ARMES DU PERSO : Destan possède une épée dont il prend grand soin et qu'il chérit, Ascalon.
— ALLÉGEANCE〣GROUPE : L'allégeance de Destan va à Turgon ainsi qu' Angelimir, Prince de Dol Amroth.
— VOYAGE AVEC : Il voyage seul pour le moment, il a accompagné lors de son voyage de retour la dernière caravane qui était partie de la baie de Belfalas, désormais, avec la menace des Pirates, il est contraint à voyager en solitaire pour se trouver de nouvelles tâches.
— AMOUREUSEMENT : Il a cessé de croire que le Grand Amour était pour le commun des mortels mais réservé à certains privilégiés.

MessageSujet: Re: L'étoffe fragile du monde [ft Luth ]   Ven 9 Mar 2018 - 20:34


L'étoffe fragile du monde.
L'Astre argenté et le vieillard.



Son cœur avait bondi dans sa poitrine alors qu’elle avait semblé le retenir, lui demandant de prendre le temps de songer à ce qu’il souhaitait vraiment faire, de peser cette idée qui s’était insinuée en lui. Elle ne souhaitait pas le perdre, du moins c’est ce qu’il espérait qu’elle pensât à cet instant où elle lui rappelait qu’il avait déjà tant donné. Le maëlstrom faisait déjà rage en lui, des sentiments mêlés qui palpitaient sous sa peau, scintillaient dans ses yeux, faisait battre son cœur plus grand. La revoir ainsi alors qu’il avait tant changé et pas elle l’attristait. Car bien plus que l’image qu’il pouvait lui renvoyer, c’était le futur qui s’étiolait, l’avenir qui disparaissaient en même temps que les années qu’il lui restait.
Il ignorait les pensées qui traversaient l’esprit de l’Argentée. Si seulement il avait pu y avoir accès. Ses craintes se seraient sans doute un peu envolées.Il aurait aimé entendre les mots qu’elle lui accordait, semblables à ceux qui lui réservaient lorsqu’il veillait sous la voûte étoilée et que chaque astre la rappelait à lui.

Il lui aurait répondu qu’à chaque pas loin de lui qu’elle aurait fait il l’aurait ramenée vers lui inlassablement. Il lui aurait répondu que ce vide, puisse-t-il avoir été aussi grand qu’un gouffre il l’aurait traversé. Il lui aurait répondu qu’il lui aurait appris à apprécier la caresse du vent les yeux fermés et à le poursuivre pour s’envoler avec lui, même un court instant. Il lui aurait répondu qu’un navire n’est jamais vraiment perdu et que la lueur était là, à l’intérieur. Il lui aurait demandé de continuer de voler, toujours plus haut, de jouer avec la brise et chasser les rayons du soleil. Et si elle avait voulu que chaque aurore passée il ait pu se trouver à ses côtés, il y serait à jamais resté. Mais c’est mots là n’avaient été partagés avec lui, le vent les avait emportées et seules les songes de Destan trahirent la tempête qui rugissaient en lui alors qu’il répondait presque sans savoir à cette volonté de demeurer chaque jour à ses côtés.
Elle lui offrit un sourire seulement, un sourire si pur, même du coin des lèvres tandis qu’elle inclinait son doux menton sur le côté. Elle s’adressa à lui alors, il annonçant qu’elle ne lui demanderait jamais un tel sacrifice, qu’elle ne méritait pas un tel honneur. Non, il était vrai, elle n’avait même pas à lui demandé. Il pouvait ranger son épée et rester auprès d’elle sans qu’elle ait eu besoin de prendre cette décision pour lui. Il pouvait ranger l’armure frappée de l’arbre blanc dans un placard pour ne plus jamais espérer la revêtir. La décision finale lui revenait alors qu’elle lui expliquait que si elle avait été mortelle elle n’aurait pas voulu vivre sans avoir réalisé ses rêves, cela était vrai.

Mais son rêve à lui, c’était elle.

Il aurait laissé derrière lui tant de chose pour elle, pour espérer vivre à ses côtés, quand bien même cela puisse être pour un court instant. Il avait déjà réalisés tant de choses dans sa vie, il lui en restait encore bien d’autres mais il ne souhaitait pas construire cet avenir seul. Il avait tant donné déjà, elle le lui avait rappelé, il n’avait pas oublié toutes ces années, toutes cette jeunesse offerte à sa Patrie et à la défense de celle-ci, il n’avait rien oublié de tout ceci et pour une fois, il espérait pouvoir se montrer égoïste, penser à ce qu’il désirait au plus profond de son être et seulement à cela, mais quelques puissent être ses désirs, s’il n’était pas partagés, alors il s’en irait réaliser d’autres rêves, plus ternes, moins beaux, moins grands que celui que pouvait représenter l’amour.
Le ruisseau de leur conversation s’en était tournée vers Mirkwood et l’ombre qui y sévissait, elle lui avait conté ce qui s’y tramait et faisait périr la forêt. Destan n’avait pu que lui proposer son aide tant il savait que cela faisait souffrir son amie, tant il savait que cela comptait pour elle et il s’empara de sa main pour la presser, pour lui assurer tout son soutien et elle lui rendit cette douce étreinte en retour. Elle lui annonça que le vide de son cœur s’était amoindri en sa présence et il ne pu que sourire en retour au sourire mince et à la douceur infinie qu’elle lui offrit. Il faillait chavirer lorsqu’il lui fut adresser mais il tint bon.

Il l’écouta avec attention alors qu’elle lui apprenait qu’elle avait déjà alerté les êtres les plus sages qu’elle eût connu de la situation où se trouvait Vertbois. Elle expliqua les réticences du Roi Thranduil, et elle expliqua qu’elle se refusait à demeurer derrière les murs et rempart du royaume où elle vivait sans agir.
Il sourit doucement, acquiesçant chacune de ses paroles. Le soldat qu’il avait été les entendait fort bien, tel avait été son discours pendant de nombreuses années et si aujourd’hui l’aide apportée au Gondor était différente, elle s’imprégnait néanmoins des mêmes valeurs. Ainsi il ne doutait pas du courage de l’Etoilée, elle foulait la terre du milieu depuis bien plus longtemps que lui, sa volonté et sa détermination n’avaient pu que se renforcer à chaque année passée sur Arda, tout comme ses qualités de combattante, de diplomate, mais aussi d’artiste. Et bien qu’il ne doute jamais de ces dernières, il souhaitait simplement lui venir en aide, comme l’aurait fait un ami.

Le silence s’était fait entre eux. Sans le savoir Destan s’ouvrait à elle, les flammes ardentes des sentiments qui l’habitaient et qu’ils ressentaient pour celle qui se trouvait devant lui ne pouvaient être tus. Chaque fibre de son être alors qu’elle était si proche de lui semblait vouloir le trahir et révéler ce qu’il n’avait toujours pas consentit à lui dire. Il avait lui aussi cru, longtemps, sans savoir que Luthien songeait aussi à cela au même instant que lui, que cette amour qu’il éprouvait n’avait été que des émois d’adolescent. Il avait partagé la couche de plusieurs femmes mais jamais il n’avait ressenti cette même sensation qui faisait battre son cœur lorsqu’il songeait à l’Etoilée. Jamais aucune d’entre elle ne lui avait permis de s’imprégner autant qu’il avait été. Jamais aucune n’avait pu la remplacer.

Cet amour là, était semblable au jour, il s’était construit aux premières lueurs du jour, aube naissante, aurore puissante aux éclats lumineux. Des scintillements propres à la jeunesse et la naissance des choses, l’éclosion des fleurs, l’ouverture de leur pétale. Le jour, l’amour avait continué de briller pour darder ses rayons avec une intensité plus grande. Puis il avait fini par atteindre son zénith, sa plénitude, pour briller avec éclat et chaleur comme cela n’arriverait plus avant le jour suivant. Et bientôt viendrait peut-être le déclin du jour, mais ce n’était pas le cas, pas pour Destan, se déclin n’arriverait pas, pas avant que le dernier souffle de vie quitte son corps et que même l’amour si grand qu’il lui portait nait pu faire battre son cœur fatigué par les nombreux jours passés et les aurores écoulés. La nuit ne parvenait à éteindre cette lueur qui brillait en lui. Son regard brillait et brillerait toujours pour elle, qu’elle l’accepte ou non.

Il la vit rougir. Il n’en comprit pas la raison avant que des mots franchissent la barrière des douces lèvres de l’Etoilée. Il tressaillit alors qu’elle lui répétait des mots qu’il avait un jour écrit. Le rouge vint colorer doucement ses joues, comme lorsque l’on surprend un enfant entrain de s’adonner à ce qu’il sait être une bêtise. Mais ces mots là n’étaient pas une erreur, ils n’avaient pas été choisi avec soin, ils avaient jaillis, dans un flot de sentiments puissants, il n’avait pu les retenir. Il avait eu besoin d’ouvrir son cœur lorsqu’il avait cru ne plus jamais la revoir, pour qu’elle sache combien il l’aimait et il l’avait aimé, pour qu’elle sache que s’il venait à mourir son cœur lui avait toujours appartenu et qu’il n’avait jamais pu se résoudre réellement à le reprendre. Il n’avait jamais eu cette force, il ne l’avait jamais vraiment voulu.
Il ignorait ainsi que la lettre lui était parvenue, il se souvenait d’avoir couché ces mots sur du papier lorsqu’il s’était retrouvé dans des heures bien sombres, lorsque sa blessure l’avait portée si proche des Halls de Mandos qu’il avait cru ne plus en revenir.
Mais si les moments ténébreux avaient disparus, il continuait de l’aimer ainsi, bien qu’elle lui sembla si inaccessible, si éloignée de lui et de sa mortalité, il continuait de l’aimer car chaque moment passée à penser à son sourire, à son souvenir illuminait son cœur, il continuait de l’aimer de tout son être, sans discontinuer car un amour si profond ne pouvait prendre fin. Et cela était sans doute encore insuffisant pour trouver grâce à ses yeux et espérer qu’elle puisse l’aimer de cette même manière en retour, mais il ne pouvait lui en vouloir, il n’était qu’un simple passager venu prendre place un cour instants sur le bateau sur lequel elle voguait depuis bien longtemps avant sa naissance et qu’elle ne quitterait que bien après son décès. Il ne pouvait lui en vouloir, quel être immortel aurait souhaité connaître la douleur de la mortalité et la partager ainsi ?

Elle ne souhaitait pas lui interdire ses rêves de recouvrer son honneur, son grade, la reconnaissance qu’on lui portait, il ne souhaitait pas qu’elle rejette son immortalité pour lui, du moins pas réellement. Et si la pensée contraire s’insinuait dans son esprit, ce dernier lui rappela avec amertume qu’elle ne lui avait jamais proposé une telle chose. Seul lui avait remis son destin entre les mains de l’Etoilée, pas l’inverse. Et cela ne se produirait pas, elle en aimait un autre, il l’avait su et bien qu’il ait espéré longuement que cet amour ci lui soit parvenu à la place, il ne pouvait que se résoudre à se mettre en retrait, à jamais.
Les yeux de l’Argentée se plongèrent dans les siens, il en fit de même, scrutant avec attention chaque vague, chaque parcelle d’ombres et de lumières qu’il pouvait percevoir et embrasser de ses iris. Puis vint une caresse. Jamais il n’avait pu oublier la douceur de sa peau et la légèreté de son toucher. Les doigts de l’étoilée filèrent replacer une mèche de cheveux, plus court qu’il avait pu un jour les porter. Il y avait toujours des épis dans ce champ de blé qui avait vu peu à peu la neige se mêler aux brins autrefois si blonds.
Il aurait souhaité la prendre contre lui, lui témoigner son amour par une étreinte, mais s’il était certain des sentiments qu’il éprouvait pour l’Etoilée, il n’était pas certains de ceux qu’elle éprouva pour lui, si elle en avait éprouvé d’autres qu’une profonde amitié.

Ainsi il posa simplement sa main sur les doigts qui s’en étaient aller se mêler à ses cheveux, doucement, pour les saisir de crainte qu’ils ne disparaissent et que tout ceci n’est été qu’un rêve éveillé. Il ignorait pourquoi elle lui avait rappelé ces mots qu’il lui semblait avoir écrit il y avait bien longtemps de cela. Souhaitait-elle qu’il les reconnaisse et les assume ? Il le ferait. Souhaitait-elle qui lui avoue que depuis toujours son cœur lui avait appartenu ? Il le ferait.
Il aurait tant aimé être Beren, bénit des Valars qui avait eu la chance de voir son vœu le plus cher exaucé. Mais il était pas ce héros des âges passé, il n’était pas un elfe à la beauté éternelle et qualités surhumaines. Il n’était qu’un simple homme, s’simple mortel, la seule et unique chose qu’il possédait c’était bien la chance de savoir qu’il était éphémère et que chaque instant passé était un présent inestimable.
Ainsi, si le rappel des mots qu’il avait offert à l’elfe l’avait surpris, la chance qu’il avait de se trouver auprès de celle qu’il aimait de tout son cœur appartenait sans doute aux songes heureux et il ne comptait pas les laisser s’envoler, pas en se taisant, pas en manquant cette possibilité de lui avouer ce qu’il avait toujours ressentie. Il savait qu’il pouvait la perdre à jamais en se dévoilant à elle ainsi, qu’elle pourrait lui tourner le dos et l’éconduire, tel était son droit. Mais il avait toujours été l’oiseau dans cette histoire, il avait choisi lui-même son épine, il avait tournoyé autour tant d’années, il l’avait frôlée à chaque rencontre. Il était temps pour lui de s’y poser.
Ainsi il ne se déroba pas, ses yeux toujours plantés dans ceux de celle qu’il chérissait plus que tout au monde. Sa voix sortie des méandres de sa bouche, comme un souffle lointain, mais elle se voulait assurée. Il n’avait pas honte de ce qu’il allait lui dire, il n’avait pas honte d’aimer, il n’avait pas honte de l’aimer à en souffrir.

« C’est là la vérité. Comme tu me l’as dit autrefois, en Dol Amroth, tu ne m’oublierais jamais. Je n’ai jamais pu le faire non plus. Je t’aime, depuis aussi loin que je m’en souvienne et je continuerai de t’aimer, qu’importe l’endroit, la distance où tu puisses te trouver. »

Il n’avait pas lâché son regard, il ne le souhaitait pas, il ne voulait pas qu’elle s’éloigne de lui, qu’elle se soustrait à sa vue et se dérobe alors qu’il ne pouvait désormais plus refermer son cœur.


« Et quoique tu puisses éprouver ou non pour moi, cet amour sera toujours tien pour les jours à venir. Car c’est là seule chose éternelle que je puisse t’offrir. »

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Ce sera l’heure des loups et des boucliers fracassés lorsque l’age des hommes s’effondrera. Mais ce jour n’est pas arrivé.
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MessageSujet: Re: L'étoffe fragile du monde [ft Luth ]   Jeu 3 Mai 2018 - 12:57


 

   

 

This stoneheart might be getting a little warmer for you.

— Toi & Moi
Le temps avait mordu avec avidité dans le soyeux de ses cheveux qui s'étaient doucement parés de notes argentées. Elle se souvenait très clairement de ce jeune homme insouciant qu'elle avait rencontré, de leur premier regard, de leurs premiers échanges et de cette main glacée et hasardeuse, qui s'était réchauffée au coeur de ces racines dorées. Son geste demeurait inchangé. Il y avait la même tendresse, la même émotion, les mêmes sentiments. L'espace d'un instant, elle le sentie vibrer sous son touché, comme épris de cette caresse ou bien de ces paroles qui devaient sans aucun doute lui paraître familières. Si l'Etoilée ne l'avait pas cité, on aurait pu croire à une déclaration spontanée d'amour. A son tour, l'incendie de la confusion s'empressa de teinter les joues de Destan et le tableau plein de pudeur qu'ils formaient se complétait d'une innocence presque candide. Elle se souvenait de ces mots comme du visage de ses ancêtres ; ils traversaient le temps avec la même ardeur et la même volonté sans que ses agressions n'en altèrent leur sincérité. Quel émoi ce jour là, lorsqu'on lui transmis cette missive. La beauté de son contenu évinçait de loin le spectacle surnaturel d'un lever de soleil et même les étoiles, dans la nuit qui suivit, étincelantes, insaisissables perfections, n'auraient su détourner ni même rivaliser avec l'intense émotion qui s'emparait de l'Elfe argentée. Elle avait sentie son coeur déborder puis se renverser au fur et à mesure de sa lecture et à chacun de ses aveux d'amour, tout son être se prenait de vertiges. A travers ses mots, elle contemplait sa propre réalité, sa propre voie sans issue dans laquelle Destan s'enfonçait lui aussi. Ils étaient tout deux animés d'un amour semblable aux perfides sables mouvants dans lesquels la lutte scelle inévitablement leur sort. Chacun poursuivant un rêve, un Idéale Insaisissable...Luthien s'était toujours demandé pourquoi ce jour là, pourquoi à cette époque, pourquoi de cette manière ? Qu'est-ce qu'il l'avait poussé à se livrer ainsi comme poussé par le désespoir, donnant à sa lettre un ton tragique, dramatique ? Durant de longues années elle garda sous silence cette lecture pensant, espérant et redoutant l'instant où Destan lui en reparlerait mais il n'en fut jamais ainsi. Les mots traversèrent les époques, inaltérables, dans une confusion insoupçonnée pour les deux concernés. La vérité éclatait enfin dans un face à face tant attendu et à la fois tant redouté mais Luthien n'avait plus peur car si ses paroles avaient pu l'effrayer autrefois, aujourd'hui, dans son esprit, elles lui faisaient l'effet d'un nectar de vie bienfaisant dans ses veines. Tout ce qu'ils avaient vécu, traversé, décidé, les avait incontestablement mené à cet instant précis et celle que l'on pensait à l'abris de toute altérations du temps, se surprit à scintiller sous le regard d'un nouvel astre dont la proximité et la chaleur qu'elle diffusait, incitait l'approche. Le froid et la solitude du vide sidérale n'avaient que trop longtemps été son quotidien. Attirée par ce qu'elle pensait n'être qu'une création divine, elle avait sacrifié ce qui lui restait dans ce voyage vers un bonheur illusoire et hors d'atteinte. Jusqu'à cette rencontre. Petit objet céleste, dérivant à son tour, gravitant sur la trajectoire d'une Etoile à la dérive dont naquit de leur rencontre un nouveau système binaire. Tournant continuellement l'un autour de l'autre comme deux oiseaux fous, inconscients. Une valse incessante, un étourdissement de bonheur de s'être trouvé et d'avoir vaincu la solitude. Pourtant s'ils se croisaient, jamais ils ne se rencontraient. Cruauté de la création et de ses fondements incontournables. Comme pour effacer la douleur de cette vérité fatale, Destan captura sa main entre ses doigts qu'elle lui offrit sans résistance aucune, offerte à sa chaleur, à son réconfort et à sa douceur.  Elle l'écouta réduire à néant ces années de doutes et de silence. Elle l'écouta lui confier la vérité, ces mots qui autrefois n'eurent le courage que d'être couché sur le papier. Ces aveux dans l'attente qu'ils lui soient un jour confessés et qui la mettait à l'agonie. Ce refrain qu'elle avait mainte fois lu sans y trouver l'air pour le chanter, il lui donnait, désormais. L'Eternelle ne cessait de le contempler d'un regard émue et humide tout en buvant l'intégralité de ses merveilleuses paroles. Son chant était céleste, merveilleux, à en saisir d'émotion les cieux et elle le reçu, comme une offrande, alors qu'il se déposait avec la légèreté d'une plume sur son coeur, non pas pour s'y pourfendre, mais pour y demeurer comme l'oiseau qui, durant toute son existence à cherché et a enfin a trouvé son nid.

« Et quoique tu puisses éprouver ou non pour moi, cet amour sera toujours tien pour les jours à venir. Car c’est là seule chose éternelle que je puisse t’offrir. »

Il y eut un son scintillant, comme un cristal. Ce n'était que des larmes qui s'échappaient de la prison charnelle que constituaient le paysage céruléen de ses yeux. A ces mots, tout son être ruisselait de bonheur, un bonheur insoupçonné que ces derniers évènements avaient éveillés en elle, alors en latence, endormie, engourdie. Aujourd'hui, elle le ressentait, cet inexplicable amas d'émotion en elle, de cette réceptivité presque évidente. Son chant l'avait littéralement privé de mots, elle ne pouvait que ployer sous sa magnificence, charmée, envoûtée. Alors, contre toute attente, la belle elfe se rapprocha de Destan, cherchant le refuge de ses bras. La tête sur son épaule, elle laissa la rivière de ses cheveux d'argent se précipiter et ce mêler au contact de la peau de l'ancien Capitaine. Légèrement plus inclinée, Luthien l'admira ainsi, les sillons humides de ses larmes encore visible dans la lueur du jour alors que sa main alla à la conquête de son cou, nouant ses doigts à sa nuque. D'un geste tendre, nimbé de douceur, son pouce caressa ainsi sa joue alors que dans le silence de leur regard, Luthien s'égara corps et bien.

- A compté de ce jour, où que tu sois, j'y serais à tes côtés.

  MAY


   
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MessageSujet: Re: L'étoffe fragile du monde [ft Luth ]   

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L'étoffe fragile du monde [ft Luth ]
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