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Et les étoiles se mirent à parler. [ft Luth ♥]

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 Et les étoiles se mirent à parler. [ft Luth ♥]

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LONELY CAPTAIN ♦ HUMAIN
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— RACE DU PERSO : Destan est un Homme, un simple Gondorien sans particularité aucune si ce n'est la fierté qu'il conserve, indéfectible, pour sa patrie.
— ORIGINAIRE DE : Il est originaire de Dol Amroth, ancienne cité elfique et port fortifié sous la gouvernance de Princes Dunédains et l'Intendance du Gondor.
— ÂGE DU PERSO : Il y a quarante-trois années que Destan foule la Terre du Milieu et il les supporte plutôt bien.
— RANG SOCIAL : Assez pauvre comparé à ce qu'il aurait pu être au vue du grade qui était le sien auparavant.
— MÉTIER PRATIQUÉ : Il a été Capitaine des Garde de la Porte Noire avant que les orcs ne les mettent en déroute. Désormais, il offre ses services aux caravaniers qu'il escorte durant leur voyage.
— ARMES DU PERSO : Destan possède une épée dont il prend grand soin et qu'il chérit, Ascalon.
— ALLÉGEANCE〣GROUPE : L'allégeance de Destan va à Turgon ainsi qu' Angelimir, Prince de Dol Amroth.
— VOYAGE AVEC : Il voyage seul pour le moment, il a accompagné lors de son voyage de retour la dernière caravane qui était partie de la baie de Belfalas, désormais, avec la menace des Pirates, il est contraint à voyager en solitaire pour se trouver de nouvelles tâches.
— AMOUREUSEMENT : Il a cessé de croire que le Grand Amour était pour le commun des mortels mais réservé à certains privilégiés.

MessageSujet: Et les étoiles se mirent à parler. [ft Luth ♥]   Jeu 8 Fév 2018 - 19:48


Et les étoiles se mirent à parler.
Elles murmurèrent à l'oreille de ceux qui savent écouter..



Les murailles de Dol Amroth s'élevaient dans l'azur éclatante de ce matin d'été, l'air était doux, il était encore tôt et le Soleil venait de saluer une dernière fois la Lune son amie. Les mouettes déjà criaient sur les quais, tournoyaient autour des bateaux de pécheurs qui rentraient au Port. Ce matin-là, le marché serait couvert de victuailles et on dînerait  fort bien dans les logis à la nuit tombée. Les mats craquaient doucement tandis que les capitaine demandaient déjà à leur marins de rentre les voiles dans des éclats de voix sonores. Un petit garçon, du moins un grand garçon aurait-il corrigé, aussi épais qu'une brindille prenait le soleil levant sur le toit d'une maison. Une mouette voleuse vint se déposer à ses côtés, dans son becs l'objet de son méfait, bien plus gros qu'elle qu'elle allait essayer de dévorer goulûment. Mal lui en pris, une deuxième vint disputer le butin, éveillant la curiosité de l'enfant qui se tournant les regarda se chamailler avant que la première n'emporte la joute, laissant le garçonnet aux cheveux blonds et aux regards azurs glisser du toit dans un éclat de rire. Destan, car tel était son nom, s'était réveillé tôt ce matin là, quittant la maison qu'il habitait avec ses parents dans l'espoir d'apercevoir un bateau dont bon nombre d'adultes avaient mentionné l'arrivée.

On disait là que le bateau emporterait des gens, des Elfes au loin, vers d'autres rivages comme cela se faisait aux Havres Gris. Évidemment, l'enfant qu'il était avait déjà entendu l'Histoire de sa ville mentionnant des Elfe,s mais il n'en avait jamais vu, sa curiosité avait été une nouvelle fois piquée. Se remémorant alors la perte d'Amroth et sa tragique disparition dan les flots, cueillit par le désespoir de voir la dame qui régnait dans son cœur s’éloigner, sans espoir qu'elle ne revienne, il marcha, plutôt couru au travers des ruelles et des rues. Laissant ses pensées divaguer quant à la bêtises d'Amroth, Destan était certain que si une telle chose lui était arrivée il aurait nagé jusqu'au bateau de sa reine et ce pendant des jours et des nuits s'il avait fallu. Après tout, il savait fort bien nager,  comme un triton, un dauphin même, il pouvait s'en targuer, il avait appris avec les enfants du port et leurs grands-frère et les battait désormais à la course. Évidemment, cela était bien autrement lorsqu'il était question de bras-de-fer. Il remonta un instant sur les remparts, toujours perdu dans ses pensées pour aller saluer son père et essayer de lui quémander une collation qu'il n'avait emporté. Aslan était garde de la Cité et Destan était plutôt fier de son père, lorsqu'il en parlait à ses amis il bombait toujours légèrement le torse, mais il n'était pas certain que les compliments seraient suffisamment pour obtenir une piécette et s'offrir de quoi se sustenter. Usant de ses deux grands yeux bleus et promettant de rentrer aider sa mère, qui semblait de plus en plus fatiguée ces derniers temps, si tôt les Elfes aperçu, son père lui concéda une petite pièce de bronze avec la quelle il couru s'offrir une brioche aux gros morceaux de sucre. Sans plus attendre il se remis en action, esquivant les passants,  dévorant sa viennoiserie sans en laisser une miette, comme si elle n'avait jamais existé.  

Alors qu'il courait jusqu'au bout de la jetée, comme s'il avait espérer se jeter dans le creux des vagues et disparaître, bercé par leurs doux chants, il heurta avec suffisamment de violence pour le faire s'arrêter une silhouette élancée aux cheveux d'argents qui se trouvait là. Sans même prendre le temps de relever la tête afin d'afficher une mine reflétant la stupéfaction et de désarroi quant à sa conduite, il mit un genou à terre, comme tout soldat avec un minimum d'éducation l'aurait fait.

Son corps vibrait a l'unisson de son cœur qui peinait à reprendre son rythme normal. Il essaya tant bien que mal de faire taire son essoufflement. Ses cheveux blonds, caressés par le vent firent diminuer la rougeur honteuse de ses joues. Tout son corps frissonnait de l'excitation de la jeunesse, comme s'il avait pu, dans la seconde qui aurait suivit les excuse qu'il allait prononcer se trouver debout pour de nouveau s'élancer. Cependant, ses parents avaient fait de lui un jeune homme sachant respecter les bonnes manières, possédant une élocution franche et suffisamment fournie pour se fondre dans la masse sans se faire importuner et respecter ses Seigneurs. Après tout, il avait eu dix ans et il serait bientôt un homme aux yeux de bon nombre d'habitants et c'était ainsi qu'il devait se comporter. C'est pourquoi, un bras déposé sur son genou, la timidité de l'enfance demeurant encore dans sa voix et dans ses gestes, regardant les pieds de son interlocutrice pour ne pas rencontrer son regard et rougir à sa vue, il s'exprima,ainsi :


« Veuillez m'excuser ma Dame si je vous ai causé du tort. Je me dois d'être votre obligé jusqu'à ce que vous estimiez ce tort pardonné. »

Il avait usité une formule qu'il avait appris, enregistré sous ces épis blonds comme le lui avait demandé son père. Ce dernier aurait été fier de lui s'il avait pu l'entendre en cet instant de le voir si bien se rattraper après son méfait. Il l'aurait évidemment sermonné d'avoir ainsi couru comme un dératé, un jeune chien fou avec des œillères et de n'avoir point fait attention aux badauds qui se pressaient aussi sur les quais. Fixant toujours les extrémités de la Dame il n'osa relever la tête, reconnaissant déjà là un tissu d'une grande qualité dont sa mère connaîtrait sûrement la valeur et qui ne pouvait appartenir là qu'à une personne de la noblesse, peut-être même de la famille du Prince de Dol Amroth leur bon Seigneur. A cette idée il se fustigea mentalement pour mieux serrer les poings en hochant la tête vers le bas comme s'il avait pu la cogner contre un mur imaginaire. Il n’osait imaginé si ses hypothèses aient pu être la vérité.Sans doute sa vis à vis lui demanderait-elle son prénom et peut-être même celui de ses parents, il doutât qu'elle ait pu causer grand tort à fa mille à cause de son mauvais gestes, après tout, les Seigneurs de Dol Amroth étaient tous bienveillants mais il ne pouvait l'exclure et c'est pourquoi il garda le silence, se mordant la langue pour ne pas s'embourber dans des excuses disgracieuses, incohérentes et causer plus de tort qu'il n'en avait déjà fait. Sa mère lui avait d'ailleurs toujours demandé de tenir sa langue bien cachée derrière ses dents s'il n'était pas certain de ce qu'il allait dire et s'il avait fait une bêtise que les mots ne pouvaient excuser entièrement. Ainsi il se tint devant la Dame, dans l'attente de sa sentence , espérant que cette dernière soit clémente.

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MessageSujet: Re: Et les étoiles se mirent à parler. [ft Luth ♥]   Jeu 8 Fév 2018 - 20:30

Destan & Luthien
Et les étoiles se mirent à parler.
« Le vent me parle comme la voix d'un parent. Je vais tout droit voir l'horizon devant, voir l'horizon devant… »

Le vent du sud s’élevait doucement, il passait à mes côtés et m’enveloppait de son histoire. Son chant céleste charriait ma conscience dans une douce mélancolie qui étreignit alors mon coeur. Il m’a semblé l’entendre pleurer et réclamer sans relâche sa promise qu’il avait depuis si longtemps perdu et qu’il n’avait de cesse de poursuivre inlassablement. Son récit s’inscrivait sur ma peau alors attentive à sa détresse que je m’efforçais de comprendre mais que mes prières ne parvenaient malheureusement point à atteindre. Comment raisonner le vent, cet élément intrépide, indépendant et indomptable ? C’était comme retenir vainement au creux de sa main de la brume et constater avec déception qu’elle est insaisissable. Pouvait-on aimer au point de bouleverser les éléments ? Abandonnant de ce fait toute forme charnelle pour renaître en tant qu’atome primaire de la composition du monde dans le seul et unique but de traquer l’être aimé ? Je n'ai jamais prêté d'importance à la façon dont j'allais mourir, mais mourir à la place de quelqu'un que j'aime semble être une bonne façon de partir. Existe-t-il plus bel acte d’amour que celui qui est de se sacrifier pour lui ? Pour que sa flamme perdure à travers tous les âges de ce monde comme une lueur infatigable, intemporelle que même les ténèbres ne pourraient jamais engloutir dans le néant. Alors ce jour, que les Dieux se rappelèrent, au-delà de tout, que le dernier souvenir de ce monde brillera dans cette emprunte indélébile de ce sentiment universel. Ainsi, le vent me parlait, il me murmurait sa solitude sur des complaintes poignantes. Sans doute m’avait-il surprit dans mon propre désarroi pour ce montrer à ce point amical et sensible. Tout en me renvoyant ses peines, il me chuchota son nom, alors je compris. Amroth.

La tragédie qui reliait Amroth et Nimrodel était la raison de la présence de mes compagnons et de moi-même dans la cité. Chaque décennie, la cité célébrait la disparition de celui qui avait donné son nom à ce château Gondorien. L’on distribuait alors des invitations au quatre coin de la terre du milieu, adressées aux meilleurs musiciens chez les elfes que l’on conviait à participer à la cérémonie. Combien d’années je m’étais usée les mains à peaufiner ma maîtrise, guidée par la seule volonté de recevoir, à mon tour, cet insigne honneur ? Quand Thranduil me remit ma convocation, je n’osais à peine y croire…ça représentait tellement pour moi et ma carrière. J’étais reconnue, on avait remarqué mon talent parmi tant d’autre et l’on m’avait accordé ma chance. En aucun cas je n’avais le droit de salir à la fois le royaume que je représentais et l’honneur que l’on me faisait. L’échec n’était pas permis, je visais la perfection. Voilà deux jours que nous séjournions à Dol Amroth et nous avions passés tellement de temps aux préparatifs de la cérémonie qui se tiendrait cette nuit que je ne m’étais pas encore accordée un moment à moi. Je ne pouvais jouer correctement que si je m’étais imprégnée de mon environnement dans sa totalité. Les pierres de cette cité brillaient d’une beauté éclatante, prompte à offrir les secrets que le temps avait gravés sur elles. C’est pour cela que j’avais consacré ma matinée à me familiariser avec les gens de ce peuple, enchanté par ma présence. Il fut un temps où la présence des elfes en ces lieux n’avait rien d’extraordinaire, de nombreux bateaux emportaient les miens en Valinor. Bien que plus rare, certains navires quittaient encore aujourd’hui le port avec à son bord des âmes tourmentées venues chercher le repos sur les rivages d’argent. Combien de fois ais-je été tentée de m’enfuir déraisonnablement sur l’un d’entre eux aux havres gris ? Les opportunités étaient nombreuses mais toujours le doute venait m’assaillir.

« Mais le monde un jour vous attire et vous donne envie de partir »

Ce doute avait un nom : la culpabilité. Partir, sans espoir de retour vers un avenir incertain, quittant, dans un ultime regard, tout ce que je fus. Cette terre qui m’avait vu naître, grandir, sur laquelle les empruntes de mes pas avaient écrit l’histoire de ma vie jusqu’à aujourd’hui. Petite, je n’aurais jamais imaginé tourner le dos à la Terre du Milieu sans éprouver cette sensation gênante que je la trahissais. Elle était comme une mère à mes yeux, m’offrant la connaissance et les richesses dont elle regorgeait avec une générosité sans faille. Nous nous contentions de si peu, nous les elfes, en comparaison aux autres races dont l’appétit vorace et insatiable de pouvoir les rendait cupide et destructeur. C’est là, quand l’ambition des forces noires commença à s’étendre que ma perception du monde se trouva bouleversé. Je vis mon âme dépérir au fil des âges à mesure que cette ambition belliqueuse m’arrachait tous les êtres que j’aimais. Sans navire, sans voile pour les porter au loin, seulement le froid glaçant des armes pour les chasser du monde auquel ils appartenaient. Mon immortalité ne m’a jamais paru aussi pénible que ces deux derniers millénaires à errer tel un spectre déambulant dans les méandres de l’oubli, épuisé et étourdi. Je ne sais quelle force il me reste aujourd’hui mais je me sens lasse, désespérée et démoralisée. J’ai bien senti que mon regard s’attardait davantage sur les eaux avec une insistance alarmante. Mon cœur en appelait à ce paysage réconfortant, plus qu’au feu passionnant qui l’avait consumé au point qu’il se soit résolu à la défaite. Même mes sentiments pour Thranduil finissaient par se retourner contre moi. Quel avenir pouvais-je entrevoir sinon une éternité de déception auprès de l’être qui ne pourra jamais m’offrir ce que je désire ? C’était comme poursuivre inlassablement un rêve insaisissable. Tout ce qu’il vous reste au final, c’est le désespoir et la demi certitude que ce monde vous a abandonné. Oui, j’admets qu’il suffirait de presque rien pour que je me laisse entraîner vers ce désir insensé de partir. Le port était si près que j’aurais pu l’atteindre et m’en aller avant même que les miens ne remarquent mon absence. Ça paraissait si simple…mais tellement indigne de moi. Je ne pourrais jamais supporter d’infliger une peine de plus à ma mère, après tout, elle avait perdu tellement plus que moi. J’étais tout ce qui lui restait, son ultime chance de salue. Disparaître reviendrait à la condamner et c’était la dernière chose que je désirais faire.

« Elle entendait, au fond du temps comme un appel de l'océan… »

Je demeurais là, le cœur serré, appuyée sur un muret légèrement détérioré par les caprices du temps à contempler cette large étendue bleue où le ciel venait fusionner avec la mer en une parfaite osmose. La brise donnait vie à mes cheveux qui se mirent à flotter en toute légèreté dans ses courants chauds dessinant des chimères qui auraient inspirées l’esprit des peintres les plus créatifs. Les voiles se gonflaient allégrement et en observant le navire tanguer gentiment sur les flots, j’imaginais le bois de sa charpente chanter son impatience. De douces vaguelettes venaient lécher avec jeu la coque tandis que les goélands menaient un ballet aérien autour du mat. Au loin, le ciel donnait naissance à une aube nouvelle et dans sa grande beauté, il exposa au monde ses plus belles nuances. Du vermeil passant par l’ambré, je noyais mes humbles yeux d’immortelles dans ce lac d’or permettant à mon âme de s’y ressourcer. L’horizon, conquérant, s’empara des secrets de ma chair qui se laissa séduire par son charme insondable. La sensualité chaleureuse de l’air commença à enregistrer les palpitations du jour dans le cœur des gens qui s’éveillaient aux joies que leur procurait cette infusion de lumière. J’enviais leur insouciance de mortel. Ils profitaient de chaque instant comme si c’était le dernier pour moins songer à l’incommodante clepsydre qui mesurait la durée de leur vie. Même si les intempéries n’épargnaient pas leur moral, le soleil revenait toujours chasser les nuages de leur conscience. Leur vie était trop courte pour qu’ils la passent à se morfondre. Ils étaient comme toute chose que je ne suis pas : éphémère.

Un soupir souleva ma poitrine, las de mon indécision puis soudainement une vive douleur dans les côtes m’indiqua que l’on venait de me bousculer. Le vent se sentait-il contrarié ? Très vite, je cherchais du regard l’origine de ce tumulte jusqu’à ce que mes yeux se posent sur la créature la plus attendrissante qui soit. J’observais ce jeune garçon animé par la fraîcheur et l’insouciance de la jeunesse. Le rouge de ses joues dénonçait encore la course effrénée qui l’avait conduit à se heurter à moi. Après quelle fantaisie courrait-il ? Je n’aurais su le dire, leur extraordinaire faculté à rêver ne leur imposait aucune limite. Avec une politesse digne d’une éducation princière, le jeune garçon mit le genou à terre, implorant ainsi mon pardon dans une formule parfaitement travaillé. On aurait dit qu’il avait emprunté les paroles d’un autre en apprenant sa leçon par cœur. En revanche, je ne remettais en rien la sincérité de ses paroles et de ses intensions à mon égard. De ma hauteur, je ne voyais qu’une nuque courbée recouverte d’un jeune duvet doré. Me penchant légèrement vers lui, je pris la liberté de capturer tendrement son menton entre mes doigts forçant la connexion de nos deux regards. Je passais fugacement une main dans ses cheveux, écartant de par ce simple fait les innombrables mèches rebelles qui avaient entrepris de lui barrer le visage avec désinvolture. Ce que je découvris derrière ce rideau de cheveux transporta mon cœur vers un lieu encore plus céleste que le royaume béni d’Aman. Son regard me désarma et durant un court instant, je demeurais comme figée sur place, saisie d’émotion. Et pourtant, dans la limpidité quasi divine de ses iris, dans chaque mouvement de ses paupières, dans ce vent qui caressait sa chevelure volage, j’eu un accès éphémère à cet ailleurs que je cherchais irrémédiablement. Et s’il était mon horizon ?

- Le seul tort que tu aurais pu me causer, c’était celui de ne jamais me heurter.

Un long silence suivit mes paroles, songeant que j’avais pensé tout haut. Je doutais que le jeune garçon puisse comprendre le sens de mes paroles mais ce qu’il considérait comme une faute, je le voyais comme un espoir en train de renaître. Je lui souris alors, honorée de bénéficier d’un gardien aussi loyal. Néanmoins, il paraissait un peu trop formel à mon goût, je me permis alors de détendre l’atmosphère dans une légère plaisanterie.

- Comme je n’accorde pas facilement mon pardon, tu seras mon guide dans la cité. Je compte sur toi pour que je ne goûte jamais à l’amertume de l’ennuie.

Ma main glissa jusqu’à sa joue que je caressais avec une douceur maternelle.

- Je suis curieuse de savoir vers quelle destination tes jambes t’entrainaient, mais avant cela, comment dois-je nommer mon preux chevalier ?

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LONELY CAPTAIN ♦ HUMAIN
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— RACE DU PERSO : Destan est un Homme, un simple Gondorien sans particularité aucune si ce n'est la fierté qu'il conserve, indéfectible, pour sa patrie.
— ORIGINAIRE DE : Il est originaire de Dol Amroth, ancienne cité elfique et port fortifié sous la gouvernance de Princes Dunédains et l'Intendance du Gondor.
— ÂGE DU PERSO : Il y a quarante-trois années que Destan foule la Terre du Milieu et il les supporte plutôt bien.
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— MÉTIER PRATIQUÉ : Il a été Capitaine des Garde de la Porte Noire avant que les orcs ne les mettent en déroute. Désormais, il offre ses services aux caravaniers qu'il escorte durant leur voyage.
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MessageSujet: Re: Et les étoiles se mirent à parler. [ft Luth ♥]   Ven 9 Fév 2018 - 19:05


Et les étoiles se mirent à parler.
Elles murmurèrent à l'oreille de ceux qui savent écouter..



Il courait, comme si des ailes avaient pu pousser entre ses omoplates et le faire s’envoler de la même manière que le faisait les mouettes. Il aurait tant aimé planer, il aurait virevolté au dessus des maisons, des tours et des bâtisses si un tel don lui avait été offert. Mais il n’avait que deux jambes et aucune aile pour l’aider à réaliser ces rêves d’enfant alors il se contentait de s’imaginer entrain de dépasser les toits et il se mettait à courir le plus vite possible pour essayer de trouver cette célérité grisante que devait apporter le bonheur de voler. Perdu dans ses rêveries éveillées, il ne vit que trop tard la divine apparition se présenter devant lui. Il n’eût le temps de rétracter les ailes imaginaires qui lui avait poussé sur le dos, se retrouvant à jouer les albatros maladroits,  heurtant sans crier gare une silhouette pareille aux fées des histoires du soir qui se tenait là, immaculée et pensive.

Il ne se laissa pas le temps de courir plus avant vers la jetée, se prosternant au sol devant la Dame pour se faire pardonner. Ses cheveux étaient encore ébouriffés de la course qu’il venait d'interrompre et ses joues aussi rouges que le soleil levant témoignaient de sa précipitation. Stoïque, espérant tenir là une position martiale, prompte à aider les excuses qu’il s’apprêtait à faire, sa poitrine se soulevait encore à un rythme effréné. Les paroles qu’il débita, essayant d’être le plus clair et le plus sérieux possible ne l’aidèrent pas dans un premier temps à retrouver son souffle et la réaction de celle dont il était devenu le débiteur ne l’y aida pas non plus.
Elle sembla se courber, comme un roseau ployant doucement sous le vent, elle captura avec une tendresse non feinte le bas de son visage entre ses doigts fins et laissa s'écouler les autres dans le champs de blé qui formait la toison de l'enfant. Elle écarta les mèches rebelles qui tombaient éparses  sur son front de la même manière que l'aurait fait celui qui fauche ses cultures. Cette entreprise donna l'impression de transporter l'immortelle bien plus loin que là où son regard se posait. Elle sembla se figer, telle une idole de marbre polie, une émotion étrange passant dans ses yeux alors qu'elle se noyait dans les pupilles de l'enfant. Destan soutint son regard, se perdant à son tour dans le regard de la gracieuse apparition.

Les paroles que lui offrit l'Éternelle vinrent se loger au creux de son esprit, doucement, avant de s'éteindre en un tintement diffus, laissant le silence reprendre ses droits. Il était sans doute trop jeune pour  comprendre la raison de telles paroles et peut-être ne les comprendrait-il jamais mais il était heureux qu'elle ne lui en veuille moins qu'il ne l'avait songé.  Le silence s’étira après ses mots, longs, les secondes se dilataient sans que l’absence de paroles ne devienne ennuyeuse. C’était la première fois qu’il rencontrait une elfe et il profita de ce silence pour la contempler cherchant la moindre parcelle de son existence, de son évidence tant elle semblait irréelle. S’il n’avait pas été aussi certain de sentir le vent sur sa peau, la dureté du sol sous ses chausses sans doute aurait-il cru avoir rêvé, mais ce n’était pas le cas . Lorsqu’un sourire vint orner son visage, il lui sembla pourtant que les certitudes précédentes s’envolaient loin au dessus des tours de Dol Amroth.

L'enfant blond pris la teinte vermeil de l'embarras, laissant la plaisanterie qu’il aurait dû entendre s’égarer loin au-delà des méandres de son jeune  esprit . Il avait sentit la peur l’étreindre, se mêlant à la honte comme de l’encre à l’eau,à l'entente des premières paroles de l’immortelle. Mais la suite l’avait rasséréné, lui tirant même un léger sourire qu’il fit disparaître rapidement, rien n’était encore joué, il ne pouvait se réjouir d’avance d’un pardon  Il espérait bien qu'elle l'excuse et son marché semblait équitable, après tout, cela était une excellente façon d'expier sa faute et de passer du temps en la compagnie d'un être auréolé de la grâce des dieux.
Alors il se tint droit et hocha la tête vigoureusement avant d'offrir une réponse à son interlocutrice, plongeant son regard bleuté dans le sien pour lui prouver qu'il ne dérogerait pas à cette promesse.

« Promis ma Dame»



La main de l’étoile à la chevelure argentée qui se tenait devant lui glissa le long de sa joue, pour la caresser doucement. Elle aurait pu être une larme tant elle semblait suivre l'espace de sa peau mais il n'en était rien. Elle était aussi légère que qu’une plume et aussi douce que le vent. Sans doute n'aurait-il dû avoir à penser cela mais il songea un instant que cette paume d'albâtre qui s'était posée sur sa joue comme la neige sur la terre en hiver, doucement, lentement, était la plus satinée qu'il ait senti. Même celle sa mère ni celle d'Ana de la forge n'avait ce toucher pareil à la soie. Elle lui fit par de sa curiosité quant à sa course effrénée avant de lui demander son nom. Elle est le désignait comme son prix chevalier et bien que cela ait été flatteurs et ait fait rougir l'enfant qu'il était, cela n'était la vérité. Il n'avait rien d'un chevalier, sans doute aurait-il envié leur courage, leur loyauté et leur force mais c'était là des choses qui se cultivaient doucement, pour le moment, à son sens, il en était encore bien dépourvu . c'est pourquoi il ne tarda pas à répondre à la naïade, un rire dans la voix.

« Je ne suis pas un chevalier... Ce n'est pas que je n'aimerai mais je ne pourrai jamais protéger qui que ce soit.»



D'un geste ample des bras il décrivit un mouvement du haut vers le bas, présentant ainsi son frêle corps. Il était certes propre et convenablement habillé bien que le tissus à ses genoux et ses coude aient été un peu plus élimé, sans aucun doute les traces de bon nombres de vagabondages dans les rues de la citadelle et de poursuite après des chats sur les toits. Il eu honte un instant de paraître si peu présentable devant une dame à la beauté céleste et il ne tarda pas à reprendre la parole pour que le regard de son interlocutrice se fixe de nouveau sur son visage.

« On m'appelle la brindille ou l'épi de blé, enfin Odrik et Miriel, du Port m'appellent comme cela. En vérité je me nomme Destan et j'allais au bout de la jetée y trouver le navire des seigneurs Elfes, certains disaient que quelques uns allaient nous rendre visite. Mais je crois que les rumeurs se sont trompées de jour en annonçant votre arrivée… »

Destan était preste, vif pour sa jeunesse et même ses mots sortaient avec bien plus de fluidité que les gens de son âge, peut-être était-ce parce qu'il avait appris à lire avec son père avant ses amis. Dol Amroth était une cité prospère et la majorité de ses habitants savait lire et écrire, sans doute un héritage involontaire de l'érudition et de la sagesse des elfes perpétrée par les Princes de la cité.
Il ne se permit pas de demander l'identité de celle dont il était le débiteur, elle n'était pas obligée de vouloir lui signifier et hésitant, il finit par refermer sa bouche avant de ressembler à un poisson hors de l'eau. Au lieu de s'égarer dans de vaines paroles et des bégaiements incertains il laissa ses pensées s'égarer un instant avant de les rassembler, les lieux qu'il lui ferait visiter se découpant dans son esprit.

Il était encore tôt, le marché serait praticable et les couleurs, les senteurs au milieu des pierres de tailles blanches des édifices n'en seraient que plus visible et plus belles. Il y était déjà passé avant de se précipiter au port dans l'espoir de voir apparaître des voiles blanches dans la marina.  Sans doute après la mènerait-il dans les vieilles échoppes aux oiseaux colorés des Harads. Il sourit pour lui-même et à son interlocutrice puis il invita, comme un adulte ou un page, la dame à le suivre, d'un mouvement du bras et d'une légère révérence. Il était drôle de se comporter ainsi et de singer des bonnes manières qui n'avait pas lieu d'être lorsqu'il était en compagnie de ses parents, mais il était indéniable que sa vis à vis les méritait. Il ignorait la raison de sa présence ici, son rang, mais si tout cela était égale à sa beauté, alors il n’était même pas certain d’être digne de la guider. Elle choisirait peut-être plus tard un adulte capable de lui faire visiter la ville comme on la montrerait aux grandes Dames mais Destan savait qu’il n’y avait rien d’amusant là dedans et assurément elle manquerait bon nombre de choses. Elle ne pourrait s'égarer en sa présence, il connaissait la ville et le moindre de ses recoins, il se chargerait de lui faire visiter les plus bels endroits qui puissent exister dans Dol Amroth et il savait où il la mènerait s'il demeurerait son guide jusqu'au coucher du soleil.


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Ce sera l’heure des loups et des boucliers fracassés lorsque l’age des hommes s’effondrera. Mais ce jour n’est pas arrivé.
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MessageSujet: Re: Et les étoiles se mirent à parler. [ft Luth ♥]   Ven 9 Fév 2018 - 22:18

Destan & Luthien
Et les étoiles se mirent à parler.
Il était apparu, soudainement, défilant dans mon monde complexe avec la rapidité et l’insolence d’une étoile dans mon ciel sans vie. De sa seule présence il avait su raviver les constellations éteintes de mon univers, tournant mon regard vers un horizon d’espoir, loin des ténèbres et de l’éternelle dérivation. Il était comme ces cerfs-volants qui convoitent les nuages et le vent, suspendu au fil de sa jeunesse et se heurtant avec maladresse à toutes les merveilles qui s’offraient à lui en abondance. Ses yeux ne connaissaient ni l’amertume de l’éternité, ni la mélancolie du désespoir. J’espérais que son cœur n’ait jamais saigné la perte d’un être cher même si le périple de la vie, aussi long soit-il, est de nous y confronter tôt ou tard. Pour l’être intemporel que je suis, le temps n’est qu’une variable dérisoire qui n’a jamais su régenter les marées capricieuses de mes tourments, mais pour les humains, pour qui le temps est une denrée rare, il devient le plus sage de tous les conseillers. Il est l’érudit de l’âme et pour peu qu’on sache l’écouter, l’énonciateur de la vérité.

Mes rêveries vagabondes s’étaient enchevêtrées dans les courants d’airs qui le projetaient au loin, le contraignant à regagner bien malgré lui la terre ferme. Je m’en voulais un peu d’avoir été un obstacle à tant de liberté juvénile. Il était lancé, libre et insolent, comme un cheval au galop qu’une vaste prairie verdoyante aurait stimulé au point d’interdire à tous les esprits envieux, ne serait-ce que la moindre pensée, de le soumettre à une autre volonté que la sienne sous peine d’être damné. J’enviais sa légèreté et son insouciance à virevolter tel un oiseau inconscient de tout, généreux de chant et de jeux. Nous avions si peu échangés, je le connaissais à peine et déjà il avait su me bouleverser par cette étrange aura salvatrice qui émanait de lui. Son regard, je le sais, a changé mon destin. Il a regardé en moi comme personne auparavant avec cette admiration qui a ébranlé mon cœur. Etait-il seulement conscient du pouvoir qu’il avait exercé sur moi ? Non sans doute pas…Je le laissais aller librement à sa contemplation non sans être flattée, plus qu’à mon habitude. J’étais habituée à ce que tel un aimant, les regards convergent vers moi mais pour la première fois, l’un d’eux me touchait plus qu’à l’accoutumer.

Comme je le soupçonnais, le sens de mes paroles le laissa perplexe sans qu’il ait pu les comprendre réellement. Le contraire m’aurait étonné. Ce n’était pas grave, son esprit aurait le temps de mûrir et de se pencher alors dessus. En attendant, je me félicitais que nos chemins se soient rencontrés à la croisée d’une destinée tout autre que je m’apprêtais à choisir. J’étais heureuse de m’être ainsi égarée pour mieux me greffer au fil de son petit cerf-volant qui volait en toute quiétude. J’avais des années d’existences, mais c’était à son inexpérience que je me raccrochais. Il avait si peu vu, si peu vécu et c’est sans doute ce dont j’avais besoin, d’une âme neuve et pure pour laver la mienne. Son horizon était tellement plus accueillent, tel les premiers rayons chatoyant du soleil après un rude hiver. Son sourire d’été me réchauffait le cœur et depuis bien longtemps, je me sentais enfin vivre. La vérité et la sincérité de ses paroles me touchèrent profondément car quand bien même il s’agissait d’un petit jeu, je lisais en lui une loyauté sans faille qu’il me destinait sans que je n’aie eu à le mériter. Je n’aurai su dire ce que j’avais éveillé en lui mais je savais tout son être à ma merci…et ça me faisait peur. A trop espérer d’une personne, on finit par goûter à la saveur amer de la déception…je ne l’avais que trop vécu moi-même pour le lui faire vivre. Puisse t-il m’oublier un jour comme un rêve qui nous échappe au fil du temps qui passe.

« Je ne suis pas un chevalier... Ce n'est pas que je n'aimerai mais je ne pourrai jamais protéger qui que ce soit.»

Pour habiller ses paroles, il accompagna ses mots par des gestes en se décrivant des pieds à la tête. Ainsi mettait-il en évidence sa petite taille due à son jeune âge. Mais il faisait fausse route. Je le voyais, je l’observais et je ne voyais que noblesse d’âme et loyauté. Derrière ses traits enfantins se cachait un jeune homme aux qualités multiples et au courage certain. Il était de ces arbres qui ne plient jamais sous les vicissitudes du vent mais qui toujours luttent avec force et honneur. Étrangement, je me sentais en sécurité avec lui à mes côtés, je me sentais invincible, loin de toute forme de noirceur, illuminée par sa présence étincelante. Il était de ces chandelles qui dansent dans le vent et qui jamais ne se fatiguent, animée d'un passion incandescente sans faille.

- Le courage ne se mesure pas par la taille ni ne se porte sur soit. La plus grande force est celle qui sommeil ici.

Ma main se posa sur son petit poitrail, à l’endroit même du cœur. Je sentis de vives pulsions sous mes doigts. Il y a avait dans ce petit organe plus d’héroïsme qu’en n’aurait jamais aucun géant. Mon sourire l’enveloppa de tendresse, lui et ses guenilles poussiéreuses et son petit nez souillé. Peu m’importait son allure, il avait l’âge des vagabondages pieds nus sur les pavés, du plaisir contradictoire de se salir, des petites bêtises qui font les plus grands moments d’euphories et tellement d’autre richesses simples que les années vous font oublier au profit de convoitises plus pernicieuses. Puisse l’orgueil ne jamais en faire sa victime en changeant ses désirs.

- Laisse lui seulement le temps de s’épanouir.

Il me conta les origines des sobriquets dont on l’avait affublé volontairement ou malgré lui. A ma grande surprise, ils étaient plutôt doux à l’oreille et bien moins humiliant que pouvaient l’être certains surnoms insultants. Loin de faire tourner le jeune homme en dérision, ils le définissaient à sa juste valeur et mettaient en avant certaines de ces caractéristiques physiques et notamment sa chevelure d’ambre. En y réfléchissant bien, la comparaison lui correspondait à merveille. Il me rappelait ces vastes champs de blé en bord de route qui volaient au soleil ses rayons pour mieux se parer de leurs dorures. Les épis dansaient au rythme du vent qui glissait alors sur eux formant de magnifiques rouleaux qui donnaient au paysage une allure mouvante. C’était un spectacle qui en appelait à tous les éléments, heureux de contribuer à l’épanouissement de ces richesses naturelles. Mais si la brindille peut se courber sous les affronts du vent, il en était tout autrement de lui. La vigueur dans son regard laissait témoigner un grand avenir et c’est tout ce que je pouvais lui souhaiter : gloire et épanouissement.

- Destan…Je ne l’oublierai jamais, je te le promets. Quant à moi je…

- Dame Luthien !

Je me retournais vers l’origine de cette interruption pour y découvrir l’un de mes chambellans qui venait d’avorter ma présentation. Je me redressais de manière à lui faire fasse, pressée de connaître la raison de ce dérangement impromptu.

- Pardonnez-moi mais ne devriez-vous pas répéter le spectacle de ce soir ?

- Je vous remercie de vous en inquiétez mais c’est inutile, je me suis préparée des siècles entiers pour cet événement, je peux donc m’accorder un instant de répit. Vous devriez en faire de même, Veliath. Profitez de l’honneur de séjourner dans cette cité, l’histoire des nôtres y est imprégnée.

- Bien Madame, pardonnez-moi.

Elle se retira en une élégante révérence avant de mettre à profit mes conseils, ce qui me fit sourire. Veliath était jeune et sa présence parmi les musiciens désignés était exceptionnelle, ce qui semblait lui échapper. 462 ans est un âge bien trop fugace pour se montrer à ce point formel, en prendre conscience et vivre ses jeunes années était une étape à passer pour avancer vers la sagesse. On ne pouvait apprendre sans les erreurs de parcours, surtout pour un elfe. Puisque j’en avais finis avec ma servante, je revins m’intéresser à mon jeune chevalier à qui l’on venait de vendre mon identité.

- Il semblerait que l’on m’ait démasqué. Lui avouai-je en souriant. Ma mère m’a offert ce nom en mémoire à l’elfe Luthien Tinuviel dont l’histoire l’a toujours beaucoup ému. Un jour je te la raconterai si tu le désires et si tu souhaites me revoir.

Puis il mentionna l’arrivée imminente de bateaux transportant à son bord mes semblables. L’aube s’enflammait à peine et il n’y avait aucun remous à la surface de l’eau qui annonçait l’arrivée au port de navires. Chaque décennie cette cité accueillait en son sein les plus nobles et respectables des elfes de la Terre du Milieu, dont Cirdan, l’illustre charpentier des havres gris.

- Il doit s’agir de seigneurs du Mithlond venus assister à la représentation de ce soir puisque je suis arrivée du royaume Sylvestre à cheval. C’est donc cela qui te guidait à vive allure ; ton admiration pour les miens ? Il fut un temps où la présence des elfes dans cette cité n’était en rien exceptionnelle...

Tout en parlant, j’adressais au paysage fantassin de la cité un regard bien nostalgique imaginant ce que fut la vie des miens il y a de cela plusieurs années. L’attention charmante que me portait mon jeune accompagnateur m’arracha un tendre sourire qui me poussa à jouer dans son jeu. Relevant dignement le menton, j’entamais ce qui allait être ma première excursion guidée dans la ville aux secrets foisonnants. Chaque ruelle, chaque pierre ou pavé qui la constituait dissimulait une part d’histoire qui ne demandait qu’à être élucidé. Je me prêtais au jeu de cette fouille archéologique en compagnie de Destan qui jouait admirablement bien son rôle de cicérone. On l’aurait cru sur une scène que sa seule présence occupait, flattant son public par des gestes et des paroles enrobées de sucre, volées à des individus burlesques qui l’auraient inspiré. Sa parodie était excellente et ne manquait pas de me distraire quelques fois. Je n’aurais jamais pu trouver meilleure guide que ce petit bout d’homme qui, dans sa maladresse, avait su sauver plus d’une âme en perdition. Je lui en serais à jamais reconnaissante. Nous longeâmes la promenade d’Inzilbel tout en apprenant à nous connaître mutuellement quand le jeune homme voulait bien abandonner son personnage haut en couleur de guide pour me confesser ses rêves les plus fous. De mon côté, je soulevais des abysses les mystères engloutis de Beleriand pour lui conter la triste histoire de mes ancêtres. En me rappelant moi-même à mes souvenirs, je lui ouvrais les portes de mon enfance en veillant bien à lui épargner les passages les plus tristes.

Les premiers commerçants offrirent à la ville son premier souffle de vie en habillant les rues et les trottoirs de devantures qui exposaient leurs marchandises. Les plus hardis ne tardèrent pas à psalmodier à tue-tête leurs meilleures offres et derniers arrivages, ne lésinant guère sur la qualité qu’ils prétendaient incomparables. Je me contentais de jouer les curieuses et les intéressées, au moins pour admirer leur travail. Des enfants jouaient avec des chiens crapuleux qui épuisaient leurs petits maîtres à les faire inexorablement courir. La vie ici était simple et pleine de rire et de bonne humeur. Je les enviais tellement. Il faisait bon vivre ici et je compris alors pourquoi Destan paraissait si épanouit ici et qu’il pouvait rire librement à s’en rompre les poumons. Nos pas nous entraînèrent jusque sur la place centrale où je vis alors se dresser au milieu d'une plate-forme dallée un bassin de pierre remarquable ornait de bas-reliefs agrémentées de figures et de motifs, surplombé d’un palier qui soutenait une espèce de colonne d’où jaillissait une eau clair et translucide. Mon regard s’éternisa sur cette nappe d’eau qui constituait à elle seule toute la beauté des effets que j’admirais en cet instant. En retombant, le dôme aquatique qui dégringolait en cascade formait comme un rideau de pluie dans lequel venait se rafraîchir les seules créatures dignes de cette fontaine : les cygnes. Mon cœur resta suspendu, comme une note musicale qui perdure dans le temps, face à tant de beauté. Des drapeaux portant le blason de la cité étaient dressés tout autour et volaient avec fierté, bercés par la brise matinale. Des bancs, en prolongation du bassin, invitaientt à se reposer. Je me sentis vite appeler par l’un d’eux, désireuse de profiter de cette atmosphère paisible. J’inspirais alors profondément une grande bouffée d’air, les yeux clos, offrant au vent le loisir de parcourir les traits de mon visage intemporel.

- Tu as une cité magnifique Destan. Ne la quitte pour rien au monde ou alors seulement pour une raison qui vaille un tel sacrifice. Quand on quitte sa terre natale, c’est un bout de notre âme que l’on abandonne derrière soit…


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LONELY CAPTAIN ♦ HUMAIN
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— RACE DU PERSO : Destan est un Homme, un simple Gondorien sans particularité aucune si ce n'est la fierté qu'il conserve, indéfectible, pour sa patrie.
— ORIGINAIRE DE : Il est originaire de Dol Amroth, ancienne cité elfique et port fortifié sous la gouvernance de Princes Dunédains et l'Intendance du Gondor.
— ÂGE DU PERSO : Il y a quarante-trois années que Destan foule la Terre du Milieu et il les supporte plutôt bien.
— RANG SOCIAL : Assez pauvre comparé à ce qu'il aurait pu être au vue du grade qui était le sien auparavant.
— MÉTIER PRATIQUÉ : Il a été Capitaine des Garde de la Porte Noire avant que les orcs ne les mettent en déroute. Désormais, il offre ses services aux caravaniers qu'il escorte durant leur voyage.
— ARMES DU PERSO : Destan possède une épée dont il prend grand soin et qu'il chérit, Ascalon.
— ALLÉGEANCE〣GROUPE : L'allégeance de Destan va à Turgon ainsi qu' Angelimir, Prince de Dol Amroth.
— VOYAGE AVEC : Il voyage seul pour le moment, il a accompagné lors de son voyage de retour la dernière caravane qui était partie de la baie de Belfalas, désormais, avec la menace des Pirates, il est contraint à voyager en solitaire pour se trouver de nouvelles tâches.
— AMOUREUSEMENT : Il a cessé de croire que le Grand Amour était pour le commun des mortels mais réservé à certains privilégiés.

MessageSujet: Re: Et les étoiles se mirent à parler. [ft Luth ♥]   Sam 17 Fév 2018 - 11:05


Et les étoiles se mirent à parler.
Elles murmurèrent à l'oreille de ceux qui savent écouter..


Il volait, donnait de puissants coups d'ailes à chacun de ses pas. Ces extensions faîtes de plumes, de muscles, de nerfs n'étaient qu'imaginaire, mais il volait, le vent secouait sa toison blonde et il filait, se jouant du vent venu de la mer pour mieux s'y présenter. Il filait, diriger par des rêves et des envies d'enfant qui avait encore le droit de rêver. Son regard avait la couleur de ce ciel qu'il rêvait d'embrasser ou de cette mer qu'il aurait souhaité survoler. Mais rien de tout cela ne se produirait, c'est pourquoi il confiait ses songes à l'imagination débordante et fertile de sa jeunesse, ce qu'il ne pouvait faire, son esprit le ferait pour lui, avec peut-être bien moins d'éclats que si tout ceci avait été réel mais le champ de possibles qui s'ouvrait devant lui et les ailes immenses qu'il déployait aidait presque à lui faire oublier ce constat amer que jamais il ne volerait.  
Son cœur battait au même rythme que ses pas sur les pavés et en heurtant l'étoile nacrée qui se dressait, silencieuse et belle sur son chemin, ce dernier s'était arrêté. Il s'était figé avant de s'excuser, se présentant ensuite.

Elle l'avait nommé chevalier, il avait démentis. IL n'était rien de tout cela, il n'était qu'un maigre épi de blé incapable de protéger quiconque, sa maladresse et son empressement le faisait d'ailleurs bien trop souvent heurter, bousculer des gens. Évidemment, il ne risquait que peu de les faire trébucher de par sa petite taille et son allure chétive encore enfantine, mais il doutait qu'un jour il puisse être de la même trempe que son paternel. Aslan était fier, fort comme dix ours et aussi brave qu'un Homme ait pu l'être, Destan en était persuadé. Mais le petit garçon qu'il était n'avait rien de semblable à son père.

La Dame étoilée avait posé sa douce main sur son poitrail, à l'endroit exact où battait le cœur de Destan. Les pulsions s'accélèrent doucement alors qu'elle lui souriait tendrement et qu'il lui rendait ce sourire. Bien qu'il lui ait annoncé manquer de bravoure, l'Elfe ne semblait pas le croire. Elle lui laissa entendre que ce courage qui lui faisait défaut prendrait un peu de temps avant de le combler, mais qu'il s'épanouirait en lui, il se devait simplement d'être patient. Alors il pria silencieusement, pour qu'elle ait raison. Pour que ce courage qui lui manquait parfois éclose en lui comme les fleurs à la fin de l'Hiver. Il priait pour qu'un jour arrive où elle ne se serait pas mépris et qu'il puisse lui prouver qu'elle avait eût raison, qu'il était devenu courageux et que cette bravoure était l'une de ses plus grandes forces. Oui, il l'espérait avec chaleur et ferveur, gardant ce vœux muets pour lui, il espérait qu'un jour tout ces vœux qu'il réalisait depuis qu'il était en âge de les faire se réalise, un à un.
Il lui apprit ensuite quelques-uns des surnoms dont on l'affublait parfois, il avait de la chance d'avoir des amis respectueux et sympathiques, qui ne le dénigraient en rien. Cependant, les surnoms qu'il possédait le caractérisaient bel et bien. Ses cheveux qui s'ébouriffaient doucement, soulevé par la brise légère venue de la mer faisait songer à ces champs qui entouraient la citadelle. Elle lui déclara alors qu'elle se souviendrait de son prénom longtemps.
Alors il apprit son nom, tandis qu'elle se faisait héler par une dame, une elfe elle aussi. L'Argentée se retourna vers celle qui venait de les interrompre. Il préféra garder le silence tandis qu'elles échangeaient. Sa précédente interlocutrice s'était d'ailleurs relever pour être à la hauteur de sa vis à vis, la congédiant quelques instants plus tard en lui révélant qu'elle n'avait  nul besoin de plus de préparation pour l’événement, du spectacle à venir. Destan n'était pas certain de savoir de quoi elles parlaient mais il demanderait sans aucun doute à ses parents d'y assister. Il sourit de nouveau à l'elfe à la chevelure étoile après avoir salué celle qui venait de les quitter.

Elle lui mentionna l'origine de son nom. Il ignorait qui était cette elfe dont elle avait hérité son nom mais il songea en cet instant qu'il sonnait avec douceur à ses oreilles. Il hocha vigoureusement la tête, pour affirmer les derniers propos de la Dame. Il était toujours ravi d'entendre de nouvelles histoires et la revoir serait sans aucun doute un plaisir immense. Il ne laissa cependant pas le silence s'installer plus avant, il énonça sans plus de détours la raison de sa présence sur la jetée, mentionnant l'arrivée de navire audacieux. Il ignorait encore la raison de la venue de seigneurs elfiques, après tout, il n'avait que dix ans. L'Etoilée lui révéla alors que ceux qui viendraient par la mer seraient originaires des Havres Gris, au moins Destan connaissait-il une partie de sa géographie Elle le questionna ensuite, lui demandant si c'était son admiration pour les siens qui était la raison principale de sa raison ici. Il ne put retenir un rougissement qui vit lui colorer les joues. En effet, il n'avait jamais vu d'Elfes et c'était bel et bien sa curiosité qui l'avait mené jusqu'ici. Elle mentionna également e fait qu'elle venait du royaume Sylvestre loin en Rhovanion, là, où il n'était en vérité jamais allé.  Il la regarda, écarquillant deux orbes bleutés.

«Cela doit faire beaucoup d'heure de chevauchée et beaucoup de dangers ! »


Venir à cheval d'aussi loin ne devait pas être de tout repos et cela n'avait  rien de reposant, bien que le Gondor ait protégé, contenu avec bravoure et réussite les orcs et autres créatures en Mordor, il n'était pas impossible de faire de mauvaises rencontres. Même chez les Hommes, il existait des brigands et des détrousseurs de grands chemins qui n'avaient rien à envier aux plus vilaines bêtes qui parcourait la Terre du Milieu.

« Peut-être que ceux qui ont construit notre cité vivent encore à travers elle et ainsi que les elfes n'ont jamais vraiment quittés Dol Amroth… »

Elle avait déploré quelques temps plus tôt le caractère exceptionnel que revêtait la présence des gens de sa race, Destan avait toujours cru que les colonnes, les tours, les feuillures et les sculptures avaient été construits par les elfes, avec seulement l'aide de leur puissante magie et de leurs chants.
Il avait vu son regard se voiler, de la même manière que celui de sa mère se paraît d'une chape aussi grise que les nuages de mauvais temps. Il savait ce que cela signifiait, il était bien trop jeune pour éprouver ce que les adulte aurait qualifié de nostalgie, de mélancolie, mais à cet instant, il crut comprendre, en embrassant ainsi ces murs, ces pierres, cette vie qui l'entourait, ce qu'il pourrait éprouver s'il l'a quittait. Il crut comprendre, dans un fugace instant, comme une étincelle d'avenir, ce que tout ceci pouvait représenter. Mais ce sentiment qui disparut bien vite alors qu'il reprenait son rôle de guide, de page, de serviteur zélé, dans le but de faire disparaître cette grisaille du ciel azur qui coloraient les yeux de l'Opaline Dame.

Il s’essayât en compagnie de l'Immortelle au rôle de guide, de conteur, lui dévoilant les secrets de ces rues qu'ils traversaient, essayant de contenter sa curiosité avec justesse.
Il marchait doucement, pour qu'elle puisse profiter de Dol Amroth, empruntant sans le laisser paraître de nombreux détours qui allongèrent leur périple, la faisant découvrir la citadelle comme si elle avait pu s'y perdre sans que cela puisse être réellement le cas. Ils longèrent la longue promenade aux reflets nacrés qui ceinturaient la ville.  Ils parlaient, comme s'ils avaient été des amis de longues dates, il lui racontait ses rêves d'envol et ses souhaits naïfs d'enfants, il essayait de contrer par des histoires rocambolesques rapportés par ses amis du port la tristesse terrible soulevée par l'Histoire de Dame Luthien sur les siens et son enfance bien qu'elle pris grand soin de lui éviter les moments les plus désastreux, il comprenait ce que pouvait signifier le mot « mélancolie »
Durant ces instants où elle lui donnait l'impression d'avoir connu l'origine du monde, il regretta pour elle cette immortalité qui lui avait été offerte. Il n'aurait souhaité pour rien au monde voir ceux qu'il aimait, ses parents en premiers et ses amis dépérir et disparaître alors que lui vivait encore et parcourait le monde qui devait lui paraître bien plus fade à chaque instant. Il était heureux de pouvoir découvrir des choses nouvelles et de ne pouvoir s'en lasser, il savait qu'un jour il disparaîtrait, à la manière du vieux Tom qui lui donnait parfois des pommes et qui s'était endormis pour ne plus se réveiller,  mais au moins, il souhaitait ardemment cela, le monde ne se serait pas fanée, il aurait conservé ce même éclat et il ne s'en serait pas lassé au point de songer à un passé depuis longtemps révolu ou à des contrées oniriques qu'il n'atteindrait jamais. Oui, il était heureux de n'être qu'un simple mortel mais songer également qu'un jour adviendrait où cette nouvelle amie, car il la considérait ainsi, le verrait, vieux et las couvert des taches brunes de la vieillesse, les cheveux blanchit par le temps alors qu'elle demeurait jeune et belle, il serait bien triste de ne pouvoir parcourir plus longtemps le chemin de la vie avec elel. Evidemment, tout ceci était hypothétique, sans doute l'aurait-elle ooublié d'ici quelques temps uen fois la fête terminée, il ne serait qu'un enfant parmi les autres et bien que lui était certains de ne jamais pouvoir effacé de son esprit son visage, la douceur de ses mains et les reflets de ses cheveux, il savait qu'il n'en serait pas ainsi pour elle. Après tout, il changerait, si elle devait conserver des images de lui, ce serait celles d'un enfant, alors que si jamais leur chemins se croisaient de nouveaux, il serait sans doute bien plus âgé.  Il oscillait ainsi, entre ces instants de confessions, cette amitié naissante entre eux et ces moments où il revêtait de nouveau son rôle de guide.
Les échoppes levaient leur auvent une à une, les badauds arrivaient, de plus en plus nombreux, pour les artères de la cités, flânant avec allégresse, discutant de leurs achats futurs et du temps clément qui s'étirait autour d'eux. On entendit les premiers marchands vanter, à grand renfort d'appels et de déclarations, les qualités de leurs produits. Dame Luthien ne manqua pas d'aller vérifier si les dires des vendeurs étaient véridiques, admirant sans doute la beauté de certains des ouvrages. Des enfants qu'il connaissait jouaient avec les chiens, il ne manqua pas de les saluer avec joie avant de regagner les côtés de celle qu'il guidait. Ils finirent par atteindre ainsi la grande place de la cité, chaque voyageurs vantait la beauté de cet endroit et bien que le jeune enfant blond ait parcouru l'endroit un nombre de fois qu'il lui était désormais impossible de compter, il était toujours autant émerveillé, touché, par la grâce de l'immense fontaine qui rafraîchissait l'air et les cœurs. Parfois, avec ses amis du port, il s'amusait à embêter les cygnes, mais ils se faisaient vitre réprimander, les oiseaux étaient l'emblème de Dol Amroth, sacrés dans leur blancheur immaculée.

Elle lui dit combien elle trouvait sa citadelle magnifique, elle l'enjoignit à ne jamais là quitter ou seulement pour un sacrifice qui en vaudrait la peine. L'Astre argentée lui conta quelle déchirure cela était de quitter la patrie qui nous avait donné naissance, cet abandon d'une partie de soit qui nous manquerait à tout jamais, nous laissant incomplet et triste. Il craignit un instant que ce fût le cas pour lui, mais il était encore bien jeune, sans doute son cœur ne pleurerait-il pas de cette façon son départ de Dol Amroth. Un sourire hésitant se peignit sur son visage avant qu'il ne lui réponde.

« Je vais devoir lui dire au revoir pour quelques temps… Mais je sais que je reviendrai»

Il l'affirmait, comme si cela avait été un fait, inébranlable, certain. Il était aussi sûr de lui qu'il savait que l'on ne trouvait pas d'oiseaux loin des terres, comme il connaissait la course du soleil. Il savait cela comme un fait évident, qui aurait appartenu à la nature même du monde.
Malheureusement, heureusement ? Il ignorait quel terme employer. Elle avait espéré qu'il quitte Dol Amroth seulement pour une raison en valant la peine, la santé de sa mère et sa joie étaient sans doute bien suffisantes pour abandonner les murs de pierres blanches.

« Et lorsque je reviendrai, elle n'aura pas changée… Les gens disent qu'elle demeura toujours ainsi, belle, éclatante, alors je les crois. »

La cité était si blanche, si belle, comme un joyau à peine sortie de son écrin, elle était éternelle, elle était parfois seule, s'élevant ainsi isolé au milieu des ombres, mais elle ne cessait jamais de briller et jamais ceux qui l'avait contemplée ne pourrait l'oublier. Exactement comme l'étoile aux cheveux d'Argent sur laquelle il venait de se retourner, pour l'inviter à s'asseoir sur l'un des bancs qui avaient attiré son attention. Il disparut comme s'il ne s'était trouvé en sa compagnie pour mieux revenir, quelques secondes plus tard, ayant trouvé au fond de sa poche  quelques piécettes, avec deux petites brioches perlées de sucres et des fruits juteux, ramenés sans doute des vergers du Lossarnach. Il les partagea avec la Dame, non s'en avoir oublié de se laver les mains et le visage dans une jarre pleine d'eau prévue à cet effet, pour éviter que des malotrus viennent faire leur ablutions dans la fontaine, non loin avant de lui offrir les friandises qu'il lui présentait.
Il s'était également épousseté et semblait bien plus propre ainsi. Courir après les mouettes n’avait jamais été une occupation des moins salissantes. Il s'empressa de manger les deux mets qu'il venait d'aller quérir, le jus du fruit dans lequel il venait de croquer à pleine dent lui coulant sur le menton, larme sucrée qu'il essuya du dos de sa main. Il souriait à la Dame qui se tenait à ses côtés, espérant que tout ceci lui convienne et qu'elle passait un agréable moment en sa compagnie. Bientôt, le soleil darderait ses rayons ardents sur eux et avant même la fin de la matinée, il se mettrait à faire bien chaud sur cette grande place, en dépit du vent et de l'immense fontaine, il était temps qu'ils regagnent des venelles plus sombres et fraîches.

« Je tiens à vous montrer une échoppe que vous trouverez sans doute à votre goût »


Et c'est ainsi qu'il l'entraîna, souriant, sautillant légèrement, vers la devanture de l'une des seules librairies de la citadelle. Ici, nombreux étaient ceux dotés du don de la lecture et ceux dont les bourses le permettait pouvait s'offrir des ouvrages intéressants. Certes, cela n'avait rien à voir avec l'immense bibliothèque des Princes qu'il escomptait bien lui présenter dans le courant de l'après-midi, mais ce magasin tenu par un vieil archiviste permettait de s'offrir quelques cartes où manuels de survie.




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MessageSujet: Re: Et les étoiles se mirent à parler. [ft Luth ♥]   Sam 17 Fév 2018 - 11:41

Destan & Luthien
Et les étoiles se mirent à parler.
Je commençais vraiment à l’aimer ce petit bourgeon doré qui s’épanouissait chaque jour sous la caresse réconfortante et nourrissante du soleil. La lumière immaculée que son petit être généré balayait les ténèbres en mon cœur depuis trop longtemps installées, brisant pierre après pierre chaque édifice de cette forteresse cauchemardesque qui s’y était dressée. A ses côtés, la mélancolie ne chantait plus à mes oreilles et je sentais mes longues années d’existences s’alléger emportant dans leur ascension l’origine de mes tourments et de mes peines. Je les voyais s’éloigner dans les courants du vent, un peu plus loin à chaque instant, dans cet horizon inconnu, sans regret et enfin en paix. Illuvatar eut-il entendu ma complainte agonisante en m’envoyant un ange depuis son royaume céleste pour soulager mon âme ? C’est ainsi qu’il m’apparaissait, salvateur et bienfaiteur, et moi si petite et insignifiante devant la grandeur protectrice de ses ailes opalines sous lesquelles je fortifiais mon repaire en toute quiétude. Une petite oasis au cœur d’un désert aride où je me ressourçais et me reposait sereinement. Proche du soleil sans craindre ses rayons brûlants, enlacée dans un berceau de lumière où naissaient mes jours nouveaux. Les nuages se tenaient toujours à distance, aucun orage ne pointait dans le panorama de notre ciel épuré. Je ne reconnaissais ni le sentiment de crainte ni celui de la peine puisque dans ce monde, aucun des deux n’y avait sa place. C’est troublant la facilité avec laquelle il a su ouvrir mes yeux aux couleurs du monde que je n’entrevoyais alors qu’en noir et blanc, terni et vieilli comme le fusain sur un parchemin blanc. Il s’était manifesté, comme une grâce divine, m’enveloppant de sa pureté pour m’extirper du gouffre dans lequel je m’apprêtais à y sceller mon destin. Comment lui témoigner ma gratitude ? Lui qui, l’espace d’une seconde, a fait vaciller et renverser le calice de larmes que mes années immortelles ont abreuvé ? Thranduil lui-même n’avait su m’offrir pareille émotion, si ce n’est d’enflammer mon cœur pour le soumettre à une agonie éternelle.

« Pourquoi ai-je le cœur si plein de toi ? Pourquoi remplis-tu l’espace que même Iluvatar ne comble pas ? »

Pensais-je à demi-mot pendant que mon regard grandissait et s’élevait à mesure que je le laissais prendre ses marques dans mon existence. Il n’imaginait pas alors qu’il eut suffit qu’il respire pour que je me raccroche à son souffle et y reprenne vie. Nous venions à peine de nous rencontrer, nous abordions les mots timidement et pourtant j’avais l’étrange sentiment que nous nous connaissions depuis les origines de l’univers. J’aurais tellement aimé redevenir la petite fille d’autrefois et partager nos jeux ensemble en grandissant dans l’union de nos rires juvéniles. Quelle vie j’aurais eu à te connaître plus de deux millénaires auparavant…Plus réjouissante, sans aucun doute car tu aurais contribué à la rendre particulièrement radieuse. Tes sourires auraient colmaté les brèches dans mon âme et je me serais précipitée de mon plein gré dans le lagon cobalt de tes yeux dans le seul espoir de m’y noyer. Descendre lentement et sentir enfin mon corps se reposer, attiré par la lueur des profondeurs tandis qu’à la surface limpide de ton regard, les vagues se retirent. Oh ! Je t’en prie ne me sauve pas et coule avec moi.

« Cela doit faire beaucoup d'heure de chevauchée et beaucoup de dangers ! »

- Exactement et c’est la raison pour laquelle nous voyageons toujours en groupe et que nous veillons les uns sur les autres.

En effet, les traversées pouvaient paraître interminable et éreintante pour un regard humain mais pour moi, qui voyageais beaucoup, il s’agissait presque d’une routine. Les grandes distances ne m’effrayaient pas, autant par la fatigue qu’elles généraient que par le danger qu’elles représentaient. J’étais une artiste reconnue, certes, mais aussi une excellente archère, formée aux arts du combat par le plus talentueux des elfes : Legolas. J’aspirais en secret à rejoindre les rangs de Thranduil mais il me restait encore bien du chemin à parcourir avant d’atteindre le sommet de la gloire. Alors non, les longs voyages ne m’ennuyaient pas, ils étaient instructifs et dans mes pensées que je n’autorisais qu’à moi, il m’arrivait d’espérer honteusement que des orcs ou des brigands nous tendent une embuscade en m’offrant l’opportunité de prouver ma valeur et de me démarquer autrement que par ma musique. Ce n’était pas une volonté très sage et respectueuse et loin de moi le désir d’offenser les trépassés mais je voulais montrer mes capacités et prouver à mon tour que j’étais capable de défendre le royaume comme il l’avait fait pour moi il y a longtemps.

« Peut-être que ceux qui ont construit notre cité vivent encore à travers elle et ainsi que les elfes n'ont jamais vraiment quittés Dol Amroth… »

De tous les petits garçons qu’il m’a été donné de rencontrer, Destan était le plus intriguant car au-delà de son éblouissement d’enfant, il portait sur le monde un regard noble et réfléchi. Ses capacités sensorielles ne lui permettaient pas de ressentir les vibrations de ce monde comme en était capable un elfe mais son cœur était assez ouvert pour suggérer qu’il avait, comme tout à chacun, une identité propre et une sensibilité délicate. Mon regard survola la cité en considérant avec respect les exploits et sacrifices menés pour que ce port existe et que son héritage historique perdure à travers les âges.

- Ce que nous accomplissons dans notre vie résonne pour l’éternité.

Nous échangeâmes un regard qui se passait de mots pour exprimer ce que nous ressentions tout deux en cet instant. Un regard qui se prolongea sur un sourire plein de douceur avant qu’un vent nouveau ne souffle tout bas à nos ailes de voler en plein cœur de la ville. Je l’écoutais, comme l’on écoute le chant de l’eau, cristallin et je me surpris à être totalement inspirée par les récits qu’il me contait pareil à mes jeunes années où je demeurais accrochée aux lèvres de ma mère lorsqu’elle me narrait les légendes qui peuplaient la terre du milieu. Mes pas épousaient les siens en toute confiance, entièrement dévouée à le suivre et à arpenter ces rues qui l’avaient vu grandir. Les jeunes rayons solaires grattaient au bois des volets, désireux de venir diffuser leur chaleur dans les résidences que la nuit avait glacées. Ils dessinaient sur la fine chevelure dorée de mon petit compagnon comme une couronne de lumière qui m’éclairait sur ce qui fut. Je me sentis alors transporter vers le passé à mesure que je me fondais dans la citadelle et que mes yeux constataient les vestiges historiques narrés par mon guide. Tout autour de nous la ville s’animait doucement dans le quotidien d’une journée banale devant mes yeux éblouis. Les passants arrêtaient leurs regards insistant sur notre duo insolite attirant les curiosités. Sans doute ne devaient-ils pas s’attendre à rencontrer une dame de ma qualité, une elfe de surcroît, déambuler en compagnie d’un petit garçon de classe moyenne dans les quartiers les moins réputés. A vrai dire, dans la simplicité de son quotidien sans artifice, je me sentais entière, authentique et débarrassée du poids de mes responsabilités. Je ne voulais plus paraître, seulement être. Auprès de Destan, je n’étais que Luthien, cette elfe d’autrefois qui rêvait d’aventures avant de comprendre le prix et les sacrifices qu’elles exigeaient et de sensation forte avant qu’elles ne me ravagent et ne me laissent qu’un trou béant dans la poitrine.

« Je vais devoir lui dire au revoir pour quelques temps… Mais je sais que je reviendrai »

La franchise de ses paroles annonçait clairement qu’il ne s’agissait point là d’une éventualité mais d’un futur inévitable et catégorique. Il semblait s’y être préparé depuis longtemps, affrontant la destinée qu’il s’était fixé comme un homme responsable. Quelque part dans ma poitrine, le sentiment que mon cœur se serrait me poussa à chercher le réconfort dans les petites mains de mon compagnon. La chaleur en leur centre témoignait de tout l’amour qu’il avait à offrir. Si petites et pourtant capable de grandes choses. Je ne voulais pas voir se creuser sur son visage inoffensif les traits froids d’un homme arrivé trop tôt sans qu’il n’ait eu le temps de profiter du printemps de sa vie. Il avait tant à vivre avant de revêtir le costume aigri et sérieux de l’homme désabusé pour qui les rêves ne sont rien de plus que les fantaisies d’un esprit trop créatif et peu réaliste. Alors qu’en vérité la passion et les rêves sont comme le temps ; rien ne peut les arrêter. Un peu comme l’eau, capable de creuser son chemin même à travers la roche et qui ne craint aucune entrave puisqu’elle finit toujours pas trouver un moyen de rejoindre le fleuve. Bien entendu, j’étais consciente que pour chaque homme il y a un moment où il doit chercher ce qui lui est nécessaire par-dessus tout même si le prix en est très cher mais…ce n’était encore qu’un enfant.

« Et lorsque je reviendrai, elle n'aura pas changée… Les gens disent qu'elle demeura toujours ainsi, belle, éclatante, alors je les crois. »

J’aurai aimé pouvoir le lui confirmer et envisager la même prophétie que ces gens. J’aurai aimé pouvoir lui promettre que même si le monde s’écroulait, sa cité scintillerait toujours, là, fièrement dressée sur sa colline, surplombant les ténèbres avec une grâce et une puissance indéfinissable. Que malgré tous les caprices du temps, jamais elle ne fléchirait. J’aurais aimé lui sourire de tout mon cœur, convaincue de cet avenir entretenu par l’amour des gens qui y vivent et par l’espoir qui les habite. Moi aussi je voulais croire que l’eau de cette fontaine continuerait à séduire les cygnes pour que nous puissions à jamais nous émerveiller de leur présence. Mais ma propre expérience me renvoyait toujours à mon sinistre passé et je commençais à penser que moi aussi, j’avais sombré en même temps que mon continent…Que moi aussi j’étais morte, ce jour là, sur le champ de bataille contre le roi sorcier Angmar, aux côtés de mon père…Que Legolas n’était jamais venu me secourir et que j’avais été ingérée par les rejetons d’Ungoliant… En somme, que je n’étais qu’un spectre qui brillait dans la lumière du jour…Mais sa chaleur…son regard, par Iluvatar son regard ! Il m’avait attrapé dans son filet comme l’on capture un papillon essoufflé de voler contre le vent. Mes ailes me faisaient toujours souffrir mais c’était à lui que je devais ma survie. Je le lui avais confié mes ailes quand elles avaient oublié comment voler.

Alors que disparu mon jeune guide comme le soleil happé par un nuage de passage, je me laissa charmer par les rondes séduisantes des cygnes qui, dans un narcissisme propre à leur noblesse, flirtaient avec leur reflet. Si l’on m’en avait donné les moyens, j’aurais arrêté le temps précisément à cet instant, tant dis que Destan revenait avec des confiseries, l‘insouciance de son jeune âge dans le cœur et un sourire franc aux lèvres. Ces instants n’étaient que trop bien souvent fugace et à peine avions nous le temps d’en apprécier la saveur que leur goût disparaissait en bouche, un peu comme cette brioche sucrée. Pour une fois, je sentais ce vide en moi se combler, je marchais droit sans craindre que le sol, sous mes pieds, ne s’effondre. J’ignore de quelle grâce il était doté, en tout cas, le bonheur qu’il m’apportait m’emplissait le cœur. En quelques éclaboussures, l’eau qui ruisselait sur son visage et ses mains effaça les résidus de terre et de sable qui coloraient, comme autant de peintures de guerre, ses joues. Bien que je ne fusse pas à m’attarder sur son allure ou sur la propreté de sa personne, il mit un point d’honneur à soigner son aspect avant de me proposer ses douceurs. Il m’apparaissait alors très clairement que l’on avait veillé avec rigueur sur la qualité de son éducation. Cela démontrait bien que les bonnes manières étaient accessibles à toutes les classes. Dénuées d’une quelconque valeur pécuniaire, elles se transmettaient comme un héritage familiale. J’aurais été honorée de rencontrer les sculpteurs de ce jeune Rêve épanoui qui m’apportait tant sans que j’en fusse méritante.

« Je tiens à vous montrer une échoppe que vous trouverez sans doute à votre goût »

Nous avions alors repris notre promenade. La ville recelait encore tellement de richesse que je doutais qu’une seule journée me suffisse pour les découvrir toute. Néanmoins, je bénéficiais d’un mentor aguerri qui avait su préférer ma présence à ses divertissements, consacrant de son temps et partageant ses connaissances pour mon seul plaisir. Il semblait prêt à combler mes moindres attentes, supposant même qu’il puisse deviner ce qui allait me plaire ou non. Je lui faisais confiance. Après tout, je n’avais pas eu à me plaindre ni même éprouvé le moindre ennuie depuis notre rencontre. Il s’essaya à quelques sauts, ses petits bras s’agitant dans les airs comme le jeune volatile, éprit de liberté, trop hâtif de quitter son nid et qui dans des efforts inconsidérés tente de rejoindre ses pairs en vain. Mes yeux décrivirent la devanture de la boutique et je fus alors saisie de curiosité. Depuis toute petite j’entretenais une véritable idylle avec la lecture, activité dont semblait être prédisposés bons nombres de gens dans cette cité. Cela ne m’étonnait pas. Cette cité regorgeait d’histoire, il était normal que les habitants grandissent et s’instruisent de cette culture. Ainsi je pénétrais dans la librairie, agréablement accueilli par le libraire qui me fit l’honneur de me montrer les premiers écrits et parchemins concernant la Dol Amroth. J’entamais une marche parmi les allées, mon regard émerveillé devant tant de vieux registres. Je retrouvais mêmes des contes que me racontait ma mère, enfant. Parmi eux, une histoire en particulier que je trouvais curieux de trouver ici, précisément en cet instant. Mes doigts effleurèrent la couverture poussiéreuse avec un sentiment profond de nostalgie. Je me souvenais combien j’avais été émue quand Naneth m’avait révélé cette tragique histoire. Je vis Destan me surprendre dans ma triste contemplation, en proie aux souvenirs et dans un sourire, je l’invitais à me rejoindre pour la lui raconter.

- Regarde Destan.

Je lui présentais la couverture d’un livre qui autrefois arborait une magnifique couleur émeraude que le temps et le poids inconsolable des larmes des lecteurs avaient défraîchi.

- J’ai découvert cette histoire enfant. Elle m’a tellement bouleversée que j’en aie pleuré pendant plusieurs jours. Lui avouais-je dans un sourire timide.

- Elle parle d’une légende au sujet d’un oiseau qui ne chante qu’une fois dans sa vie. Son but au moment où il quitte son nid c’est de trouver un acacia à trois épines. Il ne cessera pas de voler, pas avant d’avoir trouvé l’arbre qu’il cherche. L’arbre trouvé, il chante et son chant est l’un des plus beaux du monde. Et tout en chantant, il s’empale sur l’épine la plus acérée et la plus longue. Mais dans son agonie, il transcende sa souffrance et son chant est aussi céleste que celui de l’alouette ou du rossignol.

Je marquais un court temps de pause, laissant l’émotion me gagner une nouvelle fois comme à la première. Quelque part en moi, retenu captif dans une cage, un oiseau attendait son heure pour entonner son chant lui aussi…

- Cet oiseau, Destan, paie de sa vie pour un chant. Pour un seul chant. Mais alors le monde entier se tait et l’écoute et Dieu là-haut lui sourit et l’emporte avec lui. Ce qui signifie que l’on ne peut se dépasser qu’au prix d’une très grande souffrance…

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LONELY CAPTAIN ♦ HUMAIN
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— RACE DU PERSO : Destan est un Homme, un simple Gondorien sans particularité aucune si ce n'est la fierté qu'il conserve, indéfectible, pour sa patrie.
— ORIGINAIRE DE : Il est originaire de Dol Amroth, ancienne cité elfique et port fortifié sous la gouvernance de Princes Dunédains et l'Intendance du Gondor.
— ÂGE DU PERSO : Il y a quarante-trois années que Destan foule la Terre du Milieu et il les supporte plutôt bien.
— RANG SOCIAL : Assez pauvre comparé à ce qu'il aurait pu être au vue du grade qui était le sien auparavant.
— MÉTIER PRATIQUÉ : Il a été Capitaine des Garde de la Porte Noire avant que les orcs ne les mettent en déroute. Désormais, il offre ses services aux caravaniers qu'il escorte durant leur voyage.
— ARMES DU PERSO : Destan possède une épée dont il prend grand soin et qu'il chérit, Ascalon.
— ALLÉGEANCE〣GROUPE : L'allégeance de Destan va à Turgon ainsi qu' Angelimir, Prince de Dol Amroth.
— VOYAGE AVEC : Il voyage seul pour le moment, il a accompagné lors de son voyage de retour la dernière caravane qui était partie de la baie de Belfalas, désormais, avec la menace des Pirates, il est contraint à voyager en solitaire pour se trouver de nouvelles tâches.
— AMOUREUSEMENT : Il a cessé de croire que le Grand Amour était pour le commun des mortels mais réservé à certains privilégiés.

MessageSujet: Re: Et les étoiles se mirent à parler. [ft Luth ♥]   Sam 17 Fév 2018 - 15:29


Et les étoiles se mirent à parler.
Elles murmurèrent à l'oreille de ceux qui savent écouter..



Le Soleil entrait doucement dans les rainures des volets, passaient au travers des fenêtres et réveillait les derniers paresseux. Il caressait le visage des pécheurs debout depuis longtemps, faisait luire le ventre des brioches, il faisait briller les sourires, rendait les étoffes des marchands plus chaleureuses. Il transformait les cheveux blonds de Destan en une auréole rayonnante. Tout ceci annonçait une magnifique journée et l’enfant souriait de plus belle vers celle qui l’accompagnait.
Ils conversaient, avec entrain, se questionnant pour mieux se répondre comme le faisaient tous ceux qui vaquaient à leurs occupations autour d’eux. Elle lui apprit comment elle avait gagné la cité et il s’en surprit. Lui qui s’était attendue à la voir arriver depuis les Havres Gris il s’était fourvoyé, elle venait de bien plus loin et à cheval. Il était de connivence commune que les elfes partageaient avec leurs montures une amitié bien étrange et supérieure à celle des Hommes. Certains disaient qu’ils étaient capables de murmurer à leurs oreilles et les cheveux d’écouter sans jamais se rebeller. Destan rêvait d’avoir un cheval, certains disaient que lorsqu’on cavalait avec eux, on avait l’impression de voler et il aurait adoré pour ressentir cela. Elle lui révéla également qu’ils voyageaient en groupe, toujours et qu’ils se protégeaient les uns les autres, qu’ils prenaient soin de ceux qui leur étaient chers.

« Vous avez bien raison ! Mais en Gondor, vous ne craignez rien. Les soldats veillent sur nous ! »

Il avait passé l'âge de la naïveté qu'ont les jeunes enfants et pourtant il affichait sa foi pleine et entière envers les gens de la trempe de son paternel car il les savait justes et droits, courageux et forts. Il ne doutait pas de la vaillance avec laquelle ils défendaient la veuve et l'orphelin avec zèle et plus particulièrement ici, en Dol Amroth. Tous savaient combien étaient longues ces traversées de la terre du milieu, ces voyages éreintants, fatigants qui nourrissaient les rêves et les contes du soir. Destan ne pouvait imaginer ces étendues parfois dangereuses, ni ces paysages changeant et leur beauté, il ne connaissait que l'or du soir qui tombe sur le port, uniquement le vent qui souffle dans les blés, les colonnes et tours d'Ivoire au reflet irisés sous le soleil couchant. Il ne connaissait que l'horizon infinis et les monts éloignés et parfois, il avait l'impression que cela aurait presque pu lui suffit, comme à tous les autres. Mais à l'instar des oiseaux migrateurs, il espérait pouvoir traverser les plaines et les plateaux, gouter a la saveur de la terre au pied des montagnes, connaitre les froids mordants du Nord, la chaleur pesante du Mordor et ses lourds nuages crépusculaires. Il voulait rencontrer ceux qui rodaient, foulant la terre de leurs grands pas pour protéger les frontières et ceux qui habitaient au dedans.
Pour le moment, il se contentait de la cité magnifique où il était né et il profitait de ces derniers instants qu'il savait bientôt révolu pour imprimer a son esprit le plus de souvenirs possibles et d'images gracieuses afin de ne pas oublier sa patrie et d'espérer la trouver inchangé. Il ne savait dans combien de temps il reviendrait et sans doute serait-il saisi d'un violent émoi en la retrouvant. Il savait qu'elle demeurait ainsi, les gens changeraient, son regard sur la cité changerait mais elle, elle ne s'affadirait pas, ne se ternirait pas et peut-être était-ce parce que l'art des elfes coulait dans les venelles, dans les assises de pierres, les colonnes, les vitraux et l'atmosphère même de l'endroit. Peut-être parce qu'Amroth veillait jalousement sur elle et ne permettait pas que le temps l’érode. Il révéla ses pensées à l'Argentée, soufflant dans un sourire ce qu'il pensait possible. La Dame lui confirma ses pensées alors que son regard se perdait sur les édifices en lui révélant que ce qu’il accomplissait, eux, gens de sa race, demeurait et résonnait dans les cœurs pour toujours. Leurs regards se croisèrent, s’accrochèrent sans que nul mot n’ait besoin d’être dit pour exprimer leurs pensées. Un sourire vint cristalliser cet instant avant qu’il ne continue ses babillages à propos d’histoires liés à la ville et de souvenirs qu’il y avait.

Il lui révéla ensuite qu’il ne demeurerait pas ici, au cœur de la cité. Il savait, il avait accepté la chose, il quitterait Dol Amroth pour ne plus la revoir avant de longue années. Il était préparé et il devait le faire, pour l’amour qu’il portait à Molly sa mère. Il était attristé et en même temps heureux de pouvoir connaître cette vie que les caravaniers vivaient. Il sentit les mains de la Comète saisir les siennes pour le presser, chaleureusement. Destan lui sourit. La rassurant ainsi, il n’était ni triste ni résigné, il savait que c’était l’unique chose à faire et il en était heureux, cela ne briserait en rien les rêves qu’il peignait et il apprendrait à voler dans de nouveaux espaces, il escaladerait des arbres à la place des pierres, il verrait de choses que nul autres enfants de la citadelle ne contemplerait. Il était chanceux en réalité et il exprima sa détermination.
Il délaissa ses mains à regret pour aller se nettoyer les mains et leur chercher quelques brioches aux grains de sucres, des fruits juteux qui raviraient leurs papilles. En revenant, il ne manqua pas de se débarbouiller pour avoir l’air plus présentable et parce qu’il était impoli et sale de manger avec des mains poussiéreuses et un visage du même acabit. Ils dégustèrent leurs mets en silence, Destan souriant toujours avant de l’entraîner, une fois leur encas finit dans de nouvelles ruelles, sautillant, avant de revenir vers l’Etoilée pour lui raconter de nouvelle histoires, sur ce qu’il avait bien pu voir dans ces rues changeantes, sur les gens qui y habitaient. Il lui avait révélé qu’il connaissait une boutique qui la ravirait et il était en train de l’y mener Il la sentit devenir curieuse alors que la devanture de la boutique se dressait doucement devant-eux.

Alors qu’ils entraient tous deux dans l’échoppe, le libraire accueillis la Dame après avoir ébouriffé les cheveux de Destan. Les puits de lumières éclairant par rond les rayonnages de livres qui semblaient infini attiraient l’enfant qui passait entre eux. Il avait toujours trouvé cet endroit immense, il n’osait imaginer la bibliothèque des Intendants. Le libraire ayant délaissé l’Elfe avait retrouvé Destan avec un livre qui aurait intéressé Molly, sa mère et l’enfant l’en remercia, laissant le vieux monsieur prendre des nouvelles de sa famille auxquelles l’enfant aux cheveux bouclés répondit avec joie. D’autres badauds entrèrent dans la libraire et le vieil homme du s’excuser et l’enfant rejoignit celle qu’il avait entrepris de guider, la trouvant dans une contemplation triste avant qu’elle ne lui adresse un sourire pour lui expliquer la raison de son sentiment.

Il posa ses yeux sur l'ouvrage que l'Etoile lui présentait, autrefois il devait avoir arboré avec orgueil une couleur aux reflets identiques à ceux des parures précieuses des gens de bonne fortune. Il en avait vu, une seule fois et il supposait que le livre devait avoir été fort beau autrefois. Elle lui révéla les sentiments qu’il l’avait saisi en découvrant cette histoire dans un sourire timide, lui expliquant qu’elle en avait pleuré pendant plusieurs jours et il lui sourit en retour, pour chasser ces nuages comme il aurait aimé le faire s’il avait été là en cet instant
Elle lui conta ensuite le contenu de cette histoire et au fur et à mesure qu’il l’entendait, le sourire de Destan se ternissait, lorsqu’elle eût finis de parler, il releva la tête qu’il avait détourné.
Il plongea son regard aux reflets d'Azur voilé du léger gris des jours de brouillard dans ceux de la dame. Il ne pleurerait pas parce qu'il était suffisamment grand pour ne pas savoir contenir les affres de la tristesse mais il ne pouvait demeure muet. Il n'aimait pas cette histoire terrible, lui qui bien souvent rêvait d'être un oiseau

« Elle est triste votre histoire. Toute une vie pour trouver l'objet de sa destinée et souffrir à cause de lui.... »

Il avait du mal à concevoir une relation comme celle-ci, à unique sens dont seulement l'un des protagonistes profitait cela était terrible et révoltant. Lui, jeune enfant aux cheveux couleur des blés avait toujours été si prompte à aimer, à offrir son cœur dans le plus parfait dénuement aux moindres choses qui l'entouraient  il agissait ainsi comme l'enfant qu'il était mais cela était un trait qu’il conserverait longtemps. Ainsi, alors qu’il parlait, il sentait son cœur se crisper de chagrin dans sa poitrine, il ne pleurerait pas mais son regard aux reflets de matins brumeux vacilla un instant.

« Un oiseau, ça ne devrait pas mourir comme cela, Iluvatar devrait rendre les épines inoffensives. L'oiseau chanterait autant qu'il veut, il pourrait continuer de voler et il n'aurait pas mal... »

L'oiseau avait perdu sa nature, sa liberté pour chanter, pour que son aria s'élève et raisonne chez chaque être capable de l'entendre, du premier brin d'herbe aux Valars. Mais c'était injuste, l'altruisme de cet oiseau avait causé sa perte. Exactement comme sa mère ces derniers temps qui avait rangé ses ailes, qui avait cessé de voyager comme l’Itinérante qu’elle avait été, elle avait abandonné cette vie pour l’élever lui, pour le laisser grandir et jouir d’une vie certes modeste, humble mais douce. Mais depuis qu’elle avait perdu ce petit être qui grandissait en son sein, elle ne cessait d’orienter son regard vers les landes qui s’étendaient, soupirant, laissant son regard se parer du voile des souvenirs alors comme Ilùvatar aurait dû le faire, avec Aslan son père, il aiderait celle qui était si chère à leur cœur à déployer de nouveau ses ailes pour vivre et chanter de nouveau. Et sans le savoir, il aidait aussi celle à qui son regard était accroché.
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MessageSujet: Re: Et les étoiles se mirent à parler. [ft Luth ♥]   Jeu 8 Mar 2018 - 9:13

Destan & Luthien
Et les étoiles se mirent à parler.
Témoin de l’émotion vive que me procurait aujourd’hui encore cette histoire bouleversante, il assécha les sillons de mes larmes passées par l’éclat d’un sourire radieux dont il était le seul à détenir le secret. Par quelle magie parvenait-il à guérir les maux qui jusque là ne faisaient que s’infecter au fil des âges comme une gangrène irrépressible ? Il portait sur lui la beauté du jour qui éclot dans un ciel brûlant de vie, la hardiesse du vent, incorrigible quand ses premières bourrasques glaciales d’automne se plaisent à chahuter le feuillage fourni d’un chêne frissonnant. La force des rivières quand celles-ci deviennent torrents et font ployer à leur volonté tout obstacle se dressant devant elles. Je me surpris à éprouver de l’admiration pour ce petit bonhomme qui, sans le moindre effort mais par la seule pureté de sa bonté, dispersait sur mon âme en peine une poudre d’or. Néanmoins, je découvrais que mon histoire ne l’avait pas ému comme je l’avais été, il lui reprochait même ce qui en faisait toute sa beauté, c’est à dire son dramatisme. Sans doute était-il trop jeune et avait-il trop peu vécu pour en comprendre la profondeur – et elle ne pouvait pas lui en vouloir – mais son avis avait tout autant son importance. Bien sûr qu’elle était triste, bien sûr que l’on en ressortait blessé, voir frustré parce qu’au premier sens, l’acte de l’oiseau semblait absurde et dénué de toute logique. Mais il s’agissait là d’un acte désespéré pour un sentiment qui exclu toute logique : l’amour. Une émotion fiévreuse qui paralyse tout raisonnement, une émotion que l’on poursuit irrémédiablement parce qu’elle est la seule qui en vaille la peine même si cela nécessite de souffrir pour y avoir accès. Un idéal parfois intouchable comme le soleil mais que l’on continue de désirer parce que ses rayons sont notre survie…Je songeai alors à Thranduil, astre diurne, éclatant, rayonnant, si proche et si loin à la fois. Une étoile que le deuil avait refroidie à l’intérieur et qui désespérée de s’embraser de nouveau, un jour. Si seulement il permettait à quelqu’un…de venir chasser cet hiver trop longtemps établi afin de lui redonner goût au printemps en se donnant une nouvelle chance de renaître et de briller d’un tout nouveau feu. Comme j’aimerai être cette…

J’aperçue tout à coup une ombre voiler les traits lumineux de mon jeune ami comme disparaît le jour lorsqu’une éclipse apparaît. S’il ne s’efforçait pas autant à se montrer brave, je jurerais qu’il suffirait d’un rien pour que la peine qui lui étreignait le cœur en cet instant ne remonte jusqu’à ses yeux qui scintilleraient alors d’une lueur plus proche et plus humide que les étoiles. J’éprouvais presque de la culpabilité parce qu’il m’avait offert tellement de bonheur aujourd’hui et tout ce que je lui apportais en échange, c’était une histoire tragique au dénouement qui n’avait aucune forme de sens pour lui sinon une mort idiote et sans morale. Cet ouvrage avait soulevé tellement d’émotion en moi que je pensais que partager cette intimité serait comme un moment privilégié, entre lui et moi…sans doute avais-je tout gâcher…

« Un oiseau, ça ne devrait pas mourir comme cela, Iluvatar devrait rendre les épines inoffensives. L'oiseau chanterait autant qu'il veut, il pourrait continuer de voler et il n'aurait pas mal... »

Sans même que je n’ai eu besoin d’y penser, je le pris naturellement dans mes bras, émue jusqu’aux larmes par son témoignage candide et imprégné d’un espoir qui, dans ce genre d’amour, ne connaîssait qu’une issue possible et irréversible…Je laissais divaguer mes sens en humant le parfum épicé qui émanait de sa chevelure auréolée d’or. Je respirais le récit de ses voyages que ses racines avaient capturées et concoctées dans un florilège de douceur. Je pressais ce petit corps plein de vie contre le mien à demi éteint comme si le destin du monde dépendait de cette étreinte. Qui sait quelle plaie j’avais de nouveau fait saigner en lui ? Je me détachais un moment de lui tout en restant en contact, mes mains cramponnées de chaque côté de ses bras. Je le regardais fixement, cherchant sur son visage de poupon la naissance d’un sourire en l’invitant avec le mien. Je lui murmurais quelques paroles réconfortantes, m’autorisant l’hypocrisie de soutenir son commentaire alors que je continuais à avancer vers l’épine fatale. Nous nous étions que trop attardés dans cette librairie et je ne tenais pas à m’éterniser davantage dans ce lieu qui aura fait se rencontrer nos larmes. Il ne méritait pas plus notre attention. Ainsi, comme l’oiseau qui prend appuie sur son perchoir pour se hisser vers les cieux, j’apposais mes lèvres sur sa joue en un tendre baiser et l’entraînais avec moi. Les heures s’écoulèrent avec une vélocité telle que l’espace d’une journée j’oubliais la longue et monotone agonie de l’immortalité. La clepsydre semblait saupoudrer mon existence d’un sable éphémère sans l’Eternité pour le renouveler. Cette journée, je me suis sentie…mortelle. Une expérience inédite derrière le voile de l’illusion. Le concert en l’honneur de Amroth et Nimrodel approchait à grand pas et à mesure que le jour déclinait et que l’astre diurne s’effondrait dans le lit de la mer, les gens s’amassait vers la grande place où se réunirait les hauts elfes venus célébrer, aux côtés des mortels, la disparition de celui qui avait donné son nom à ce château Gondorien.

- Il est temps pour moi de regagner la compagnie des miens mon jeune ami. Avoua t-elle avec dans la voix une once de regret…Elle se tourna vers lui, s’agenouilla pour se mettre à sa hauteur. Merci Destan. Merci pour cette journée que tu m’as offerte à tes côtés. Je suis arrivée ici le cœur las, elle passa ses doigts dans ses cheveux fins et rebelles, et tu es apparu de nulle part pour le bousculer. Tu lui as apporté ta fraîcheur, ta force et ta volonté, toutes ces choses qui semblait l’avoir déserté… Tu as adoucis les heures et m’a appris, non plus à les subir, mais à les savourer. Je suis certaine que tu dois te dire que tu as fais peu et pourtant…tu as fais plus que quiconque depuis des milliers d’années…Je te serais éternellement reconnaissante. Elle marqua un temps de pause durant lequel elle sentit un étau lui serrer la gorge. Elle luttait pour ne pas pleurer mais ne pouvait dissimuler l’excessive humidité qui entreprit de former comme un voile devant ses yeux troublant ainsi sa vue. Je ne t’oublierais jamais Destan, tu resteras à jamais inscrit ici, elle indiqua son cœur en posant sa main dessus, et si Illuvatar nous le permet, j’espère te revoir… (avant que le dernier grain de sable ne se soit écoulé… ) songea t-elle avec peine. Puis elle se détourna et s’éloigna toujours plus loin de lui comme un navire que l’horizon avale sans que le rayon infatigable et étourdissant du phare ne puisse l’atteindre, ignorant qu’elle avait à jamais scellé le destin de ce petit garçon dont le cœur, avec les années, allait commencer à battre d’une toute autre manière au souvenir de cette rencontre.





Dernière édition par Luthien ó Dorthonion le Jeu 8 Mar 2018 - 18:20, édité 1 fois
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LONELY CAPTAIN ♦ HUMAIN
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♦ PSEUDOs : Artichaud
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♦ AVATAR : Iain Glen
♦ DC & co : Thorin Oakenshield & Bartholomew
♦ DISPONIBILITÉ RP : ✓ Disponible

— RACE DU PERSO : Destan est un Homme, un simple Gondorien sans particularité aucune si ce n'est la fierté qu'il conserve, indéfectible, pour sa patrie.
— ORIGINAIRE DE : Il est originaire de Dol Amroth, ancienne cité elfique et port fortifié sous la gouvernance de Princes Dunédains et l'Intendance du Gondor.
— ÂGE DU PERSO : Il y a quarante-trois années que Destan foule la Terre du Milieu et il les supporte plutôt bien.
— RANG SOCIAL : Assez pauvre comparé à ce qu'il aurait pu être au vue du grade qui était le sien auparavant.
— MÉTIER PRATIQUÉ : Il a été Capitaine des Garde de la Porte Noire avant que les orcs ne les mettent en déroute. Désormais, il offre ses services aux caravaniers qu'il escorte durant leur voyage.
— ARMES DU PERSO : Destan possède une épée dont il prend grand soin et qu'il chérit, Ascalon.
— ALLÉGEANCE〣GROUPE : L'allégeance de Destan va à Turgon ainsi qu' Angelimir, Prince de Dol Amroth.
— VOYAGE AVEC : Il voyage seul pour le moment, il a accompagné lors de son voyage de retour la dernière caravane qui était partie de la baie de Belfalas, désormais, avec la menace des Pirates, il est contraint à voyager en solitaire pour se trouver de nouvelles tâches.
— AMOUREUSEMENT : Il a cessé de croire que le Grand Amour était pour le commun des mortels mais réservé à certains privilégiés.

MessageSujet: Re: Et les étoiles se mirent à parler. [ft Luth ♥]   Jeu 8 Mar 2018 - 18:17


Et les étoiles se mirent à parler.
Elles murmurèrent à l'oreille de ceux qui savent écouter..



L’histoire l’avait bouleversé, sans qu’il ne comprenne réellement pourquoi ni qu’il puisse retenir ce qu’il ressentait. Il ne comprenait pas qu’on puisse dévouer sa vie à une chose qui pouvait nous faire souffrir. Voir Destan ainsi touché sembla peiner l’Etoilée. Elle prit l’enfant dans ses bras, pour empêcher les sentiments bien tristes qui s’éveillaient en lui d’atteindre trop profondément son cœur. Elle déposa sur sa joue un baiser si doux qu’alors qu’elle entraînait Destan vers une nouvelle destination, il ne pu que toucher sa peau là où elle l’avait marqué. Les heures s’envolèrent comme s’envolaient les secondes et bien vite, le temps qu’il leur avait été accordé leur fût repris. Elle devait le quitter pour remplir la mission qui l’avait conduite jusqu’ici. Il ne le souhaitait pas. Ne risquait-elle pas, elle aussi, de s’adonner à un aria céleste tout aussi mortel que celui de l’oiseau ?
Elle lui signifiât avec regret quelle devait rejoindre la compagnie des siens. « Non ! » criait le cœur de Destan mais il ne pouvait la garder auprès de lui, alors sans mot dire il l’avait laissée s’agenouiller devant lui pour qu’ils se retrouvent à la meme hauteur. Elle le remercia pour cette journée qu’ils avaient partagé et tout ce qu’il avait provoqué chez elle. La gorge nouée par cet adieu il aurait aimé lui répondre qu’il pouvait rester à ses côtés pour l’aider à savourer chaque jour ici en Dol Amorth mais il ne pu. Le voile humide qui avait recouvert les orbes magnifiques de l’Elfe avait fait se serrer sa gorge au point qu’aucun son ne pouvait en sortir.

Elle lui apprit qu’il demeurerait à jamais dans son cœur et qu’elle espérait qu’Iluvatar permettrait qu’il se revoie et elle le quitta.  Il ne pouvait pas la laisser s’éloigner, se détourner de lui alors qu’il était encore imprégné d’elle. Elle s’était éloignée emportant avec elle sa lumière et sa beauté le laissant esseulé dans le jour qui déclinait. Il ne pouvait pas la laisser s’en aller ainsi, son cœur ne voulait pas. Elle avait éveillé en lui quelque chose qu’il ne comprenait pas et sur lesquels il ne mettrait des mots que bien des années plus tard.
Ainsi, alors que le soleil se couchait et qu’il ne pouvait la suivre, le cœur peiné, il regagna sa maison, ses parents l’attendaient. Son appétit fût bien maigre, il avait le cœur et le corps encore empli de sa rencontre et alors que ses parents l’envoyèrent se coucher, qu’il savait qu’il ne trouverait le sommeil, son esprit bercés du visage de l’Etoilée, il s’échappa par la fenêtre de sa chambre. Il était encore temps de la revoir, il était encore temps de rattraper ce navire dans lequel elle s’éloignait. Il traversa la ville en courant, ses pas ailés résonnaient sur la ville dont le tumulte et les bruits s’étaient adoucis. Il connaissait chacun des recoins et des passages par cœur, les raccourcis comme les entrées secrètes. Il vit les plus aisés des gens de Dol Amroth se diriger vers le palais, ils allaient assister au concert en l’honneur d’Amroth et Nimrodel donné par les elfes.
Il se hissa, pierre après pierre, ses pieds menus se coinçant dans chaque interstice, ses doigts crochetant la moindre fissure. L’ascension était vertigineuse et il aurait pour mourir mille fois en réalisant cette entreprise. Mais il s’était senti pousser des ailes, il volait de nouveau, vers l’épine acérée sur laquelle il se mettrait peut-être à chanter, mais il n’en avait cure. Il était poussé vers l’avant, mué par une force bien plus puissante que celle dont disposait d’ordinaire son corps.

Il arriva au balcon essoufflé, se hissant sur les dernières pierres, priant pour ne pas être repéré et se faufila derrière un pot qui contenait des fleurs aux aromes exquises. Il demeura caché, tremblant de l’effort qu’il venait de réaliser et soudain le public se leva, applaudissant et les elfes arrivèrent, dotés tous d’instruments plus élégants et raffinés les uns que les autres. Mais il n’avait d’yeux que pour l’Etoile qui s’était posée parmi eux. Le silence se fit, tandis que le cœur de Destan ratait un battement, ses yeux à jamais fixé sur l’Argentée qui se mit à jouer avec une grâce et une délicatesse qu’il ne reverrait plus.
Les instruments chantèrent et racontèrent longuement le triste destin d’Amroth et Nimrodel, celui que tous ici connaissaient si bien. Il ne pu détacher son regard de l’Argentée, chacun de ses mouvements, chacune des notes qu’elle produisait. Elle semblait caresser avec autant de douceur son instrument que lorsqu’elle avait posé la main sur lui. La musique qui s’élevait le touchait, au plus profond de son cœur, la tristesse et le désespoir qu’avait ressenti Amroth, la douleur de voir son aimée partir à jamais. Tant de chose que l’enfant aux cheveux couleur des blés n’avait encore jamais ressenti mais qui pénétraient en lui avec force, s’insinuant jusque dans son cœur.

A la fin de cet échange béni entre la cité blanche et ceux qui l’avaient bâtie, Destan essuya ses yeux. Des larmes irisées avaient perlé sur ses joues. Jamais il ne reverrait plus beau spectacle, jamais il n’entendrait de nouveau pareille musique et cet instant resterait à jamais gravé au plus profond de son cœur. Il l’ignorait encore mais les notes qui avaient résonnés ici, dans cette pièce où il ne devait pas se trouver résonneraient encore bien longtemps en lui.
Il aurait tant aimé pouvoir accourir vers l’Etoilé et lui témoigner l’émoi qu’avait provoqué sa rencontre et ce qu’elle venait de réaliser. Mais il n’en fit rien, il ne pouvait pas venir briser ce moment qui ne lui appartenait pas et il n’était pas certain de savoir quoi lui dire. Après tout, ils s’étaient déjà dit adieu et il n’était qu’un enfant, elle l’oublierait bien vite alors que le temps reprendrait son cours, pendant tant d’années pour elles que cette rencontre ne serait bientôt plus qu’un lointain souvenir.

Alors il se faufila, aussi discret qu’une ombre et silencieux qu’une souris, il quitta le palais de Dol Amroth, reprenant son envol en s’enfuyant de toits en toits. Il regagna sa chambre comme il l’avait quitté, des larmes continuant de couler sur ses joues. Sans doute causées par la brise marine qui s’était élevée.  Et alors qu’il jetait un dernier regard au balcon éclairé du palais depuis la fenêtre de sa chambre, touchant la joue sur laquelle elle avait déposé un baiser et les étoiles au-dessus de lui se mirent à parler.


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Et les étoiles se mirent à parler. [ft Luth ♥]
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