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Ton passé, ton ombre [Elrond]

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 Ton passé, ton ombre [Elrond]

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La Voix de Valinor ♦ ELFE
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— ORIGINAIRE DE : Formenos, Valinor
— ÂGE DU PERSO : Environ 7700 ans
— RANG SOCIAL : Aisé - Héritier de la Maison de Fëanor. Vit une vie discrète dans l'anonymat.
— MÉTIER PRATIQUÉ : Musicien, érudit, protecteur des Peuples Libres
— ARMES DU PERSO : Morilindë ''Rossignol'', épée forgée par Fëanor à Formenos pour son fils. Sa voix, qui déplace des montagnes et terrasse le Mal.
— ALLÉGEANCE〣GROUPE : Lindon
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MessageSujet: Ton passé, ton ombre [Elrond]   Lun 16 Juil 2018 - 4:29

    Les étoiles avaient guidé le marcheur vers la Vallée dont seuls elles et ses enfants connaissaient le chemin, ses couleurs et ses secrets. Comme si, par faiblesse, Elentari avait cédé un dernier privilège aux Premiers Nés qui avaient renié leur terre d’accueil et les Puissances qui les avaient dorlotés pendant un âge. Là-haut, une force maternelle la poussait à veiller sur les Eldar, comme des rejetons égarés, véritable phare bienveillant dont la lueur perçait le ciel, diffuse, à travers l’immensité perforée d’un million de corps célestes, fenêtres vers l’infini de jadis. Gardait-elle un œil sur les Elfes en cachette, au plus profond de la nuit, loin du regard de Manwë et des autres, qui lui avait défendu de retenir le passé et les erreurs des Eldar ? Ou leur apportait-elle des nouvelles, eux qui s’étaient cloîtré dans les confins du monde à jamais coupés des Enfants d’Iluvatar ? Était-elle jalouse d’Ulmo, qui pouvait les toucher, les entourer et les enivrer de par sa musique ? Une chose était sûre, elle avait béni un Noldo de son bon conseil et de sa lumière, car ce dernier s’était rendu là où peu pouvaient se rendre.

    Tel un miroir qui ne cessait de s’étirer, la Bruinen portait aux alentours les reflets des astres de la nuit dans un véritable spectacle de lumières. Les arbres, comme animés du plafond d’étoiles, prenaient vie et s’émerveillaient devant le jeu céleste qui leur parlait des temps d’autrefois. Centenaires, voir millénaires, les êtres végétaux de cette vallée avaient connu différents âges du monde et assisté aux diverses humeurs du Seigneur des eaux, bien présent dans ces contrées. Depuis bon nombre d’années, une puissance nouvelle avait assuré leur perpétuité, alors qu’un roi avait juré de faire de cette cascade et de ses environs un royaume de paix. Ce soir-là, c’était pertinemment cet individu que les plantes, les bêtes et les éléments s’apprêtaient à accueillir. Or, un esprit étranger avait devancé l’arrivée de ce seigneur, lueur étrange dans un paysage qui ne s’était pas préparé à le recevoir.

    Maglor, voilé d’une grande cape de voyage aux teintes de fonds marins, était assis sur les rochers que la bruine du torrent agaçait, mais il n’arrivait pas à se camoufler dans leur portrait. Vraisemblablement, les éléments de la vallée d’Imladris percevaient quelques bribes de son histoire et n’ouvraient pas encore leurs portes à un Elfe qui, il y avait très longtemps, avait juré de les détruire même eux, au prix de ce qu’il convoitait. Cette amertume que le monde tenait contre lui, Maglor la connaissait bien. En fait, ce sentiment, ce malaise qui lui pesait lourd était une des raisons de sa venue dans le domaine d’Elrond. Et les minutes se faisaient longues, même pour un Premier Né ayant connu le monde sous presque toutes ses formes.

    Tout avait commencé par une missive anonyme que Maglor avait finalement rédigée, après des siècles d’hésitation. La peur avait fini par ronger tout ce qui restait de son courage et ce fut finalement la raison qui décida de saisir une plume et de composer le mystérieux manuscrit qui, étrangement, avait atteint les messagers de Fondcombe. Il s’agissait de la première fois, depuis l’écroulement du Beleriand, que Maglor verrait l’homme qui avait fait de lui quelqu’un de digne de vivre sous ce ciel. La première fois depuis une époque où Maglor avait fait le vide autour de lui, en arrachant la vie autour de lui comme un arrachait le cœur à un enfant. En effet, si Maglor aujourd’hui marchait et respirait, si le Mal n’avait pas fait de lui un fantôme, c’était bien grâce à Elrond. C’était Elrond, fils d’Earendil, qui avait entamé le long processus de paix à l’intérieur de Maglor. Elrond l’avait récupéré, ramassé à la cuillère et redressé, alors qu’il n’était qu’un enfant, inconscient de ce rôle. Ainsi, les années avaient passé et Mandos avait aligné les jours dans une longue série au rythme que lui dictait son sablier et Elrond était devenu le plus grand Elfe de la Terre-du-Milieu. C’était exactement pour cela que Maglor était sur ce rocher à attendre de se révéler au jeune gamin qui avait changé sa vie, mais qui était maintenant un héros de légende.

    Nombreux étaient les mots qui s’étaient accumulés sur les rivages où il avait erré, nombreux étaient les maux que même Cirdan le Sage n’avait su apaiser et trop fréquents avaient été les moments où même la Belegaer lui avait refusé réconfort. Trop longtemps il avait été une ombre pour la seule personne qui méritait un père, alors que les Peuples Libres était sous sa responsabilité. Pendant trop de temps, Maglor fils de Nerdanel, n’avait pas eu l’humilité de servir son roi, son fils, et avait préféré le chemin de la honte.

    Ainsi, Maglor avait écrit des chansons qui parlaient de lui et des siens, mais les avait confinés à n’être que des fantasmes, des fantômes d’une réalité qu’il avait fuie. Seul et perdu, il avait appris la voie des Hommes, avait guetté Arda pendant qu’elle se muait et avait attendu la venue du Seigneur du Mal, patient et attentif. En secret, il avait acquis des savoirs réservés à celui qui emprunte le chemin de la solitude et de la réclusion et avait choisi un destin bien différent de celui que son père lui aurait dessiné. Maglor connaissait le Mal, la perdition, la souffrance et la fin de tout, mais il avait, ce soir-là, une expression paisible sur le visage. Peut-être, au fond, ressentait-il qu’une nouvelle ère viendrait avec la levée du jour.

    Peut-être trouverait-il les mots et repartirait-il comme une ombre un peu moins sombre.
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Lord of Imladris ♦️ Peredhel
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— RACE DU PERSO : Semi-elfe ayant fait le choix de l'immortalité
— ORIGINAIRE DE : Beleriand, mais peu sont ceux qui se souviennent. À ce jour, il règne sur Imladris, son lieu de résidence
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— MÉTIER PRATIQUÉ : Guérisseur, il est le meilleur que l'on puisse trouver en Terre du Milieu
— ARMES DU PERSO : Hadhafang, mais il sait aussi bien manier l'arc que l'épée.
— ALLÉGEANCE〣GROUPE : Du Bien
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MessageSujet: Re: Ton passé, ton ombre [Elrond]   Mer 18 Juil 2018 - 3:43


Ses doigts lissèrent le parchemin avec délicatesse, repassant les mots fins qui avaient été dessinés sur le papier. Depuis qu’il avait reçu ce message quelques jours plus tôt, son regard n’avait cessé de relire ces lignes avec une curiosité et une appréhension certaine. Elrond s’expliquait encore mal le sentiment, mais quelque chose dans ces mots résonnaient dans sa poitrine et dans son âme. L’écriture lui paraissait d’autant plus familière, mais étrangement lointaine et sa mémoire semblait s’amuser à lui faire défaut, tel un souvenir enfoui profondément dans les méandres de son esprit. Un voile opaque occultait toute tentative d’atteindre ce qu’il cherchait, comme s’il provenait d’une époque de sa vie si lointaine. Une période de son existence dont il ne s’était pas remémorée depuis maintes lustres. Certaines années de sa jeunesse lui paraissaient parfois floues et éparpillées, des morceaux de casse-tête qu’il avait parfois laissés non assemblés, incomplets. Il semblait pourtant inconcevable que cette écriture puisse provenir de cette époque… et si …. ?

Le semi-elfe chassa le doute d’un battement de cils, même si son intuition revenait constamment au gallot. L’heure avançait et le moment fatidique de cette rencontre anonyme approchait à grands pas. Aucune journée n’avait été inscrite dans la lettre, comme si son interlocuteur s’était attendu à ce qu’il devine. Bien entendu, le porteur de Vilya avait pressenti, au matin, lors des premières lueurs du soleil, que cette réunion se tiendrait ce soir. Un sentiment difficile à décrire, il savait, c’est tout. Mais la procédure était curieuse, d’autant plus que l’inconnu cherchait à le rencontrer seul à seul. L’idée du guet-apens lui avait effleuré l’esprit pendant un moment. Cependant, après mûre réflexion, trop de détails pointaient à l’encontre de cette hypothèse. Là-dessus, celui qu’on surnommait Peredhel, se fiait amplement à son intuition et il ne pressentait aucune hostilité à son égard. Le Mal laissait des traces qui ne pouvaient être camouflée et il ne se serait jamais rendu à un rendez-vous qui aurait pu mettre son intégrité en danger. Mais pour apaiser la conscience de son Capitaine de Garde, il porterait tout de même Hadhafang à sa ceinture. De toute manière, Imladris était son territoire. Fou était celui qui aurait voulu s’en prendre à son intégrité chez lui.

Lorsque le soir s’avança doucement, Elrond quitta son balcon pour se diriger vers le pont. Un silence particulier planait aujourd’hui. L’atmosphère avait cette touche électrique, teintée d’une attente certaine. Peut-être n’était-ce que lui qui le ressentait, c’était peut-être cette impression qu’il percevait qui lui dictait que c’était bel et bien le moment. Lorsqu’il traversa le pont de la Bruinen, l’eau gronda doucement sous ses pieds. À travers les âges, beaucoup avait oublié que les courants étaient porteurs de messages, on ne savait plus les écouter. Pourtant, le fils d’Eärendil, à ce jour plus que jamais, tendait l’oreille. Il entendait. Son refuge lui soufflait des discours, le vent chantait ce qu’il avait aperçu et la rivière ronronnait ses rencontres. Ses pas le menèrent vers la Bruinen, descendant près de la falaise. De là, il s’arrêta un bref instant pour admirer Imladris sous un point de vue dont il avait eu peu occasion d’observer. Tout en haut de la paroi escarpée se dressait la belle Fondcombe et ses structures finement construites. Les larges bâtiments étaient parés de grandes fenêtres pour laisser la lumière naturelle éclairer les demeures.

C’était sous un ciel clair que la lune brillait de ses rayons d’argent. La voûte étoilée était unique en Terre du Milieu et nulle part ailleurs ne pouvait-on voir les étoiles aussi clairement qu’ici. Une prouesse qu’Elrond accomplissait grâce à Vilya. La cité était figée dans son espace, insensible aux années qui s’écoulaient, intouchée par les ravages et l’usure du temps. Il avait fondé la sublime Imladris lors d’une période de crise où son peuple, en recherche d’un refuge, n’avait nulle maison où aller. Il avait offert un lieu sécuritaire pour les siens, alors qu’une grande partie de l’Eriador était à feu et à sang. L’emplacement avait été choisi avec minutie, se voulant difficile à trouver pour quiconque ne connaissant pas excessivement bien le territoire. Au bout d’un moment, le semi-elfe s’arracha à sa contemplation lorsqu’il eut la sensation que son rendez-vous était arrivé. Alors, il se remit à marcher d’un pas poser, les mains croisées derrière le dos. Ce n’était guère dans ses habitudes d’être en retard, mais il avait préféré ne pas être celui qui attendrait au point de rendez-vous.

Lorsqu’il approcha enfin de la chute, sa silhouette se découpa lentement de l’obscurité, dévoilant un personnage de grande taille. Sa chevelure sombre se perdait sur ses épaules parmi sa robe d’un bleue nuit et un diadème finement posé sur son front honorait ses pupilles d’argent aussi brillante que deux étoiles. Un pas devant l’autre, il s’avança doucement avant de s’immobiliser à une certaine distance de son interlocuteur assis sur une roche. Le visage encapuchonné lui empêcha sur l’instant de savoir qui l’attendait ici, mais ce n’était qu’une question de temps, sans le moindre doute, avant qu’il ne le reconnaisse. La voix seule lui suffirait, nul doute.

« Mae govannen, étranger. »

Son regard scruta celui qui lui faisait face, une curiosité certaine masquée derrière un visage posé. Il était encore loin de se douter que, d’un instant à l’autre, son calme serait probablement fort chamboulé. Pourtant, plus il observait l’inconnu et plus un sentiment étrange le nouait de l’intérieur. Cette impression de déjà-vu l’étranglait jusqu’au plus profond de son être. Elrond chassa néanmoins les sentiments submergeant, se concentrant sur cette personne qu’il venait rencontre. Chaque chose en son temps, l’identité de ce mystérieux personnage viendrait en temps et lieu.

« Qu’est-ce donc qui vous accable ? »

N’était-ce pas pour cette raison que tous deux se rencontraient ?
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La Voix de Valinor ♦ ELFE
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MessageSujet: Re: Ton passé, ton ombre [Elrond]   Jeu 19 Juil 2018 - 3:50

    Dans la pénombre, comme un rossignol que la nuit relâchait, un éclat métallique doux vint cueillir l’attention de Maglor, dont le regard s’était perdu dans les flots. Comme un fauve qui revient à sa tanière, un Elfe avait pénétré dans la petite éclaircie boisée au bord de la rive, le regard miroitant dans la nuit. Et dans ce regard, une vie de sage se dévoilait et montrait des illustrations de pèlerinages, de résilience et de guerre. Au plus profond d’eux, là où le cœur était installé, celui qui savait les parcourir pouvait voir une enfance d’abord brusque, puis paisible et heureuse. Sans qu’il ne puisse y résister, Maglor choisit d’emprunter le chemin qui menait à ses souvenirs, car il ne le connaissait que trop. Aussi, au fond de lui, il sut toujours que les rivages et les vallées le mènerait là, au sein d’Elrond Peredhel, son fils.

    Puis, la voix du seigneur de Fondcombe retentit, plus forte par sa profondeur et sa résonnance que même le chant du torrent et le cœur de Maglor se serra. Dans sa poitrine, une décharge électrique avait appelé le tonnerre, puis la pluie qui, elle, avait voulu déborder dans ses yeux. Jamais, dans les ères qui avaient pesé si lourd sur ses épaules, aucune musique de la mer, aucune comptine de la plus pure des créatures et pas une de ses plus émouvantes mélodies n’avait frappé aussi fort sur la corde qui le retenait au monde. Et là, dans l’ombre de ses vêtements et de la nuit, il se revit aux Bouches du Sirion. Tout se matérialisa devant lui; les cris et les pas de charge, étouffés par le brasier du port avalé par les flammes, son frère et ses confrères d’armes. Comme aspiré, il se retrouva au bout de cette pièce dont la clarté avait été dérobée, un épais nuage de poussière l’aveuglant et l’asphyxiant. Finalement, il les vit : deux gamins adossés au mur, recroquevillés l’un contre l’autre. Et le poids d’une vie se fit sentir, soudain, quand la maligne sensation de la garde d’une épée dans ses mains, ce jour-là, devint le symbole de tout ce que Maglor haït.

    Celui qui lui avait sauvé la vie lui parlait aujourd’hui, pour la première fois depuis quelques milliers d’années. Sa voix était celle d’un vieil Elda, et ses mots brillaient dans l’air humide comme des notes de harpe. Les paroles qu’il avait prononcées avaient ces caractéristiques propres à la langue des Premiers Nés, douces et brillantes comme les lumières des constellations. Quiconque l’aurait entendu aurait ressenti la grandeur de l’homme qui avait parlé, mais Maglor, lui, n’avait entendu que le chuchotement de son fils.

    Comme figé, il ne sut relever la tête et ne put aller à la rencontre du regard de son enfant, car le temps avait dressé un mur entre lui et Elrond, épais et impassable. Comme attiré vers le vide, porté vers le lointain, son être entier aurait voulu faire comme il avait fait pendant tellement de temps : errer, partir et disparaître. D’un coup, l’habitude des derniers millénaires hurla pour reprendre le dessus et la peur, encore une fois, était à deux doigts de l’emporter. Cependant, Maglor, épris d’une colère qu’il dirigeait contre lui, regarda sa frayeur dans les yeux et fit la chose la seule chose qui lui permit de ne pas prendre la fuite et de ne jamais revenir. Il chanta.

    - Tinúviel elvanui
    Elleth alfirin edhelhael
    O hon ring finnil fuinui
    A renc gelebrin thiliol...


    Ces mots enchantèrent la nuit autour des deux Noldor, car à l’intérieur d’eux vivaient des existences entières et leur magie. Faisant appel à lumière qui habitait toutes choses, les notes de la berceuse s’en allèrent atteindre le cœur de la rivière, des arbres, des fleurs et des pierres, qui répondirent à leur tour en s’inclinant devant la majestuosité de la chanson. Puis, tous les êtres des lieux se joignirent au chœur, vibrant dans l’espace et implorant les étoiles de leur offrir la paix pour l’éternité à venir. Tel était le message que donnait Eru Iluvtar à Maglor, véhicule de choses que lui-même ne comprenait pas.

    Les yeux fermés et dans une posture révérencieuse, Maglor fit d’abord une prière afin de remercier les lieux d’avoir accueilli sa voix. Les yeux mouillés d’émotion, il donna à son fils ce qu’il avait gardé pour lui trop longtemps : ses mots.

    - C’était ta berceuse préférée, car elle parlait de ton arrière-grand-mère et de la légende de sa beauté. J’ai toujours su qu’elle et toi auraient été très proches, car elle avait comme toi un amour pour la beauté du monde et des choses simples. Et on m’a longuement vanté la beauté de ta fille, qui est aussi, j’en suis sûr, la plus belle créature de cet âge.

    Maglor parlait un Sindarin différent de celui de son fils, car des âges et des vies les séparaient. Si Elrond avait pris part aux événements de la Terre-du-Milieu, Maglor, lui, avait vécu dans la réclusion, ce qui expliquait l’anachronisme. Ainsi, comme dans une histoire surréelle, le passé venait d’ouvrir la conversation avec le présent.

    - Tu m’as beaucoup manqué, Elrond ion Eärendil.
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Lord of Imladris ♦️ Peredhel
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MessageSujet: Re: Ton passé, ton ombre [Elrond]   Lun 13 Aoû 2018 - 3:29


La nuit berçait de sa quiétude une rencontre que nul n’aurait pu prévoir à travers les millénaires qui les avaient séparés, outre son propre instigateur qui avait mis moult années solaires avant d’oser faire le fatidique premier pas. L’étranger n’osa point parler et Elrond y sentit toute l’angoisse que portait son silence. Derrière son mutisme se camouflait l’envie criante de la retraite et, retranché dans l’ombre des arbres, le visage anonyme tardait à se dévoiler à son interlocuteur qui avait pourtant accepté de le rencontrer ici. Cette silhouette figée, découpée dans son décor par la chute de la Bruinen qui atterrissait non loin derrière dans un bruissement sonore, lui évoquait une familiarité que le semi-elfe ne savait encore guère expliquer. Quelque chose dans sa posture, dans sa façon d’être ou simplement dans ce qu’il dégageait, lui était indubitablement familier. Un sentiment qu’il ne savait chasser grandissait chaque seconde qu’emplissait ce silence. Les pupilles argentés du Seigneur d’Imladris scrutèrent l’obscurité à la recherche d’un regard qui se défilait sous l’ombre d’une capuche. C’était la peur qu’il percevait derrière son mutisme. Une aphasie causée par une terreur instinctive, encrée depuis trop longtemps et difficile à dompter, mais le porteur de Vilya laissa tout son temps à son interlocuteur pour lui répondre.

Puis, l’inconnu chanta. Et l’inconnu n’en fut soudainement plus un, alors que le visage jusqu’à présent anonyme se dessina dans sa mémoire. Elrond se sentit propulsé dans le temps, loin derrière, quelques millénaires auparavant. Il se retrouva enfant, à un âge qu’il avait pratiquement oublié. Il se souvint du premier jour qu’il avait rencontré ce visage. C’était à la Bouche du Sirion, alors qu’il n’avait que cinq brève années de vie. L’horreur les avait réuni et les étoiles avaient tourné en la faveur des jumeaux cette nuit-là, les épargnant d’un sanglant massacre, alors qu’ils auraient très bien pu y  laisser la vie s’ils étaient tombés sur toute autre personne que Maglor ou si celui-ci n’avait guère eu l’appel de sa conscience qui fit peser lourd la garde de son arme dans la sa paume de main. Le Troisième Grand Massacre des Elfes avait été réputé comme étant le plus sanglant des trois, ne laissant pratiquement aucun survivant et un refuge baigné dans le feu et le sang. Un spectacle dont son regard et ses oreilles n’avaient pas été pleinement épargnés. Mais malgré une rencontre plus que difficile, ce qui en avait découlé défiait la logique de plusieurs. Un amour était né entre l’elfe renégat et les enfants, tel le lien qui unissait un père et ses fils. Pourtant, quelques millénaires plus tard, avec le regard et la sagesse qui l’accompagnait, Elrond ignorait encore comment percevoir cette relation issue de l’horreur.  L’enlèvement s’était transformé en liberté en court de route, alors qu’Elros et lui avaient toujours eu le choix de partir et que quelques années s’étaient écoulées avant que décision se fasse.

Maglor. Le nom résonna à son esprit, écho d’un tambour lointain refaisant surface. C’était maintenant son tour de faire face à la léthargie, alors que plus de six milles ans de silence les avait séparés. Pourquoi maintenant ? Tant de questions se heurtaient dans son esprit qu’il ne sut guère à laquelle porter attention d’abord. Son regard se voila derrière la brume de ses souvenirs et ses pupilles d’argent brillèrent derrière les larmes reluisantes qui s’immiscèrent dans ses yeux. Sa poitrine se souleva dans une respiration lourde, alors que son corps combattait les sentiments qui submergeaient chaque parcelle de son être. Même le ciel sembla se voiler, exprimant le cœur de son maître, dont toute ambiguïté et le doute emplissaient l’âme. Ce ne fut que lorsque les paroles de Maglor résonnèrent à nouveau, cette fois pour entamer une conversation, que l’esprit du Peredhel se raccrocha à sa réalité présente et s’extirpa lentement de ses souvenirs enfouis.

La vision du fils d’Eärendil se clarifia lentement devant la posture révérencielle de son aîné, de cette figure qui s’était voulue paternelle dans ses jeunes années en absence de son véritable père.  Des mots dans une langue qu’il n’avait point entendu depuis longtemps, un vieux sindarin que seuls quelques vieilles âmes parlaient encore en Terre du Milieu. Il lui fallut un bref temps d’adaptation pour s’accorder au langage, mais ce ne fut guère long avant que son esprit retrouve les traces de ses racines. Il se souvenait bien de cette berceuse et jamais n’aurait-il pu deviner, à l’époque, qu’on comparait la beauté de sa fille à celle de Luthien.

« Il paraîtrait qu’elle lui ressemble. » souffla-t-il doucement, son regard scrutant la voûte céleste.

Son Étoile du Soir, sa fille, sa chère enfant. Il lui portait un amour et une affection indéfectible que le temps ne saurait jamais ternir. Et même s’il ne le savait point encore, elle partagerait un destin fort semblable à celui de son ancêtre. Les étoiles miroitèrent ses pupilles tel un miroir qui renvoie un reflet et ses iris argenté finirent par s’arracher à leur contemplation pour venir se porter sur la silhouette de Maglor toujours voilée dans l’ombre.

« Tu m’as manqué aussi… » admit-il enfin, malgré toute ambiguïté de ses sentiments. « Me laisseras-tu observer ton visage ? »

Voilà bien longtemps qu’il n’en avait pas eu l’occasion. La honte l’empoignerait-elle trop durement pour lui permettre d’abattre son masque ? Elrond fit quelques pas supplémentaires, réduisant la distance qui les séparait. Ses pieds frôlèrent l’eau de la Bruinen qui pourtant ne sembla jamais venir mouiller ses bottes. Le visage pourtant passible malgré le torrent qui rugissait dans sa poitrine, le semi-elfe chercha à scruter les traits du fils de Faënor.

« Après tout ce temps… Pourquoi ? »

Le Seigneur d’Imladris n’avait jamais véritablement su ce qu’il était advenu de Maglor suite à la chute du Beleriand, bien qu’il ne l’eut jamais vraiment cru mort. Une part de lui savait qu’il errait toujours quelque part, mais pas un signe de vie n’avait jamais confirmé son intuition. Qu’est-ce qui avait changé depuis ? Qu’était-il advenu pour qu’il change ainsi d’avis ? Le tourment était-il si grand qu’il avait maintenant besoin d’expier ce qui pesait sur son cœur ? Trop d’interrogation pour ce que son aîné était sans doute près à répondre dans l’instant. Mais Elrond était patient, il saurait le temps venu et si Maglor venait à lui aujourd’hui, ce n’était sûrement pas pour disparaître à l’aube… Du moins, l’espérait-il.

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